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"Depuis le début, la Smart est la bonne réponse pour les villes"

©EPA

Alors que SUV, crossovers, voitures de luxe, voire d’"hyperluxe" captent les regards au Salon de Genève, qui s’ouvre aujourd’hui pour le grand public, il ne faudrait pas oublier une vraie tendance de fond dans le secteur automobile.

"Tout le monde regarde toujours les superbes voitures, mais c’est les petites qu’il faut regarder, car ce sont elles qui feront le marché à l’avenir", nous confie d’ailleurs un développeur de voitures de course sur le salon. Car on devra arriver à des consommations faibles rapidement et l’espace étriqué des grandes villes donne tout son sens aux petits volumes. Qui de mieux alors que le pionnier dans ce domaine pour nous parler de ce phénomène, à savoir Smart et son emblématique patronne Annette Winkler, première femme CEO de l’auto, à la tête de Smart depuis 2010 au sein du groupe Daimler.

Au Salon de Bruxelles, on nous a dit qu’il y avait un regain d’intérêt inattendu pour la Smart. C’est une tendance globale?
La Smart est robuste. Elle a été inventée parce qu’on avait prévu que l’urbanisation allait augmenter, que le nombre de métropoles allait aussi augmenter. Beaucoup de gens attendent des constructeurs automobiles qu’ils donnent des solutions pour les grandes villes. Avec cette marque, on a directement eu la bonne réponse avec la taille: on gagne de la place, du temps et on est déstressé dans les grandes villes.

Express

"70% des pièces des Smart et des Twingo sont les mêmes, mais 95% des pièces visibles sont différentes. Il s’agit de deux voitures très différentes."

"Le diesel ne représentait plus que 10% de nos ventes mondiales. On l’a arrêté."

"L’électrique c’est 7% des ventes mondiales, mais 25% des ventes aux Etats-Unis!"

"Peut-être pas encore cette année mais celle d’après, il y a de très très bonnes perspectives pour notre usine en France, en Lorraine".

"La Belgique, c’est la qualité de vie, on y aime bien manger et les voitures allemandes, on doit y aimer la Smart."

Vous cherchez donc à vous insérer dans tous les nouveaux plans de mobilité urbains?
Exactement, on le fait déjà. Par exemple en prenant des photos des "Smart Spots", ces places où juste les Smarts peuvent se garer, pour les indiquer au conducteur ou en faisant en sorte que les parkings vous laissent rentrer, car ils savent que même s’ils sont complets, vous arriverez à vous garer. Ça se développe ville par ville.

Vous essayez d’avoir un pied dans tous les projets urbains déjà existants ou plutôt de développer des projets propres à Smart?
On le fait par exemple à Stuttgart où le Car2go électrique a été soutenu par le gouvernement. Mais c’est important que nous soyons indépendants. Il faut pouvoir offrir un modèle de mobilité avec chaque Smart. L’argument phare pour nos clients, c’est de dire qu’ils savent trouver une place plus rapidement. On est objectivement plus rapide avec une Smart. La voiture est devenue encore plus agile avec le nouveau rayon de braquage, qui permet de faire demi-tour en un seul mouvement. Ça vous donne une liberté incroyable, notamment dans les rues ou les parkings étriqués.

Smart reste dans l’air du temps. Quand on revient aux débuts plus difficiles de la marque, on se dit qu’on a été visionnaire? 
C’est vrai et c’est connu: on est peut-être arrivé un peu trop tôt. Mais c’est mieux d’être trop tôt que trop tard. Et maintenant, on est juste là où l’on doit être.

On a pensé arrêter avec Smart dans les premières années?
Pas dans mon temps. Je suis là depuis 5 ans et je crois que Daimler n’y a pas investi pour rien. On sent que la demande était là dans la société. C’est le segment du groupe avec la plus grande croissance au niveau mondial.

"On est peut-être arrivé un peu trop tôt avec la Smart. Mais c’est mieux d’être trop tôt que trop tard. Et maintenant, on est juste là où l’on doit être!"
Annette Winkler

Comment ça se passe, l’alliance avec Renault sur ce modèle?
Très bien. Bien sûr une coopération est toujours d’abord complexe. Dans ce cas-ci, très complexe, même, car il s’agit de deux entreprises sans connaissance des processus de développement de l’autre, deux systèmes IT différents dans les usines, une production totalement différente, etc. Mais on a voulu dépasser ces problèmes et on a investi dans la culture d’entreprise. Cela a aidé d’avoir notre usine en France à Hamback.

On partage aujourd’hui entre 65 et 70% des pièces. Par contre 95% des pièces apparentes sont différentes.

La Twingo et la Smart sont des voitures tout à fait différentes et tant Renault que Smart sont très fiers de leurs modèles respectifs.

Ça ne prouve pas la méconnaissance du public sur la technique des voitures? Les gens achètent surtout un concept, non?
Oui c’est un concept, mais il faut aussi protéger la marque. Au début, on s’est dit qu’il y a une règle dont on ne discute pas: c’est la protection des deux marques.

Quelles sont les perspectives mondiales et européennes?
Nous ne donnons jamais de chiffres, mais une croissance, bien sûr!

7%
L’année passée, plus de 7% des ventes de Smart ont été électriques au niveau mondial.

À deux chiffres?
Personne n’a de boule de cristal en mains. On a très bien démarré. La transmission automatique commence dans les semaines à venir. Dans trois semaines c’est la première aux Etats-Unis. Trois semaines plus tard, c’est la première chinoise. À Francfort, la première de la cabriolet arrive.

Ça veut dire du volume pour l’usine française?
Nous sommes encore en phase d’adaptation, car en Allemagne, avec la production en parallèle, on produit encore le prédécesseur. Petit à petit ce sont les nouvelles variantes qui sont produites et ça prend un peu de productivité et de logistique supplémentaire. Mais vous avez raison, peut-être pas encore cette année, mais celle d’après, il y a de très très bonnes perspectives pour notre usine. En Europe, avoir une perspective positive pour la production c’est vraiment remarquable et la Fortwo est produite uniquement en France.

On parle souvent du problème du diesel en ville. L’électrique de Smart c’est une réponse?
On a arrêté avec le diesel, car il représentait moins de 10% au niveau mondial. Et on est allé plus loin en se disant: pour ceux qui sont vraiment intéressés dans des véhicules avec moins de CO2, nous allons investir dans l’électrique. De plus en plus de grandes villes et de métropoles seront demandeuses pour ces versions électriques. L’année passée, plus de 7% des ventes ont été électriques au niveau mondial.

[Suivez Benjamin Everaert sur Twitter en cliquant ici]

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