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interview

Des années de chômage économique à Volvo Gand

©EPA

Le CEO de Volvo Cars précise comment va s’opérer la transition entre les lignes de production sur le site de Gand. Si l’avenir est assuré, cette adaptation pourrait prendre des années et nécessiter beaucoup de chômage économique.

À Genève, le salon de l’automobile a un parfum particulier pour Volvo. La firme sino-suédoise est en effet en pleine réflexion. Faut-il continuer à être présent sur les salons? Si Genève ne semble pas compromis pour 2016, les autres salons, dont Bruxelles, pourraient devoir se passer de la marque emblématique.

Mais ce n’est pas la seule réflexion qui est à l’œuvre. Le CEO de Volvo cars, Hakan Samuelsson nous détaille les plans pour l’une des deux dernières usines automobiles de Belgique: Volvo Gand. Comme annoncé, l’avenir est garanti car l’usine prouira les XC40. Mais l’usine devra s’adapter à la nouvelle ligne de production et qui dit adaptation, dit période de transition longue et coûts relativement importants en termes de chômage économique notamment. Le contribuable sera donc vraisemblablement mis à contribution.

Monsieur Hakan Samuelsson, quel sera le mix des voitures cette année pour Volvo?
Environ 500.000 voitures, soit approximativement le même nombre que nous vendons aujourd’hui. Voitures auxquelles il faut ajouter 50.000 XC90.

Express

Volvo entend vendre 500.000 voitures cette année dont 50.000 nouvelles XC90. Après les XC 60, l’usine de Gand produira les modèles 40.

Le CEO Hakan Samuelsson prévient que la période de transition pour adapter la ligne de production pourra être longue.

Il indique que le gouvernement belge est coopératif.

Dans la presse britannique, on lit que l’entièreté de la gamme va changer d’ici 2019.
Nous avons dit que nous allions renouveler toute la gamme dans les quatre prochaines années.

Comment se déroulera ce renouvellement de modèles?
Il sera déployé au cours des années à venir. La première priorité, ce sont les grosses voitures: la série xc90. Puis viendra une nouvelle voiture pour l’usine de Gand. Gand se concentrera sur la série des modèles 40 pour l’Europe. Je pense que c’est un avenir très enthousiasmant pour l’usine, et que c’est très bon d’avoir en Europe deux usines spécialisées: une pour les grands modèles (Göteborg) et une pour la plus petite (Gand).

Lors de l’annonce pour l’usine de Gand, vous avez évoqué une période d’adaptation. Comment cela va-t-il se passer? Combien de temps cela durera-t-il?
La série XC60 sera fermée et il faudra démonter la ligne de production pour en remonter une autre. C’est difficile d’être plus précis. C’est toujours délicat de maîtriser ce travail. Mais je pense que nous n’aurons pas de gros problèmes et que nous avons les outils en Belgique pour gérer cette situation. Avec notamment ces systèmes permettant d’adapter les horaires de travail.

"Je pense qu’à la fois la Belgique et la Suède sont parmi les pays les plus chers pour produire."
Hakan Samuelsson
CEO de Volvo

Cette période de transition durera-t-elle plutôt des semaines ou des mois?
Non, on parle plutôt d’années, en fonction de la façon dont se développe le marché.

C’est un sujet dont vous avez discuté il y a deux semaines avec le ministre fédéral de l’Économie, Kris Peeters (CD&V) et le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA)?
Nous avons parlé de ce qu’il faut changer pour que la Belgique soit vue comme un endroit compétitif pour construire des voitures. Nous sommes d’accord que c’est absolument nécessaire parce que la Belgique veut garder de la production automobile dans le futur.

Nous avons également parlé de nos plans de concentration de notre production des séries 40, ce qui est très positif car il s’agit une voiture qui s’adresse à un segment en croissance et de futur en Europe. Si vous regardez la XC60, qui est actuellement produite à Gand, vous vous dites que c’est une voiture pour les Etats-Unis. C’est mieux de construire quelque chose qui est en croissance localement.

C’est très bien pour Gand car nous avons choisi une bonne voiture inscrite dans le long terme, mais qui implique également une période de transition. Nous ferons ça ensemble (avec le gouvernement).

"La période de transition entre les XC60 et la série 40 à l’usine de Gand pourrait durer des années."
Hakan Samuelsson
CEO de Volvo

Vous avez déjà des garanties?
Nous avons eu de très bonnes discussions (avec les politiques). Ils nous aideront dans ce programme, en faisant en sorte que la Belgique reste compétitive pour la production automobile.

Par le passé, il y a eu beaucoup de discussions sur des coûts du travail trop élevés en Belgique. C’est toujours le cas?
Oui, c’est toujours un pays cher pour produire. Il est très important que vous le réalisiez et que vous fassiez quelque chose pour y remédier. Il ne s’agit pas seulement du salaire horaire, mais du coût de production par an, les charges sociales qu’il faut diminuer, etc.

Il n’y a plus que vous et Audi. Pourquoi ne reste-t-il que deux producteurs automobiles en Belgique?
Le facteur coût reste le principal frein. C’est trop cher de produire en Belgique. C’est la réalité du marché.

C’est moins cher en Suède?
Je pense qu’à la fois la Belgique et la Suède sont parmi les pays les plus chers pour produire. Nous nous sommes engagés à rester dans ces pays et nous devons donc régler ces problèmes avec les gouvernements.

La production à Gand restera-t-elle en trois shifts comme elle l’est aujourd’hui?
Cela dépend de l’évolution du marché, mais ça reste le scénario. Une seule plateforme, c’est moins complexe et plus efficace.

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