Des ex-dirigeants de Volkswagen verseront 288 millions pour le Dieselgate

L'ex-CEO Martin Winterkorn devra personnellement payer 11,2 millions d'euros. ©AFP

L'ancien CEO de Volkswagen, Martin Winterkorn, et trois autres anciens hauts dirigeants ont accepté de payer au groupe automobile quelque 288 millions d'euros de dommages et intérêts.

Le scandale des émissions polluantes du Dieselgate n'a pas fini de faire parler de lui. Volkswagen a accepté, ce mercredi, de régler des plaintes déposées contre quatre anciens dirigeants, dont l'ex-CEO Martin Winterkorn: ils verseront quelque 288 millions d'euros de dommages et intérêts au groupe automobile. Martin Winterkorn devra personnellement payer 11,2 millions d'euros.

Coïncidence du calendrier, cet accord intervient alors que Martin Winterkorn a été accusé d'avoir donné un faux témoignage devant le parlement allemand, en déclarant qu'il n'était pas au courant que Volkswagen avait truqué des tests de moteurs diesel avant que l'affaire ne devienne publique.

32
MILLIARDS D'EUROS
Le Dieselgate a coûté à Volkswagen plus de 32 milliards d'euros en remises en état de véhicules, amendes et frais de justice.

Volkswagen a conclu que Martin Winterkorn avait manqué à son devoir en ne clarifiant pas complètement et rapidement les circonstances de l'utilisation de fonctions logicielles illégales dans certains moteurs diesel vendus en Amérique du Nord entre 2009 et 2015. Le groupe avait admis ses fautes par la suite.

Martin Winterkorn a quitté son poste de CEO de Volkswagen en septembre 2015, une semaine après l'éclatement du scandale. Le Dieselgate a coûté à l'entreprise plus de 32 milliards d'euros en remises en état de véhicules, amendes et frais de justice, l'incitant par ailleurs à investir massivement dans les voitures électriques.

L'ancien patron d'Audi impliqué

L'accord conclu ce mercredi, qui consiste principalement en un versement de 270 millions d'euros provenant des assurances de responsabilité civile des administrateurs et des dirigeants (D&O), comprend également un règlement avec l'ancien patron d'Audi (filiale de Volkswagen), Rupert Stadler, qui devra payer 4,1 millions d'euros. Volkswagen avait déclaré fin mars qu'il réclamerait des dommages et intérêts à Martin Winterkorn et Rupert Stadler pour manquement au devoir de diligence en vertu du droit des sociétés par actions.

Les autres dirigeants mis en cause sont Stefan Knirsch, ancien membre du conseil d'administration d'Audi, et Wolfgang Hatz, ancien membre du conseil d'administration de Porsche AG. Ils verseront respectivement 1 million et 1,5 million d'euros, a déclaré Volkswagen.

Volkswagen a indiqué avoir été mis en examen en France dans l'enquête sur la fraude aux contrôles antipollution des anciennes générations de moteurs diesel.

Selon les médias allemands, Volkswagen avait exigé plus d'un milliard d'euros de ces derniers et des assureurs auprès desquels le groupe a souscrit une couverture pour la responsabilité des dirigeants. L'accord doit encore être approuvé par l'assemblée générale annuelle du groupe, le 22 juillet. Un porte-parole de Martin Winterkorn a refusé de commenter les accusations portées contre lui par les procureurs de Berlin.

Volkswagen mis en examen en France

Autre rebondissement dans ce scandale, et toujours ce mercredi, Volkswagen a indiqué avoir été mis en examen en France dans l'enquête sur la fraude aux contrôles antipollution des anciennes générations de moteurs diesel.

Cette annonce intervient le lendemain d'une communication similaire de la part de Renault. Le géant allemand de l'automobile conteste toutefois "tout préjudice" pour les consommateurs français. Selon une source proche du dossier, Volkswagen a été mis en examen le 6 mai pour "tromperie".

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