Dieselgate: Peugeot inculpé en France pour tricherie antipollution

Après Renault et Volkswagen, Peugeot a été mis en examen, en France, pour "tromperie" dans l'enquête sur le scandale du Dieselgate. ©REUTERS

Un tribunal français a inculpé Peugeot pour fraude aux émissions d'oxyde d'azote dans le cadre d'une enquête sur le diesel qui a déjà touché Renault et Volkswagen.

Jamais deux sans trois. Après Volkswagen, au cœur du Dieselgate depuis 2015, puis Renault mis en examen mardi, c'est au tour de Peugeot d'être inculpé dans le cadre de la fraude aux émissions polluantes.

Le tribunal de Paris a ordonné à la filiale de Stellantis de fournir 30 millions d'euros de garantie bancaire pour les indemnisations éventuelles. Peugeot doit également fournir une caution de 10 millions d'euros.

Et ce n'est pas fini: les procureurs à l'origine de cette inculpation ont également ordonné à Citroën et à FCA Italie, deux autres unités de Stellantis, de comparaître devant le tribunal dans les semaines à venir dans le cadre de la même enquête.

"Nos filiales sont fermement convaincues que leurs systèmes de contrôle des émissions répondaient à toutes les exigences applicables à l'époque et continuent aujourd'hui de les respecter."
Stellantis

Émissions dix fois supérieures aux normes

Selon des rapports de 2019 révélés par le tribunal français, des véhicules de Renault et Peugeot produisaient des émissions d'oxyde d'azote (NOx) plus de 10 fois supérieures aux limites réglementaires pour certains modèles.

De son côté, Stellantis a déclaré dans un communiqué que Peugeot évaluait ses options de défense dans cette affaire. "Nos filiales sont fermement convaincues que leurs systèmes de contrôle des émissions répondaient à toutes les exigences applicables à l'époque et continuent aujourd'hui de les respecter, et elles attendent avec impatience l'occasion de le démontrer", a déclaré la société-mère de Peugeot, fondée à la suite de la fusion du groupe PSA et de Fiat Chrysler Automobiles.

Grand nettoyage

L'enquête sur Peugeot se concentre sur les véhicules diesel vendus en France entre 2009 et 2015. Mais elle découle d'une inspection plus large lancée par les autorités françaises en 2017, quelques jours après que Volkswagen a réglé des plaintes pénales et civiles aux États-Unis liées à son utilisation de dispositifs illégaux pour contourner les tests d'émissions avec des véhicules diesel.

32
milliards d'euros
Le Dieselgate a coûté à Volkswagen plus de 32 milliards d'euros en remises en état de véhicules, amendes et frais de justice.

Volkswagen a justement annoncé mercredi sa mise en examen en France pour "tromperie" dans ce scandale tentaculaire. Hasard du calendrier, des anciens dirigeants de l'entreprise, dont l'ex-CEO Martin Winterkorn, ont accepté de payer le même jour quelque 288 millions d'euros de dommages et intérêts au groupe.

L'accord conclu mercredi concernait également Rupert Stadlerl'ancien patron d'Audi (filiale de Volkswagen), Stefan Knirsch, ancien membre du conseil d'administration d'Audi, et Wolfgang Hatz, ancien membre du conseil d'administration de Porsche AG.

Faux témoignage

Toujours mercredi, Martin Winterkorn a été accusé d'avoir donné un faux témoignage devant le parlement allemand, en déclarant qu'il n'était pas au courant que Volkswagen avait truqué des tests de moteurs diesel avant que l'affaire ne devienne publique.

Depuis l'éclatement du scandale en 2015, le Dieselgate a coûté à Volkswagen plus de 32 milliards d'euros en remises en état de véhicules, amendes et frais de justice, l'incitant par ailleurs à investir massivement dans les voitures électriques.

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