Elon Musk plaisante sur la fin de l'aventure Tesla, les marchés rient jaune… voire pas du tout

Pour le 1er avril, le patron de Tesla a fait croire sur Twitter à sa mort et à celle de son entreprise. ©twitter.com

Le patron de Tesla s’est fendu lundi sur Twitter de son propre poisson d’avril, moquant ainsi la critique croissante visant la firme qu’il dirige. Un trait d’humour qui passe mal face à une dette élevée, des bénéfices absents, des retards de production, un rappel massif de véhicules et un récent accident mortel.

Noyer le poisson un premier avril, c’est la stratégie qu’a décidé d’adopter Elon Musk, patron de Tesla , face aux critiques de plus en plus pressantes visant son entreprise.

Dans un tweet publié lundi, le médiatique PDG américain à la tête du constructeur de voitures électriques s’est affiché à demi éteint aux yeux du monde, une pancarte avec la mention "bankwupt" à la main, accompagnée de l’annonce… de sa propre mort.

Un message qui faisait lui-même suite à un autre, indiquant que "malgré les efforts pour lever des fonds, incluant une vente massive d’œufs de Pâques, Tesla a fait banqueroute. À tel point que vous ne pouvez pas imaginer."

La roue tourne?

Derrière ce qui relève évidemment d’un trait d’humour en une période propice à ce genre de pratique se cache une réalité pourtant moins joyeuse. Bien qu’attractive et disruptive à certains égards, l’entreprise californienne accumule les déconvenues, loin de l’engouement des débuts.

En cause notamment, les difficultés rencontrées pour augmenter les capacités de production de son modèle abordable à 35.000 dollars, la Model 3, censée lui amener du volume, pour cause de soucis dans son usine de batteries, la Gigafactory, dans le Nevada. Sur ce point, le constructeur avait indiqué en janvier qu’il serait en mesure d’en produire 2.500 par semaine d’ici la fin du premier trimestre, soit deux fois moins que ce que promis par le passé.

En parallèle, et de manière plus marquante, s’ajoute aussi le rappel massif, annoncé fin de semaine, de 123.000 véhicules de la gamme Model S, fabriqués avant avril 2016, suite à un phénomène de corrosion excessive observé sur les boulons de direction assistée de ces modèles, dans les régions aux climats très froids.

Du reste, Tesla doit aussi composer, de façon plus générale, avec une dette relativement élevée, quand ses premiers bénéfices se font toujours attendre.

Attendu au tournant

Un ensemble d’éléments qui ne sont évidemment pas sans conséquence du côté des marchés. Le cours de l’action du constructeur américain a perdu 12,51% en une semaine à Wall Street, pour se situer désormais à son niveau le plus bas en un an, juste en deçà de 249 dollars.

-12,51 %
L’action du constructeur américain de voitures électriques a perdu quelque 12,51% en une semaine à Wall Street.

Une claque d’autant renforcée du fait qu’un des véhicules de la marque a été impliqué dans un accident mortel survenu le 23 mars en Californie. Si le NTSB, le régulateur des transports américain, annonce avoir ouvert une enquête, l’entreprise a indiqué samedi pour sa part que les premiers éléments récoltés par ses équipes semblent indiquer que le système de pilotage automatique du véhicule était bel et bien activé au moment de l’accident, mais que le conducteur n’a pas répondu aux avertissements visuels et sonores qui lui enjoignaient de remettre ses mains sur le volant. La faute à l’homme ou à la machine au final? Il faudra attendre les résultats définitifs pour le déterminer, mais l’épisode n’est en tout cas pas sans rappeler cette voiture autonome de la société de transport avec chauffeur privé Uber, mêlée elle aussi à un accident mortel mi-mars.

Bref, Elon Musk aurait-il chargé la barque? Une chose est sûre, il sera attendu au tournant. Surtout depuis que les actionnaires ont avalisés pour lui une rémunération exceptionnelle de près de 56 milliards de dollars, liée aux performances boursières de Tesla sur les dix prochaines année.

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