En cinq ans, le bilan est bon mais sans grosse surprise

©Photo News

Le business de D’Ieteren a continué à croître année après année sous Axel Miller. Son passage aura été marqué par le rachat inattendu de Moleskine et la vente de 40% de Belron. Mais on attend encore la prochaine grosse acquisition. Si elle se fait, ce sera sans Miller.

Il n’était évidemment pas seul aux commandes et la famille n’était jamais bien loin, mais Axel Miller peut se targuer d’un bon bilan à la tête de D’Ieteren. Les ventes du groupe (incluant 100% de Belron) sont passées de 5,5 milliards d’euros lors de l’exercice 2014 à 7,4 milliards aujourd’hui. Rien que l’activité auto dans un marché mature comme la Belgique a progressé de 26% sur la même période. Un chiffre en progression alors que la part de marché des marques du groupe Volkswagen a diminué de 22,67% à 21,45% entre 2014 et 2018. "On va augmenter notre part de marché aussi en 2019, car l’actualité ‘modèles’ est bonne par rapport à la concurrence", assurait encore en mars le CEO en partance. Dans le même temps, le résultat part du groupe est passé de 157,2 millions d’euros à 182,2 millions d’euros. Ce dernier chiffre est ajusté sans les effets de la vente de 40% de Belron à CD&R.

450 millions €
La revente de 40% de Belron à CD&R pour 1,3 milliard d’euros s’est accompagnée d’un beau dividende de 450 millions d’euros pour les actionnaires, et donc la famille D’Ieteren.

Entre-temps, les actionnaires ont touché un très beau dividende de la vente de cette participation. Mais pour l’actionnaire, la question reste de savoir à quoi va servir cet argent non investi. "Nous sommes une société d’investissement aux valeurs familiales, mais qui veut travailler de manière professionnelle pour créer de la valeur à long terme pour l’ensemble de ses stakeholders, nous disait Axel Miller au moment de la vente de 40% de Belron. Belron représentait environ 70% de nos actifs, et à un moment donné, l’empreinte devient trop importante aussi. On ne voulait pas que Belron devienne D’Ieteren et que D’Ieteren devienne Belron.",

Pour les actionnaires, ce "one shot" de la vente de 40% de Belron restera peut-être l’action la plus marquante d’Axel Miller en cinq ans.

Le pari Moleskine

L’autre coup a été de racheter la société Moleskine. Basée à Milan, la marque au carnet iconique a en effet un fort potentiel. Les sceptiques étaient nombreux lors de l’annonce, mais les chiffres de Moleskine sont pour l’instant dans les clous de la guidance de D’Ieteren. Ce rachat reste néanmoins de moindre taille par rapport à des Belron et des D’Ieteren Auto.

Axel Miller a également passé une bonne partie de son mandat à renforcer l’équipe dirigeante, notamment dans l’optique d’identifier les prochaines acquisitions du groupe.

Entre les activités très internationales de Belron, celles très belges de D’Ieteren Auto et l’arrivée des carnets Moleskine, Axel Miller n’aura vraiment pas eu le temps de s’ennuyer. Mais au moment d’ouvrir les livres d’Histoire, le passage d’Axel Miller chez D’Ieteren manquera peut-être d’un coup marquant. Mais est-ce nécessaire au sein d’un groupe qui a plus de 210 ans?

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect