Face à la crise, le Belge se tourne vers les voitures d'occasion

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Pour faire le gros dos face à la crise, le Belge semble préférer le véhicule d'occasion au véhicule neuf.

Le marché automobile belge tente légèrement de reprendre des couleurs. Mais si le marché des véhicules neufs s’est timidement rapproché de la stabilité en juillet, le marché des véhicules d’occasion est lui en plein boom depuis deux mois avec des immatriculations en hausse de 21,8% en juin et de 15,2% en juillet par rapport aux mêmes mois de l’année passée. Si bien que les ventes de véhicules d'occasion ne se situent plus qu’à 13,7% de baisse sur sept mois, bien loin de la contraction de 26,5% du marché des voitures neuves.

"Nous avons des niveaux d'activité dignes du Salon de l'auto sur le marché des occasions."
Bastien Van den Moortel
PR Manager, Mercedes-Benz Cars

Pour Frédéric Cornet, manager Recherche et Expertise chez Traxio, "les gens se prémunissent contre les surprises". Un véhicule d’occasion coûte en effet moins cher et "quand vous achetez une voiture neuve, ce n’est pas pour la vendre deux ans plus tard", dit-il.

On sait en effet qu’une nouvelle voiture perd de la valeur en tout début de vie. En achetant une occasion, on se protège de cette dévaluation.

Chez Mercedes-Benz, on est soulagé que le "client ait retrouvé le chemin du showroom". Si les ventes de véhicules neufs reprennent, on ne peut ici que constater aussi que le marché de l’occasion est très remuant avec des niveaux d’activité "dignes du Salon de l’auto" sur ce marché, explique Bastien Van den Moortel, porte-parole de la marque dans notre pays.

71.629
immatriculations
Des voitures d'occasion ont été immatriculées à plus de 71.000 reprises en juillet. C'est 15,2% de plus qu'en 2019. Les véhicules neufs sont eux encore en baisse de 1,3% en juillet.

Chez Mercedes-Benz Certified, on pense que le succès des véhicules d’occasion peut s’expliquer par plusieurs facteurs. "Les voitures sont directement disponibles, il y a beaucoup de choix dans toutes les gammes et le budget est moins important, ce qui joue évidemment un rôle", explique le porte-parole.

Chez Volkswagen, on se demande d’ailleurs s’il y a vraiment une reprise dans le véhicule neuf. "On s’interroge sur le fait de savoir si ce n’est pas simplement un déplacement de la demande qui n'a pas pu être rencontrée pendant le lockdown et qui a lieu maintenant. Ce n’est pas encore très clair", dit Jean-Marc Ponteville, porte-parole de D'Ieteren Auto. La société cotée table sur un marché des véhicules neufs à 430.000 immatriculations en 2020.

L'âge des occasions diminue

En tout cas, l'âge moyen des voitures d’occasion baisse. Sur la période de janvier à juillet, il est désormais de 7 ans et 4 mois, soit 5 mois de moins que sur la même période en 2019.

38% des ventes concernent des véhicules de moins de 5 ans, contre 35% en 2019. L’occasion récente a la cote, d’abord peut-être pour les clients de voitures neuves qui se rabattent sur une occasion. Les gens savent aussi que désormais, "sur les anciennes occasions, il y a une date de péremption avec les interdictions de rouler dans les villes", détaille Jean-Marc Ponteville.

Peur des transports en commun?

Dans le secteur, on sait également que la pandémie peut encourager certaines personnes à utiliser la voiture plutôt que les transports en commun pour les distances difficilement réalisables à vélo. Une voiture d'occasion peut donc aider certains à passer ce cap difficile.

"Si ce phénomène se précise, il sera temporaire. Les transports en commun ont un rôle important à jouer", tempère néanmoins Jean-Marc Ponteville, alors que D’Ieteren Auto a investi massivement dans la mobilité de demain.

Ce qui booste aussi le marché d’occasion, c’est que la fiabilité des voitures est bien meilleure que par le passé. "Acheter une voiture d'occasion aujourd'hui, c'est beaucoup mieux et fiable qu'il y a 10 ou 20 ans. Le marché de l'occasion se développe et c’est un marché dans lequel D’Ieteren veut s’investir davantage", pointe le porte-parole.

La fiabilité est d'ailleurs vouée à encore s'améliorer avec les véhicules électriques, qui demandent moins d'entretien et dont les moteurs sont moins sujets à l'usure.

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