Fiat joue son va-tout, la 500, pour son baptême électrique

Une version avec 3+1 portes de la nouvelle 500 va voir le jour. Cette "porte magique" d'un seul côté de la voiture sera en option et donnera accès à la rangée arrière du véhicule. ©Photo News

Fiat a peut-être un peu traîné dans l'électrification, mais en faisant de sa 500 une voiture entièrement électrique, la marque italienne y fait son entrée par la grande porte.

Dans le monde automobile, il y a des voitures qui sont iconiques et qui vous tiennent une marque à elles seules. Parmi celles-ci, la Fiat 500 est peut-être la plus emblématique. La petite citadine caractérise une bonne partie de ce que l'on aime de l'Italie. Ce n'est pas pour rien que la voiture caracole en tête des ventes en région bruxelloise. La Fiat 500 était même le deuxième véhicule le plus vendu en 2019 en Belgique, juste derrière la Golf.

Néanmoins, la décision d'Olivier François, le CEO de la marque Fiat, de faire de la nouvelle version de cette classique une voiture entièrement électrique, n'a pas dû être des plus simples. Mais maintenant que c'est fait, la marque italienne a mis les bouchées doubles pour que cette voiture reste le fer de lance de la marque.

Pour sa présentation digitale, c'est Leonardo Di Caprio, grand défenseur de la voiture électrique, qui a été engagé pour en faire la publicité. La Fiat 500 représente entre 190.000 et 195.000 ventes par an. Les capacités de la Fiat 500 électrique seront de 80.000 dans un premier temps. La Fiat 500 de génération précédente reste pour l'instant également en production. "80.000, ce ne sont pas des objectifs de vente, c'est la capacité", précise Olivier François. "Pour vous donner une comparaison, la Tesla Model 3 se vend à 70.000 unités en Europe, 80.000 ce sont donc de très gros volumes", précise le patron qui aimerait que ses ventes de Fiat 500 restent à des niveaux similaires même avec ce modèle électrique.

23.900
euros
La Fiat 500 électrique la moins chère sera à 23.900 euros en Belgique, mais n'aura que 180 kilomètres d'autonomie. "Suffisamment pour trois jours pour des citadins qui roulent 50 kilomètres par jour", dit-on chez Fiat.

Depuis les années Sergio Marchionne, Fiat Chrysler avait particulièrement coupé dans le portefeuille produits de Fiat pour se focaliser sur les petites voitures. Une bonne part des investissements du groupe se portant sur d'autres continents, l'Amérique en tête, ou d'autres marques comme Jeep ou Alfa Romeo. "Maintenant, c'est le moment d’investir dans la marque Fiat", dit Olivier François.

Fiat compte s'appuyer sur deux piliers, les produits autour de la 500 avec des prix plus élevés et des produits plus abordables comme la Tipo ou la Panda. Pas question pour autant de faire de la 500 une sous-marque comme d'autres, insiste Olivier François. "Nous cherchons tous dans l'industrie des raisons pour faire payer un peu plus, car la technologie coûte très cher", détaille le CEO.

"Dans l'électrique, ça ne suffit plus d'avoir une bonne voiture à un bon prix, il faut vendre un projet de mobilité."
Olivier François
CEO de la marque Fiat

Fiat a traîné dans l'électrique. Alors que Renault, BMW ou Hyundai se lançaient dans la bataille, Fiat restait un peu en retrait. À un tel point que le groupe FCA a même dû s'allier à Tesla contre rémunération pour éviter les amendes en Europe. La Fiat 500 électrique devrait l'aider à réduire drastiquement ses moyennes de CO2 en Europe. "C'est vrai que c'est une voiture zéro émission qui va nous aider à atteindre la conformité, mais ce n'est pas sa raison d'être. La Fiat 500 électrique est un business case à part entière", assure le CEO. Fiat ambitionne de devenir "un champion de la mobilité électrique", dit-il.

Vendre différement

Évidemment, le cœur de la stratégie résidera dans la manière d'aborder le marché avec des voitures plus chères que les Fiat 500 actuelles. Dans un exemple espagnol, la Fiat 500 ne se situe qu'à un peu plus de 2.000 euros de plus que la Fiat 500 thermique, mais cela, c'est avec une prime de plus de 5.000 euros. Sans prime, la voiture est nettement plus chère. Le prix belge du véhicule oscillera ainsi entre 23.900 euros TVAC et 37.900 euros selon les versions. L'entrée de gamme ne compte que 180 kilomètres d'autonomie et pour avoir une version avec la meilleure autonomie, 320 kilomètres, il faut débourser 27.900 euros.

Olivier François, le CEO de la marque Fiat, est aussi CMO de tout le groupe FCA. ©REUTERS

N'est-ce pas un risque majeur pour le véhicule le plus important de la marque de devenir entièrement électrique ? "Dans l'électrique, faire un bon produit à un bon prix ne représente que la moitié de la bouteille. L'autre moitié vient de notre capacité à vendre un projet de mobilité. Nous devons être capables d’expliquer au client que la valeur ne se trouve pas juste entre les couches de métal, mais dans tous les gains de l'électrique et dans l'approche holistique de ce projet", détaille Olivier François.

Leasing, location, car sharing ou paiement par kilomètre, Fiat viendra donc avec toute une panoplie de solutions pour financer la conduite en Fiat 500 électrique. Le réseau de vendeurs sera entièrement formé en conséquence.

Reste que cette nouvelle Fiat 500 est basée sur une plateforme multiénergie. Dans le futur, elle pourrait donc très bien apparaître avec d'autres types de motorisation. "Nous devrons être flexibles et suivre la demande. Notre ambition, c'est d’être entièrement électrique avec celle-ci tant que faire se peut. Mais s’il y a une demande dans telle ou telle région du monde pour une autre motorisation, nous pourrons le faire", répond le CEO.

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