Gosselies, tête de pont de la voiture électrique chinoise en Europe

Jour J ce vendredi sur l'ancien site de Caterpillar. Le groupe automobile chinois Thunder Power s'installe officiellement à Gosselies. La production de la Chloé est prévue pour fin 2020. Un pari risqué, mais qui promet, en cas de succès, un nouvel écosystème de pointe en Région wallonne.

Nouvelle destinée pour le site de Caterpillar. Les dirigeants du groupe automobile chinois, Thunder Power, ont signé l'accord qui les installe désormais à Gosselies. "Bientôt la citadine électrique Chloé sera produite sur le site pour toute l’Europe", se félicite dans un tweet la Sogepa, qui met 50 millions dans le projet

"C’est un risque qu’il faut oser prendre, il faut être courageux. Si tout va bien, tout le monde dira que c’est normal, si cela se passe mal, on nous ressortira les images d'aujourd'hui. Il reste énormément de choses à faire, on doit terminer la levée de fonds, développer la chaîne de montage, développer la voiture qui doit être belle et de qualité, etc. Il reste des risques importants, mais sans risque il n’y a pas de plaisir", insiste le patron de la Sogepa, Renaud Witmer à la tribune. 

"Le site est magnifique. Ici, je peux produire des voitures en 18 mois. Si je dois construire un bâtiment, j’en ai pour 2,5 à 3 ans."
Wellen Sham
CEO et président de Thunder Power

A cette occasion, le patron de Thunder Power a confirmé plusieurs éléments à L'Echo. La Chloé aura en effet 350 kilomètres d'autonomie, mais selon l'ancien cycle d'homologation. Si l'on prend les nouveaux tests, on parle plutôt d'une autonomie d'environ 300 kilomètres, "suffisamment pour aller partout en Belgique",  expliquera le CEO Wellen Sham.

Le prix, qui se situe entre 12.000 et 15.000 euros, soit bien plus avantageux que les prix actuels sur le marché, a également été confirmé par le patron.

L'idée à terme est de produire 30.000 Chloé par an sur les lignes de Thunder Power. Selon le plan de la société, il s'agit de commencer le recrutement dès maintenant pour arriver à 350 nouveaux emplois d'ici 2020, 600 pour 2023 et 4000 à plus long terme. Dès le début de l'année prochaine, le centre de de design déménagera d'Italie vers Charleroi.

Le CEO Wellen Sham nous indiquera d'ailleurs qu'il envisage également de vendre des voitures produites à Charleroi, aux Etats-Unis, au Japon ou en Corée du Sud.

Il faut dire qu'après la Chloé, Thunder Power entend également lancer la production de sa berline sur les lignes de Gosselies. Ici aussi le patron évoque des capacités de 30.000 voitures. La berline promet 650 kilomètres d'autonomie théorique, soit "la meilleure autonomie au monde", de quoi régler le problème de l'autonomie par rapport aux véhicules à combustion. 

Le calendrier est serré car Thunder Power veut lancer la production de masse à la fin 2020. Ce qui laisse 2 ans pour installer tout l'appareil de production, obtenir les licences, l'homologation du véhicule, etc.

Il faut dire que le site de Caterpillar est en très bon état. "C’est un magnifique site qui nous permet de gagner beaucoup de temps. Ici, je peux produire des voitures en 18 mois. Si je dois construire un bâtiment, j’en ai pour 2,5 à 3 ans", se félicite le CEO du groupe.

Stratégie commerciale

D'ici là, il faudra également développer la stratégie commerciale de la société sur le Vieux Continent. Wellen Sham explique que les voitures seront "européennes" car produites chez nous.

Pour vendre ses voitures, le patron devrait à la fois vendre en direct et s'appuyer sur des relais locaux quand il estime cela nécessaire, nous explique-t-il. "Comme nous sommes une nouvelle marque, nous n’avons pas d’héritage et nous pouvons faire ce que l’on souhaite pour que cela fonctionne", insiste Sham.

Il pense que la voiture arrivera à point nommé, dans un marché de plus en plus demandeur de véhicules qui ne polluent pas. "Le futur est électrique", insiste le CEO de Thunder Power.

Hub technologique

Pour Wellen Sham il est important que la voiture puisse se recharger sans fil et aille se garer toute seule sur les places de chargement, de quoi enlever une grosse partie de la contrainte des véhicules électriques "et les files que connaissent les utilisateurs de Tesla" Il entend également équiper ses voitures de l’assistant embouteillage qui conduite à votre place dans les embouteillages. Il ne croit par contre pas dans la voiture autonome.

"Nous allons amener énormément de technologie chinoise en Wallonie", insiste-t-il. Rappelant que sa jeune compagnie a déjà développé son propre châssis, plus de 200 brevets et a introduit en tout plus de 650 brevets.

"La Chine est leader mondial dans le développement électrique, le plus gros investisseur dans ce secteur. Le retour économique pourrait être important. C’est l’opportunité d’inscrire notre région dans un secteur d’avenir et de créer un écosystème", insistera pour sa part Pierre-Yves Jeholet, ministre de l'Économie de la Région wallonne.

 

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