portrait

Henrik Fisker, ce rival d'Elon Musk qui embraie vers Wall Street

Célèbre designer danois, l'homme s'était déjà essayé à l'électrique. Avec une faillite en bout de course. Mais sa route pourrait être différente cette fois.

Réussira-t-il son pari que de parvenir à concurrencer Tesla? En tout cas, les annonces se succèdent à grands pas du côté du constructeur automobile américain qui porte son nom.

Après avoir dévoilé en grande pompe un SUV électrique en début d'année, c'est désormais l'IPO (à Wall Street) que vise son entreprise. Et ce, grâce à une fusion intervenue avec Spartan Energy Acquisition, une filiale du fonds d'investissement Apollo Global Management dédiée au rachat d'entreprises liées à l'énergie, qui a valorisé l'activité à quelque 2,9 milliards de dollars.

Un pari risqué, face à un véritable géant, la firme d'Elon ayant vu son cours de Bourse bondir en flèche ces derniers mois pour la porter à une valorisation approchant les 400 milliards de dollars? Oui et non. Car Fisker Inc. est tout sauf portée par un inconnu du secteur.

CV Express

  • Né en 1963 au Danemark, il étudie à l'Art Center College of Design (Californie).
  • Il commence sa carrière chez BMW début des années 90. Et travaille sur un concept de voiture citadine... électrique, la E1.
  • Après avoir dirigé une filiale, il passe chez Aston Martin. Il y restera cinq ans avant de se lancer à son compte en 2005.
  • En 2007, c'est l'heure: il fonde ce qui constitue les prémices de ses efforts électriques: Fisker Automative. Et lève 1 milliard de dollars. L'entreprise fait faillite en 2013.
  • Retour à la case design, notamment sur des superyachts.
  • En 2016, il se relance avec Fisker Inc, sa nouvelle société active dans les véhicules électriques et dont une IPO est prévue pour cette année.

Designer de renom

En effet, le Danois Henrik Fisker, au volant de l'entreprise qu'il a créée 2016, est un designer de renom que l'on retrouve derrière la BMW Z8 ou l'Aston-Martin DB9 par exemple.

Mais pas que. L'homme s'est aussi déjà frotté à l'entrepreneuriat durant sa longue carrière. Et même mieux: à la création d'un constructeur de véhicules électriques - après avoir travaillé sur une "concept car" de citadine en 1991 déjà. En effet, en 2007, il fondait Fisker Automotive (devenue Karma Automotive) pour venir concurrencer Tesla dont il jugeait les lignes grossières.

Résultat? Les clients accourent avec, en tête, Leonardo DiCaprio (qui monte même au capital), Justin Bieber ou encore Al Gore. Le succès semble être au rendez-vous, Henrik Fisker levant au total un milliard de dollars pour son projet.

Tesla vs Fisker

La bataille entre les deux entreprises n'est pas que théorique. Que du contraire même puisqu'elle s'est traduite devant les tribunaux en 2008 quand Tesla Motors a intenté une action en justice contre Fisker Coachbuilding, affirmant que l'entreprise avait frauduleusement accepté un contrat de conception uniquement en vue d'obtenir un accès à des informations confidentielles. Résultat des courses: la firme d'Elon Musk a été déboutée et a été condamnée à payer 1,14 million de dollars en honoraires et frais de justice à Fisker.

Premier essai, première faillite

Sauf que voilà, en 2013, c'est la faillite. En cause? Des batteries défectueuses qui amènent son fournisseur de l'époque à lancer un rappel massif, qui cause sa perte et celle de son client. Ceci, couplé à une destruction de stock de ses engins par l'ouragan Sandy que les assurances décident de ne pas couvrir. Le "Karma".

Mais qu'à cela ne tienne. L'homme en a vu d'autres. Après la vente de son entreprise à des Chinois, il se relance, bon gré mal gré, dans le design d'intérieurs de voitures, de même que dans la conception de superyachts, aux côtés du groupe italien Benetti. De quoi lui laisser le temps, en parallèle, de plancher sur un retour.

Epouse CFO

Pour prendre la direction financière de l'entreprise, Henrik Fisker a fait appel à son épouse, Geeta Gupta, docteure en biologie de l'université de Cambridge. L'Indienne est aussi présidente du conseil d'administration de Fisker.

Partenariats

Il saute le pas en 2016, et fonde Fisker Inc. Avec une philosophie centrale au projet: celle des partenariats. L'entreprise se concentrera donc sur le design et le marketing - deux champs que le Danois maîtrise -, à la manière d'un Apple, laissant le reste à des spécialistes, comme Volkswagen avec lequel des négociations sont menées en ce moment.

Pour autant, une botte secrète serait à noter dans le giron du constructeur: des batteries à semi-conducteurs ultra-innovantes. Pour lesquelles peu d'informations ont filtré à ce stade. Et pour cause, le premier véhicule, le SUV Ocean, est attendu pour 2022 seulement.

L'engin est voulu comme le "plus durable au monde", à en croire Henrik Fisker, l'intérieur étant notamment réalisé à partir de plastique et de filets de pêche usagés récupérés en mer. Quand le prix de vente entend permettre une adoption massive, à la différence des Tesla qui ont d'abord adressé le haut du marché.

Business modèle 100% digital

Pour se démarquer de la concurrence, Fisker joue la carte du 100% digital. Ses véhicules sont en effet proposés via un contrat de leasing totalement flexible, moyennant un dépôt initial de 2.999 dollars et un loyer mensuel de 379 dollars. Tout cela au travers d'une simple application, qui permet aussi de gérer la maintenance, l'assurance, etc. Sans aucun intermédiaire donc. Le contrat peut être résilié "à tout moment", d'un simple clic, évoquait en janvier l'entrepreneur.

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