"Il n'y a aucune raison de paniquer pour Umicore"

©Saskia Vanderstichele

Umicore a vu s’évaporer, en quelques semaines, un quart de sa valeur boursière. Pas de raison de s’inquiéter pour son président Thomas Leysen.

Ces derniers jours, l’action Umicore n’a eu de cesse de baisser. "Il n’y a aucune raison de paniquer, nous déclare pourtant Thomas Leysen, le président du groupe belge spécialisé dans la technologie des matériaux. J’ai toute confiance dans la capacité d’Umicore à continuer à bien se développer au cours des 4 à 5 prochaines années. Parce que nous réalisons ce qu’il faut à cette fin. Quant au niveau de notre cours de Bourse dans trois ou six mois, je ne m’en préoccupe guère."

Umicore a subi les foudres des investisseurs après avoir abaissé drastiquement ses prévisions de résultats. Umicore, qui est un fournisseur important de l’industrie des batteries, souffre notamment de la décision des autorités chinoises de revoir leur politique de subsides des voitures électriques.

"Notre positionnement est bon. 2018 a été la meilleure année de toute l’histoire de l’entreprise."
Thomas Leysen
président d’Umicore

Selon Thomas Leysen, ce changement ne remet pas structurellement en question les perspectives de croissance de son groupe. "Le positionnement est bon. 2018 a été la meilleure année de toute l’histoire de l’entreprise. Et de loin. Nous sommes très bien positionnés sur un marché très important. Et nous voulons – et nous allons! – continuer à nous y développer. Simplement, cela se passera en 2019 un peu moins vite que nous l’avions espéré. On continuera à demander des voitures électriques mais la hausse sera un peu moins rapide cette année, en raison du changement de politique en Chine."

Concurrence accrue

Certains analystes font observer que le marché des matériaux pour batteries voit arriver de nombreux concurrents, ce qui pourrait créer des surcapacités pendant de longues années. "Des surcapacités? En 2019 peut-être, mais pas dans les cinq prochaines années", estime Thomas Leysen.

Umicore souffre également de la concurrence d’opérateurs qui foulent au pied les principes du développement durable et les normes en matière de droits humains. Ainsi, certains vendent sur le marché des matériaux destinés aux batteries qui contiennent du cobalt extrait au Congo par des enfants.

Extraction éthique

Ces opérateurs peuvent donc commercialiser leurs produits à des prix inférieurs à ceux pratiqués par Umicore, qui ne jure, depuis des années, que par "l’extraction éthique". "Et cela reste notre politique, souligne Thomas Leysen. Nous n’en dévierons pas. Je suis d’ailleurs convaincu que notre politique relative aux matières premières deviendra à terme un avantage compétitif. Aujourd’hui, les batteries produites en Chine le sont en grande partie pour des constructeurs automobiles de ce pays. Mais à mesure que cette industrie se déplacera vers l’Europe et les États-Unis – et ce mouvement est en cours –, cette dimension éthique gagnera en importance. J’imagine difficilement que si un constructeur automobile, par exemple Volkswagen, commence à produire des véhicules électriques à une plus grande échelle en Europe, il n’y prêtera pas très attention. Je suis peut-être naïf en disant cela, mais je le crois."

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