portrait

John Elkann, le futur n°3 de l'automobile

Ayant "tout hérité mais rien construit", comme disent ses détracteurs, le patron de Fiat Chrysler Automobiles, John Elkann, veut prouver qu’il est capable de piloter la fusion avec Renault.

"J’aime énormément les changements, je les affronte très bien. Peut-être devrais-je apprendre à ne pas vivre que de cela…", a révélé John Elkann, il y a quelques années, devant un auditoire de jeunes enthousiastes.

À 43 ans, le président du groupe automobile italo-américain Fiat Chrysler Automobiles (FCA), est ainsi naturellement préparé pour affronter le énième défi qu’il vient de se lancer. La fusion à 50/50 que sa famille, les Agnelli, propriétaire à 29% de FCA, vient de proposer à Renault rentre parfaitement dans les cordes de ce patron ambitieux et modeste à la fois. Cette opération, qui donnerait naissance au n°3 mondial de l’automobile un colosse potentiel dont Elkann, par le biais de son holding Exor, deviendrait le premier actionnaire, a été mûrement réfléchie, comme tout ce qu’il a entrepris depuis qu’il a été choisi, en 2008, pour reprendre les rênes de l’empire familial.

Un enfant du monde

Jaki, comme ses amis l’appellent, est un enfant du monde. Il a passé ses 18 premières années aux Etats-Unis, au Brésil, en Grande Bretagne et en France.  "Je me suis alors imprégné de cultures nationales et familiales différentes. Et j’ai appris à m’adapter aux autres et à essayer de toujours les comprendre."  Son volontarisme et son assurance cosmopolite ne laissent pourtant jamais apparaître un soupçon d’arrogance. Connu pour sa discrétion, il est un orateur un brin timide alors que sa retenue le fait ressembler à Turin, la ville élégante et secrète où il a choisi de vivre, avec sa femme et leurs trois enfants.

Il est, indéniablement, l’héritier le plus emblématique de sa dynastie. Le souvenir de son arrière-arrière-grand-père, le sénateur Giovanni Agnelli, patriarche d’une lignée d’entrepreneurs audacieux, pousse Elkann à rêver toujours en grand, dépassant les limites du temps et de l’espace. Comme l’indiquait, au siècle dernier, la devise de la société familiale Fiat "il faut dominer la terre, le ciel et la mer", le groupe FCA, sous l’impulsion de son président, ne cesse de " grandir en diversifiant les risques, les produits et les segments de marché" .
Fier de sa grande famille, composée d’environ 250 membres et soudée malgré les aléas de la vie, Elkann prêche la force d’un capitalisme familial  "conservateur en matière financière, sobre et frugal mais capable aussi d’innover, d’anticiper les besoins et les modes du futur.

Valeurs familiales

Fils d’un journaliste, il s’est plongé dans l’univers de la communication, devenant l’un des actionnaires du groupe britannique The Economist. Là aussi, il s’attache à respecter les valeurs familiales: rigueur, respect de l’autonomie de l’autre, recherche de l’innovation technologique… Il y a une dizaine d’années déjà, précurseur dans le secteur, Elkann chantait les louanges d’une presse connectée mondialement grâce aux nouvelles technologies et à la "fascination de l’immédiat" qu’offre l’information online. Aujourd’hui, c’est la technologie hybride et les moteurs électriques que Renault est en train de peaufiner avec son partenaire Nissan qui font rêver le patron italien. 

À ceux qui le critiquent pour n’être qu’un enfant choyé, ayant tout hérité et rien construit, Jaki répond qu’il a tout appris dans la tourmente et les difficultés, grâce, notamment, à ses premiers stages en usine "au cours desquels je me suis rendu compte que je ne savais rien et que je devais être à l’écoute pour apprendre" et à ses pénibles débuts au sein de l’entreprise familiale Fiat. 

En 2004, il assiste à la désagrégation de la société, croulant sous le poids des dettes et de la compétition mondiale. À l’ombre de Sergio Marchionne, l’incomparable dirigeant, décédé l’an dernier, ayant réussi, en 15 ans, à sauver le groupe en multipliant par dix sa valeur  , Elkann observe en silence et reçoit la grande leçon de sa vie. "L’existence est scandée par les tempêtes, mais elles passent toujours, il faut juste apprendre à tenir le cap sans jamais fléchir", avoue ce passionné de bateaux et de régates.

Le mariage avec Renault apparaît donc comme l’aboutissement naturel d’une aventure familiale et personnelle vouée aux choix intrépides et à l’international. Ainsi, lorsque le francophone et francophile Elkann, qui pourrait être appelé à présider le nouveau colosse, explique qu’il est "prêt à construire le futur de l’automobile", on est tenté de le croire.

À 43 ans, le président du groupe automobile italo-américain Fiat Chrysler Automobiles (FCA), est ainsi naturellement préparé pour affronter le énième défi qu’il vient de se lancer. La fusion à 50/50 que sa famille, les Agnelli, propriétaire à 29% de FCA, vient de proposer à Renault rentre parfaitement dans les cordes de ce patron ambitieux et modeste à la fois. Cette opération, qui donnerait naissance au n°3 mondial de l’automobile un colosse potentiel dont Elkann, par le biais de son holding Exor, deviendrait le premier actionnaire, a été mûrement réfléchie, comme tout ce qu’il a entrepris depuis qu’il a été choisi, en 2008, pour reprendre les rênes de l’empire familial.

Un enfant du monde

Un enfant du monde

"J’aime énormément les changements, je les affronte très bien."
john elkann
président de fiat chrysler automobiles
Jaki, comme ses amis l’appellent, est un enfant du monde. Il a passé ses 18 premières années aux Etats-Unis, au Brésil, en Grande Bretagne et en France.  "Je me suis alors imprégné de cultures nationales et familiales différentes. Et j’ai appris à m’adapter aux autres et à essayer de toujours les comprendre."  Son volontarisme et son assurance cosmopolite ne laissent pourtant jamais apparaître un soupçon d’arrogance. Connu pour sa discrétion, il est un orateur un brin timide alors que sa retenue le fait ressembler à Turin, la ville élégante et secrète où il a choisi de vivre, avec sa femme et leurs trois enfants.

Il est, indéniablement, l’héritier le plus emblématique de sa dynastie. Le souvenir de son arrière-arrière-grand-père, le sénateur Giovanni Agnelli, patriarche d’une lignée d’entrepreneurs audacieux, pousse Elkann à rêver toujours en grand, dépassant les limites du temps et de l’espace. Comme l’indiquait, au siècle dernier, la devise de la société familiale Fiat "il faut dominer la terre, le ciel et la mer", le groupe FCA, sous l’impulsion de son président, ne cesse de " grandir en diversifiant les risques, les produits et les segments de marché" .
Fier de sa grande famille, composée d’environ 250 membres et soudée malgré les aléas de la vie, Elkann prêche la force d’un capitalisme familial  "conservateur en matière financière, sobre et frugal mais capable aussi d’innover, d’anticiper les besoins et les modes du futur.

Valeurs familiales

Fils d’un journaliste, il s’est plongé dans l’univers de la communication, devenant l’un des actionnaires du groupe britannique The Economist. Là aussi, il s’attache à respecter les valeurs familiales: rigueur, respect de l’autonomie de l’autre, recherche de l’innovation technologique… Il y a une dizaine d’années déjà, précurseur dans le secteur, Elkann chantait les louanges d’une presse connectée mondialement grâce aux nouvelles technologies et à la "fascination de l’immédiat" qu’offre l’information online. Aujourd’hui, c’est la technologie hybride et les moteurs électriques que Renault est en train de peaufiner avec son partenaire Nissan qui font rêver le patron italien. 

En 2004, il assiste à la désagrégation de la société, croulant sous le poids des dettes et de la compétition mondiale. À l’ombre de Sergio Marchionne, l’incomparable dirigeant, décédé l’an dernier, ayant réussi, en 15 ans, à sauver le groupe en multipliant par dix sa valeur  , Elkann observe en silence et reçoit la grande leçon de sa vie. "L’existence est scandée par les tempêtes, mais elles passent toujours, il faut juste apprendre à tenir le cap sans jamais fléchir", avoue ce passionné de bateaux et de régates.

Le mariage avec Renault apparaît donc comme l’aboutissement naturel d’une aventure familiale et personnelle vouée aux choix intrépides et à l’international. Ainsi, lorsque le francophone et francophile Elkann, qui pourrait être appelé à présider le nouveau colosse, explique qu’il est "prêt à construire le futur de l’automobile", on est tenté de le croire.

Le mariage avec Renault apparaît donc comme l’aboutissement naturel d’une aventure familiale et personnelle vouée aux choix intrépides et à l’international. Ainsi, lorsque le francophone et francophile Elkann, qui pourrait être appelé à présider le nouveau colosse, explique qu’il est "prêt à construire le futur de l’automobile", on est tenté de le croire.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés