L'Audi e-tron de Forest se frotte au hype de la Tesla Model 3

©Jonas Lampens

Comparer l'Audi e-tron à la Tesla Model 3 n’est pas aisé, car les deux voitures ne jouent pas dans la même catégorie. Si ce n’est que ce sont les deux sensations du moment sur le marché des véhicules électriques.

Ce sont les deux voitures du moment. À ma droite, la Tesla Model 3, le modèle "hype" de Californie à 1.857 kilogrammes. À ma gauche, l’Audi e-tron, le luxe de Bavière made in Brussels, 2.560 kilogrammes.

Une berline compacte contre un grand SUV. Comparer les deux véhicules n’est pas aisé, car ils ne jouent pas dans la même catégorie. Si ce n’est que ce sont les deux sensations du moment sur le marché des véhicules électriques.

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Ce n’est pas la première fois que l’on prend le volant de l’Audi produite à Forest, un Q6 électrique qui ne veut pas dire son nom. Un SUV de 4,9 mètres de long avec une reprise pourtant très forte. Bienvenue dans le monde des voitures électriques. Ici, il y a certes des différences, mais l’accélération sans passage de vitesse avec tout le couple directement disponible est énorme, que vous soyez dans une Jaguar, une Audi ou une Tesla. À ce petit jeu, la Tesla Model 3 a néanmoins une longueur d’avance quand vous la prenez en version performance avec deux moteurs. Le 0 à 100 km/h est réalisé sur papier en 3,4 secondes.

Et puis, il y a le silence de la conduite en véhicule électrique. Un plaisir que l’on retrouve dans tous les véhicules électriques mais plus grand chez Audi que chez Tesla à grande vitesse. Les ingénieurs du son d’Audi ont bien fait leur boulot.

Entre la Tesla et l’Audi, les ressemblances s’arrêtent peut-être là. D’un côté, vous avez une voiture qui fait un peu moins solide, aux finitions moins premium, la Tesla, mais qui a un côté très fun au style Silicon Valley. De l’autre, une Audi, avec tout ce que cela veut dire. Le dépaysement est moins grand, l’univers intérieur connu, avec les finitions léchées jusqu’au dernier détail.

"Excusez-moi Monsieur, mais vous n’avez pas de rétroviseurs?"
un Serveur bruxellois

Chez Tesla, c’est le côté tech qui saute aux yeux. Le logiciel qui gère votre voiture est fréquemment mis à jour. Hormis deux boutons au volant et les vitres électriques, à peu près tout se gère depuis la tablette centrale de l’habitacle. Vous voulez ouvrir votre boîte à gants? C’est une option dans la tablette. Découvrir la prise de recharge, l’air conditionné, la navigation etc. Tout se trouve dans des menus à la Apple/Google. Chez Audi, on reste dans un univers auto avec deux écrans tactiles distincts, pas mal de boutons, molettes, etc. Mais Audi a néanmoins mis les petits plats dans les grands. "Excusez-moi, Monsieur, vous n’avez pas de rétroviseurs? nous demande un garçon de café d’une terrasse bruxelloise alors que nous nous parquons. Ah oui, ce sont des caméras. On avait pensé acheter une Tesla ici, mais après, on a vu cette Audi et on hésite", dira-t-il.

La Tesla, elle, multiplie les gadgets plus ou moins utiles. Du côté des utiles, on peut par exemple faire reculer la voiture d’une place de parking exiguë directement depuis son smartphone. Du côté plus ludique, des jeux vidéo Atari, un mode Père Noël ou même un jeu… de coussins péteurs. Les ingénieurs californiens ont un certain sens de l’humour. On n’ose imaginer ce type d’option dans une Audi.

La connectivité est importante dans ces deux voitures technologiques. Réglage de la température sur secteur, recharge à l’avance, verrouillage des portes, etc. Pratiquement tout est réglable à distance.

Notre test en vidéo

Aix-la-Chapelle aller-retour

Mais passons aux choses sérieuses: l’autonomie, c’est finalement le nerf de la guerre de la voiture électrique. C’est sur ce point que l’on a le plus de doutes. Entre ce qui est affiché et ce que l’on réalise comme kilomètres, on craint une grande différence. Une Nissan Leaf récemment passée entre nos mains à ainsi vu ses kilomètres restants fondre sur l’autoroute. Il faut dire que le jour était enneigé et que le chauffage était allumé.

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Nous démarrons l’e-tron à Kortenberg. Officiellement, l’autonomie est de 417 kilomètres selon le cycle de test WLTP. Quand nous démarrons la voiture, elle affiche 376 kilomètres d’autonomie avec une batterie chargée à 100%. "Cela se base sur les 100 derniers kilomètres roulés", nous explique David Kervyn, coordinateur PR chez Audi Import. Si on met l’air conditionné et le siège chauffant, la voiture nous indique d’elle-même qu’elle fera 21 kilomètres de moins.

Fonction utile dans la voiture, le "range mode" permet de maximiser la batterie restante en cas de pépin. Une fois activé, tout ce qui n’est pas nécessaire pour conduire est désactivé. La vitesse maximum est limitée à 90 km/h. Nous n’en sommes pas encore là. Cependant, il ne fait pas mauvais et nous nous passerons donc de l’airco dans un premier temps.

Direction Liège. Problème. Après 200 mètres, notre compteur n’affiche plus que 340 km d’autonomie restante. C’est mal parti. Nous avons décidé de rouler de manière raisonnable à 120 km/h maximum avec le cruise control adaptatif activé. Nos craintes se dissipent à mesure que les kilomètres défilent. Liège ne sera pas suffisamment loin. Direction Aix-la-Chapelle. Nous ferons finalement plus de 300 kilomètres sans charger la voiture. Il nous reste encore 35 kilomètres d’autonomie au compteur. L’air conditionné a été activé pendant les deux tiers du trajet.

La Model 3 Performance affiche 530 kilomètres WLTP. "En réalité, c’est entre 480 et 500 kilomètres", nous dit Joris Steenman, de l’équipe de communication de Tesla pour le Benelux.

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Tesla et Audi proposent de ne pas charger la voiture au-delà de 80% quand ce n’est pas vraiment nécessaire. C’est meilleur pour la batterie.

La force de Tesla, c’est son grand réseau de superchargeurs partout en Europe et en Belgique. Nous en utilisons un à Nivelles. Tesla en possède une douzaine en Belgique. En 40 minutes, 80% de la batterie est rechargée sur ces superchargeurs. Audi promet de son côté une recharge de 80% en 30 minutes sur un chargeur à courant direct. Ionity, le réseau des constructeurs classiques n’a que deux localisations en Belgique, une troisième devrait bientôt ouvrir. Du côté de Tesla, deux nouvelles stations sont aussi prévues cette année en Belgique.

Nous reprenons la Tesla avec 439 kilomètres restants affichés au compteur et une batterie chargée à environ 80%. Nous conduisons aussi de manière raisonnable. 221 kilomètres plus tard, il ne reste plus que 173 kilomètres au compteur. En extrapolant, on obtient donc une autonomie réelle d’au moins 420 kilomètres.

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Un prix considérable

Niveau prix, les deux véhicules restent chers. Sur le configurateur de Tesla, il est déjà possible de commander une Model 3 d’entrée de gamme à 47.000 euros, soit un loyer financier mensuel de 545 euros après un versement initial de 4.000 euros. Mais le délai de livraison sera plus long de plusieurs semaines ou mois. Pour rouler en Model 3 plus rapidement, il faut donc débourser davantage et prendre une version plus chère. Celle que nous avons entre les mains coûte plus de 70.000 euros. À raison de 20.000 km par an, Tesla estime que les économies de carburant sur 60 mois (5 ans) seront de 7.700 euros.

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Chez Audi aussi, on connaît la dynamique du prix des options. Voyez plutôt. Avec un prix de base à 82.400 euros, notre version est à 109.979 euros. Les différents packs cuir, business ou rétroviseurs digitaux sont passés par là.

Cela n’empêche pas les modèles d’avoir une belle base de clients potentiels. "Dites-moi, Monsieur, c’est une Model 3? Vous en pensez quoi? Je vais m’en acheter une", nous arrêtera un passant à deux pas de notre travail. CQFD.

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