L'Audi électrique de Forest dévoilée à San Francisco

©Audi

Audi a dévoilé sa première voiture électrique, l'e-tron "made in Brussels". Marketing, réseau de recharge, innovations en pagaille, etc. chez Audi, on a mis toutes les chances de son côté. Mais la marque aux quatre anneaux ne sera pas seule dans la bataille du véhicule électrique.

Dans la baie de San Francisco, le show lumière dans un ancien bâtiment industriel détonne. Après des mois, voire des années de teasing, la première voiture électrique d’Audi, l’e-tron, a été dévoilée ce lundi soir tambour battant à 21h, heure locale (mardi 6h, heure belge). 

Dans la ville, les affiches d’Audi sont omniprésentes depuis plusieurs jours: à l’aéroport, le long des routes californiennes, sur les façades des buildings ou même sur les trams historiques de la ville. Le décor est planté pour un véhicule censé redéfinir la stratégie d’une marque qui a souffert du "dieselgate" au sein du groupe Volkswagen.

Bram Schot, CEO ad-interim d'Audi ©Audi

Le CEO ad interim d’Audi, le Néerlandais Bram Schot nous confie en petit comité qu'il est persuadé que sa voiture fera la différence face à la compétition naissante dans l‘industrie.

Car l'Audi e-tron ne sera pas seule. En plus des Tesla, il y a désormais la Jaguar I-Pace déjà présente sur le marché et Mercedes-Benz a grillé la politesse en termes de communications avec la présentation de sa EQC début septembre.

Pour l'économie belge, l'e-tron est un véhicule important vu qu'il est produit à Forest où l'usine a été entièrement reconstruite pour l'accueillir. "J’espère que maintenant que l’usine est refaite, on est reparti pour 40 ans", nous disait il y a deux semaines Patrick Danau, le directeur d’Audi Brussels.

La batterie est aussi produite chez Audi Brussels. ©Audi

"C’est un énorme travail de 2 ans et demi", rappelle-t-il à San Francisco. "Je suis fier que ce soient des Belges qui peuvent travailler sur un produit pareil. Nous sommes tous confiants que cette voiture va bien marcher", indique le patron. "Il faut imaginer, nous avions des ouvriers qui jusqu’en 'semaine 31' pendant l’été devaient produire des A1 avec quelqu’un, qui à côté, travaillait pour lancer la production de la nouvelle voiture. C’était beaucoup de pression et beaucoup d’efforts. Les délégués syndicaux ont joué un rôle positif, en cherchant à chaque fois des solutions quand il y avait des problèmes, ça aussi il faut le souligner." 

10.000 précommandes

À l'heure du lancement. On parle de 10.000 précommandes au niveau mondial. Les capacités de l'e-tron sont un secret bien gardé chez Audi. On sait juste que l'ambition est d'être à capacité maximum d'ici la fin de l'année. Le prix en Allemagne sera juste sous les 80.000 euros. "Nous avons trouvé un prix qui correspond à la voiture. La technologie et l’innovation ont un prix. On n’a rien sans rien," insiste Bram Schot.

Pas question de brader une voiture qui sera plus qu'une Audi, un défi en termes de profitabilité. "La profitabilité est un problème pour chaque voiture. C’est la valeur nette qui compte. Les coûts sont un gros défi dans le véhicule électrique. Tout le monde devra rester très discipliné dans le futur."

En Belgique, le prix de départ sera de 82.400 euros TVAC pour un SUV très équipé. La commercialisation débute en novembre. Les 600 précommandes que D'Ieteren a déjà enregistrées en Belgique pourront alors être transformées en véritables commandes si les clients le souhaitent. Ces derniers ont d’ailleurs déjà eu l’occasion de visiter l’assemblage des batteries à Forest et de voir la nouvelle voiture en version camouflée. 

Chez Audi, on estime que le coût total de possession d'une Audi électrique peut rivaliser avec celui d'une voiture à combustion, notamment en raison des économies sur le carburant.

Le succès du véhicule électrique dépend aussi beaucoup du marché fleet et des valeurs résiduelles des véhicules inscrites dans les contrats de leasing. Pour Bram Schot, ces valeurs ne sont pas vraiment un problème à court terme. Audi a mené son enquête "le prix résiduel des Tesla aux États-Unis est similaire à celui des voitures classiques". Évidemment, ce sera différent s'il y a un saut technologique dans les années à venir, mais "tout le monde n’a pas besoin de la dernière technologie", pointe le CEO. 

©Audi

Les premières voitures livrées quitteront l’usine fin 2018. Les premières livraisons arriveront sur le marché belge début 2019, même si quelques rares clients pourront peut-être déjà être livrés avant. Après les livraisons européennes, ce sera au tour des États-Unis au deuxième trimestre 2019 et dès la mi-2019 de la Chine.

Bataille technologique

L'e-tron affiche plus de 400 kilomètres d'autonomie selon le nouveau cycle de test WLTP. Le chiffre précis sera connu une fois l'homologation passée. C'est moins que l'I-Pace de Jaguar qui affiche 480 kilomètres d'autonomie en WLTP. "Oui, mais la Jaguar est plus petite", rappelle Sofie Luyckx, porte-parole d'Audi en Belgique. 

"En moyenne, les Européens ne font pas plus de 40 kilomètres par jour. 400 kilomètres seront bien suffisants pour l’usage quotidien. Le succès du marché électrique dépendra de l’infrastructure et de la rapidité de son implémentation", explique Bram Schot.

©Audi

Chez Audi, on rappelle que 200 stations de recharge rapide (courant direct 150 kW) le long des autoroutes européennes seront déjà disponibles dès la fin de l’année. Et que les plans de développement prévoient 400 stations de recharge rapide d’ici la fin 2020. La voiture peut évidemment se recharger sur du courant alternatif jusqu’à 11kW ou 22kw en option avec un deuxième chargeur à bord disponible en 2019.

En plus des recharges possibles sur le lieu de travail ou à la maison, "les clients pourront utiliser en tout 65.000 stations de recharges en Europe" au lancement du véhicule, rassure-t-on chez Audi.

80% des points de recharge européens seront accessibles avec une seule carte de paiement au lancement. En 2019, cette carte ne sera même plus nécessaire alors que la voiture pourra d’elle-même se connecter aux stations sans la carte.

L'Audi e-tron sera par ailleurs la première voiture en commercialisation au monde dans laquelle les rétroviseurs peuvent, en option, être remplacés par des caméras et des écrans à l'intérieur du véhicule. Ce qui fait gagner en aérodynamisme. Cette option a déjà obtenu la certification adéquate en Europe, mais pas encore aux États-Unis ou en Chine.

Audi va également travailler avec des partenaires pour mettre en place des systèmes de gestion d'électricité à domicile. Ceci peut permettre de recharger sa voiture quand l’électricité est la moins chère,  quand votre production d'énergie solaire est la meilleure ou simplement d’éviter de faire sauter les plombs de votre installation électrique quand celle-ci est fort sollicitée.

L'électrique est stratégique pour Audi. D'ici 2025, il y aura une Audi électrique dans chaque segment clé de la marque. Pour rappel, la deuxième Audi électrique, l’e-tron Sportback, version sport et coupée du SUV sera également produite à Bruxelles. La troisième Audi électrique, l’Audi e-tron GT sera produite en Allemagne en 2020. Cette même année 2020, un modèle électrique compact verra également le jour. 

D’ici 2025, la marque aux quatre anneaux anticipe qu’une vente sur trois sera électrifiée (y compris les hybrides rechargeables), un défi dans lequel "le site d’Audi en Belgique est une usine clé essentielle dans l’électromobilité au sein du groupe Audi ", communique la marque. "Ils ont fait un super job, s'ils ne l'avaient pas fait, on ne serait pas là aujourd'hui pour en parler", nous glissera Bram Schot en sortie d'interview.

©Audi

 

 

Il faudra voir dans quelques années. Après tout le monde n’a pas besoin de la dernière technologie. 

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