"L'hybride rechargeable s'imposera par lui-même"

Mitsubishi Motors Coporation n'est pas qu'une société centenaire. Elle est aussi pionnière pour le plug-in hybrid. Subside ou pas, cette technologie s'imposera, selon le vice-président du groupe, Vincent Cobee.

Alors que la Belgique vient de décider de stopper la fiscalité favorable pour les plug-in hybrid (hybrides rechargeables ou PHEV) n'embarquant pas assez d'autonomie électrique par rapport à leur poids, le vice-président de Mitsubishi, pionnier de cette technologie, ne s'en fait pas trop. Les changements législatifs, le groupe en a déjà connus en Europe et s'en accommode.

"Les réglementations Euro 6 puis Euro 7 vont rendre les moteurs diesel et essence très chers"
Vincent Cobee
vice-président de Mitsubishi Motors

"L’environnement fiscal et réglementaire en Europe est compliqué et va se durcir. Les subventions d’État doivent être vues comme des facilitateurs pour la transition, mais pas comme une situation long terme. On a vendu énormément de "plug-in hybrid" en Hollande et en Angleterre les années passées, il y a eu des changement de législation et on en a vendu beaucoup moins", détaille Vincent Cobee.

Il pense que la taxation en général va néanmoins continuer à pousser cette technologie de l'hybride rechargeable. "On doit sortir progressivement, avec l’aide des États, de cette logique de subvention vers une logique de valorisation. Les réglementations Euro 6 puis Euro 7 vont rendre les moteurs diesel et essence très chers", dit-il. Comparativement l'hybride rechargeable aurait donc encore ses chances.

Mitsubishi, comme d'autres marques, travaille d'ailleurs à proposer davantage d'autonomie dans ses hybrides. De quoi peut-être faire rentrer les véhicules dans les clous de la nouvelle loi et les rendre à nouveau attractifs. Vincent Cobee évoque des hybrides Mitsubishi qui pourraient rouler 100 kilomètres sans être rechargées dans les 5 ans.

Et quand on évoque cette notion de "faux hybrides" du gouvernement en référence à des hybrides rechargeables que des clients n'achèteraient que pour des raisons fiscales sans les recharger, Vincent Cobee répond : "On peut toujours trouver des exemples et des arguments. Quand vous adoptez une technologie... il y a des gens qui vont l'adopter par conviction. Après vous avez des clients rationnels. Un client rationnel qui achète un plug-in hybrid a tout intérêt à le recharger car foncièrement ça lui permet de ne plus jamais aller dans une station d’essence et de couvrir 90% de ses voyages sans essence", pointe-t-il.

Au sein de l'alliance, c'est d'ailleurs bien la technologie PHEV de Mitsubishi qui va s'imposer chez Renault et Nissan qui n'avaient pas cette technologie en portefeuille. Et donc en intra-groupe, l'effet sera important et bénéfique pour Mistubishi.

Mitsubishi met la pression sur ses importateurs

C'est en plein cœur de Tokyo que Mitsubishi Motors Corporation (MMC) recevait quelques journalistes triés sur le volet dans la demeure historique de Kaitokaku généralement réservée aux réunions de haut vol dans les sociétés Mitsubishi. Conglomérat démantelé après la guerre 40-45, les centaines de sociétés Mitsubishi ont continué à se soutenir depuis. 

Ce mardi tout le top management était donc là pour évoquer l'avenir de Mitsubishi Motors maintenant que la société fait partie de l'alliance Renault-Nissan.

Depuis que Nissan a repris 34% de Mitsubishi Motors, c'est au sein de l'alliance que la marque va trouver son salut. (19% de l'actionnariat est dans les mains d'autres entreprises de la galaxie Mitsubishi pour faire un total de 51% avec les parts de Nissan). L'alliance relance un plan d'investissements avec des plateformes et des technologies partagées pour le groupe.

Mitsubishi, très fort en Asie ou en Amérique latine, va profiter de ces régions du monde qui seront les moteurs de la croissance automobile mondiale dans les prochaines années.

Challenge belge

En Europe, il s'agira de reconquérir des parts de marché. "Je ne suis pas content en Europe. Nous y avons de marchés où l'on fait 3% et d'autre où l'on fait seulement 0,3%, ça ne va pas", nous explique Guillaume Cartier en charge des ventes et du marketing de Mitsubishi Motors. Il voudrait que les moins bons marchés progressent pour arriver aux niveaux des meilleurs.

Il entend donc revoir sa stratégie dans les différents marchés pour voir quels partenaires voudront le suivre dans sa démarche. En Belgique, c'est Beherman qui importe la marque. Mitsubishi n'y fait que 0,35% de parts de marché selon les chiffres de la Febiac sur les 9 premiers mois 2017, même si la Belgique est particulière avec l'importance de son marché fleet.

A Tokyo Christian Stas de Richelle, le patron de Beherman était là pour la réunion annuelle des importateurs Mitsubishi. Le discours de Mitsubishi Motors va dans le sens de ce qu'il veut entendre, car lui aussi estime que la part de marché de la marque est devenue trop petite en Belgique. Avec le nouveau management, "il y davantage d'interactions avec nous, ce qui est bon signe", nous glisse-t-il. 

Un des avantages de la nouvelle donne chez Mitsiubishi, c'est que maintenant, MMC pourra compter sur toutes les usines de l'Alliance, une force de frappe considérable.

Kaitokaku

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