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La F2, une fabrique de champions

©Zak Mauger

En marge du GP de Spa, la Formule 2 sera aussi de la fête. Tous rêvent de F1 dans une discipline spectaculaire où tout le monde joue sur un pied d’égalité.

Tout fan de sport automobile qui se respecte aura les yeux rivés sur son poste ce week-end pour le Grand Prix de F1 à Spa-Francorchamps. Dans l’ombre de la F1, une autre discipline est une vraie fabrique de champions, la Formula 2. "La moitié de la grille de la F1 actuelle vient de la F2", témoigne ainsi Bruno Michel, CEO de la F2. "C’est un vrai championnat de pilotes", ajoute-t-il. Contrairement à la F1, tout le monde roule ici avec la même voiture.

1,5 million €
En moyenne, un volant pour une saison en Formule 2 coûte 1,5 million d’euros. Le financement n’est pas toujours des plus simples.

La Formule 2 est le nouveau nom de la GP2. En douze saisons de GP2, 28 pilotes sont passés de GP2 à la Formule 1. Les équipes de F2 sont donc de vrais centres de formation de haut vol pour pilotes. C’est par exemple le cas d’Art Grand Prix. Sont passés par là de très grands noms de la discipline comme Nico Rosberg en GP2 en 2005, Lewis Hamilton en 2006 ou Sebastian Vettel en F3. C’est ici que Stoffel Vandoorne a également été formé. "Stoffel a été l’un des meilleurs pilotes que l’on ait connu en GP2", témoigne Bruno Michel.

Il y a deux ans, le désormais pilote de F1 belge Stoffel Vandoorne, remportait la course de Spa-Francorchamps en GP2 (renommée F2 cette année) avec Art Grand Prix. ©BELGA

Un volant en F2 coûte environ 1,5 million d’euros. Pour Art Grand Prix, deux pilotes veulent donc dire environ 3 millions de budget. "On se finance avec des partenariats de longue date comme Total ou Richard Mille. Mais le gros vient des équipes de F1 qui financent la formation des pilotes et de temps en temps de sociétés de capital-risque qui décident de miser sur un coureur pour se rembourser avec une part du salaire du pilote dans le futur", détaille Sébastien Philippe, directeur d’Art Grand Prix. Lui-même se lance dans ce type d’aventure avec le Belge Alexandre Dallemagne pour financer Victor Martins en F4.

Le coût de la gloire

La formation de Stoffel Vandoorne a été financée par McLaren-Honda, un peu à l’image d’une entreprise qui déciderait de payer les études d’un étudiant prometteur. Encore aujourd’hui, en F2, plusieurs pilotes sont financés par McLaren, Ferrari ou Red Bull.

Bruno Michel nous explique que le financement des pilotes est plus compliqué que par le passé et que beaucoup de pilotes doivent "mouiller la chemise" pour arriver à débloquer les fonds nécessaires. "Certains pilotes ont des structures de management en place qui leur permettent de se financer soit via des sponsors soit via leurs familles."

"La F2, c’est un championnat de pilotes. Ce sont les meilleurs pilotes qui gagnent. Un bon pilote fera de bons résultats en F2, car tout le monde a la même voiture. On a toujours des courses spectaculaires."
Bruno Michel
CEO de la Formule 2

Une chose est sûre, tous les pilotes en F2 caressent l’espoir d’arriver en Formule 1, c’est aussi simple que ça, "mais c’est déjà le cas dans le karting", sourit Bruno Michel. Il n’y a pas un trajet prédestiné pour les pilotes, mais la plupart ont commencé dans le karting dès leur plus jeune âge, entre 7 ans et 10 ans.

Si certains fans s’intéressent de près à la F2 (la F2 est télévisée en ouverture des grands prix dans de nombreux pays), un peu comme des fans de football suivraient les catégories espoirs, la F2 reste un championnat où l’on n’a pas vocation à rester. "La F2, c’est différent de la F1. On reste une classe pour former les futures stars", insiste Sébastien Philippe.

Une incitation à jouer les têtes brûlées pour se montrer? "Non, répond Bruno Michel. C’est un championnat de pilotes. Ce sont les meilleurs pilotes qui gagnent. Un bon pilote fera de bons résultats en F2. Comme tout le monde a la même voiture, on a toujours des courses spectaculaires."

Dans sa monoplace, Charles Leclerc rafle quasi toutes les courses cette année. Le Français devrait en toute logique rejoindre la F1 l'année prochaine. ©Photo News

Cette année, un Français, Charles Leclerc, domine la catégorie et il est très vraisemblable qu’il se retrouve en F1 dès la prochaine saison, tout comme l’un ou l’autre pilote de F2. Quant aux espoirs belges, on n’en trouve ni en F2 ni en GP3.

Le challenge pour la Formule 2 reste de continuer à avoir des coûts raisonnables et d’amener le plus possible de pilotes en F1. Si la F2 sera à Spa ce week-end, elle ne suit pas tous les Grands Prix. "On ne court pas sur tous les circuits. On en fait onze, principalement en Europe, pour ne pas rendre cela trop coûteux", explique Bruno Michel.

Un circuit comme celui de Spa est un très bon écolage pour les futurs champions. Dans un sport où l’on aime la tradition, le circuit belge reste, à côté des Monza et autres Silverstone, un mythe. C’est aussi un circuit technique et exigeant qui permet aux espoirs de se frotter aux grandes difficultés de la discipline.

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