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La Febiac veut régler la mobilité et la pollution avec la fiscalité

©Belgaimage

Les élections arrivent à grand pas et la mobilité sera un thème de campagne fort. L’occasion pour le secteur automobile belge de mettre la fiscalité en avant comme arme pour régler les problèmes de mobilité et de pollution des voitures.

Les voitures en Belgique sont une manne fiscale considérable, ce n’est un secret pour personne. 20 milliards de taxes automobiles sont ainsi rentrées dans les caisses de l’État en 2018, soit environ 2.500 euros par véhicule. Pourtant, malgré ces montants colossaux, la Belgique souffre d’une congestion toujours plus problématique, d’infrastructures routières vieillissantes et n’arrive pas à se préparer à l’électrification des voitures.

Un constat qui peine la Febiac, la Fédération belge de l’automobile et du cycle, qui a sorti son mémorandum en vue des élections de mai prochain. En tant que lobby de l’industrie automobile, la Febiac rappelle que les taxes automobiles ont augmenté d’1,5 milliard d’euros l’année passée en raison de la redevance kilométrique des camions et des accises en hausse de 50% sur le diesel. Dans son document détaillé de 30 pages, la Febiac énumère donc ses recettes pour la mobilité belge. "Nous devons constater que le problème de la mobilité s’est aggravé pendant la dernière législature. J’ai beaucoup de respect pour le ministre Bellot qui a essayé d’avoir une politique de mobilité commune. Mais quand il disait A, Ben Weyts (ministre flamand de la Mobilité) disait B et Pascal Smet (ministre de la Mobilité bruxellois) disait C", regrette Luc Bontemps, administrateur délégué de la Febiac.

Son association demande donc un pacte fiscal interrégional pour les cinq ans à venir avec une simplification et un verdissement de la fiscalité pour tous les véhicules, ainsi qu’un prélèvement kilométrique intelligent sur les voitures. "Avec la redevance kilométrique, ce que nous voulons, c’est un tax shift", précise Luc Bontemps. Pas question donc d’une nouvelle taxe, mais bien d’un remplacement des taxes existantes.

"Si on voulait faire des prix différenciés en fonction de la congestion, des kilomètres parcourus et autres, il faudrait faire payer les kilomètres 15 à 20 fois plus cher à l’entrée de Bruxelles en heure de pointe qu’en rase campagne. Je ne suis pas sûr que politiquement, on soit capable de porter cela", nous répondait le ministre MR François Bellot, la semaine passée, quand on le questionnait sur cette redevance kilométrique.

1,5 milliard €
La fiscalité sur le transport a augmenté de 1,5 milliard d’euros en 2018 avec l’augmentation des accises sur le diesel et la redevance kilométrique pour les camions.

À la Febiac, on sait que la Wallonie est plus réticente sur la question de la taxe kilométrique, mais on sait aussi qu’en Flandre, le ministre "Ben Weyts a déjà un plan d’action pour la déployer", dit Luc Bontemps. "Quand on habite à Bastogne et qu’il n’y a pas de gare, c’est normal que les kilomètres soient gratuits", insiste le CEO de la Febiac. Ce qu’il veut en somme, c’est que les kilomètres deviennent payants une fois qu’"une alternative de mobilité est possible".

Il est selon lui important d’abolir la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation "afin de mettre dans la fiscalité cette composante de comportement". Dans le meilleur des cas, la Febiac souhaiterait d’ailleurs que cette redevance au kilomètre soit instaurée sur le Benelux.

"Si on voulait faire des prix différenciés en fonction de la congestion, des kilomètres parcourus et autres, il faudrait faire payer les kilomètres 15 à 20 fois plus cher à l’entrée de Bruxelles en heure de pointe qu’en rase campagne."
François Bellot (MR)
ministre de la Mobilité

Verdir les flottes

"Quand on habite à Bastogne et qu’il n’y a pas de gare, c’est normal que les kilomètres soient gratuits."
Luc Bontemps
CEO de la Febiac

Le levier de la fiscalité, la Febiac estime aussi qu’il doit être utilisé pour verdir le parc automobile belge. L’occasion pour le secteur de défendre la voiture de société. "Nous voyons la voiture de société comme un vecteur pour verdir le parc. On a étudié que si on supprimait la voiture de société, les gens auraient quand même des voitures, mais plus vieilles", dit Luc Bontemps. Il rappelle que les voitures sont recyclables à 97% en Belgique. Il ne serait pas contraire à une politique pour mettre davantage de vieilles voitures polluantes à la casse, car "les 500.000 vieilles voitures qui partent de Belgique vers l’Afrique ne sont certainement pas un gain pour la planète", insiste Bontemps.

Avoir un parc de voitures jeune est essentiel, selon la Febiac. On y rappelle donc que quand on rend les voitures plus chères à l’achat, le corollaire c’est d’avoir un parc qui vieillit. C’est notamment le cas aux Pays-Bas et en Norvège, souvent mis en avant pour leur nombre de véhicules zéro émission. Deux pays avec une "électrification pour l’élite et un parc vétuste", souligne le CEO.

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