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La mode des SUV pousse le niveau CO2 des voitures vers le haut

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Le passage du diesel à l’essence, la mode des SUV et les nouvelles normes augmentent le niveau de CO2 des voitures.

Comme nous le révélions ce mardi matin, le CO2 des nouvelles voitures est à la hausse en 2019 et en 2018 en Belgique. Les SUV sont en premier lieu montrés du doigt. Mais de quoi parle-t-on? Un SUV est un Sport Utility Vehicle, un type de voiture qui revêt bien des réalités différentes entre le petit SUV compact urbain de type Peugeot 2008, Nissan Juke ou Fiat 500X et le grand SUV 7 places comme le Volkswagen Touareg, l’Audi Q7 ou la BMW X7. Les SUV sont plus grands et plus lourds et consomment en général davantage qu’une voiture moins haute de plafond et ce même si les constructeurs travaillent à améliorer sans cesse l’aérodynamisme de ces voitures pour réduire leur consommation.

Dans le viseur de l’AIE

Si les SUV sont montrés du doigt par les ONG climatiques, elles ne sont pas les seules à les dénoncer. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), loin d’être un repère d’écologistes militants, les SUV au niveau mondial seraient la deuxième cause d’augmentation des émissions de CO2 entre 2010 et 2018, juste après le secteur de l’énergie. Car le succès du SUV n’est pas un phénomène belgo-belge, mais mondial. Si le véhicule était populaire aux Etats-Unis depuis longtemps, il a conquis le reste du monde lors de la dernière décennie.

"Dans les faits, la star de l’industrie automobile, ce n’est pas la voiture électrique, c’est le SUV: en 2010, 18% des ventes de voitures dans le monde concernaient des SUV, en 2018, c’étaient plus de 40%", a notamment déclaré le directeur de l’AIE en octobre, lors d’un point presse sur le sujet. Fatih Birol a sorti les chiffres et ils font réfléchir: on est passé de 35 millions de SUV sur les routes mondiales à 200 millions en moins d’une décennie.

Une mode mondiale

La mode du SUV semble ne connaître aucun frein. Aux Etats-Unis, ils représentent près d’une vente sur deux. Il y a donc encore de la marge chez nous, où ils représentent 39,1% des ventes. Il convient néanmoins de noter que la différence est grande entre un SUV compact et un grand SUV. En Belgique, ce sont les SUV moyens qui se taillent la part du lion avec 23,1% du marché en 2019. À eux seuls, ces SUV moyens représentent plus de voitures que les breaks et les monovolumes réunis. Les SUV sont donc en partie responsables de l’augmentation d’émissions de CO2 des voitures neuves en Belgique.

Le Top 10 des voitures les plus vendues en Belgique en 2019

L’effet des normes

39,1 %
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Les SUV représentent 39,1% des ventes en Belgique.

Reste qu’une partie de l’augmentation du CO2 est aussi due aux changements de normes, on en est persuadé à la Febiac, la Fédération belge de l’industrie automobile et du cycle. En 2018, les normes de tests des véhicules automobiles ont été modifiées pour passer au WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicle Test Procedure). Les valeurs affichées en WLTP sont en hausse en moyenne de 25 à 30 grammes par kilomètre par rapport aux anciennes normes NEDC (New European Driving Cycle).

Pour comparer les chiffres entre eux, il a donc été décidé au niveau européen qu’une période de transition serait mise en place. On transforme donc les chiffres WLTP en valeurs NEDC corrélées ou 2.0. Mais même dans ce cas, la Febiac estime que la différence entre deux mêmes véhicules est de 5 grammes entre les valeurs affichées en NEDC et celles affichées en NEDC corrélé. Ces chiffres pourraient expliquer une partie de l’augmentation entre 2018 et 2019, car les anciennes normes ont été utilisées jusqu’au premier septembre. À mesure que les chiffres 2020 sortiront, on pourra donc effectuer des comparaisons au sens strict, car les chiffres seront entièrement comparables.

Dans les chiffres 2019, l’augmentation de CO2 est plus grande pour les voitures diesel, que les essence, mais cela ne veut pas dire que les diesels émettent tout à coup plus, estime la Febiac. "La gamme de petits diesels est en train de s’éteindre complètement. Aujourd’hui, il ne reste que des grands diesels et cela fait augmenter la moyenne", détaille Joost Kaesemans, le directeur communication de la Febiac. Il rappelle au passage que les moyennes de CO2 ne sont évidemment pas aidées par le fait que de plus en plus de clients optent pour de l’essence à la place du diesel.

Il ne contredit pas non plus l’argument sur le fait que les SUV consomment d’avantage que des voitures plus petites, mais "c’est inhérent à un véhicule plus lourd et de grande taille, y compris les breaks et les monospaces. C’est évidemment une évolution qui ne nous arrange pas en termes de CO2".

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