La Prius a 10 ans, vive l'hybride!

Toyota a écoulé 200.000 unités de sa petite protégée en Europe. Le succès est exponentiel.

De la taule, beaucoup de plastique. Un look plus proche de la Lada que de la berline moderne. Mais sous le capot, deux moteurs…

Il y a dix ans, le 23 juillet 2000, la Prius débarquait sur les routes européennes. L’introduction est alors discrète. Très éloigné des standards occidentaux, le premier véhicule hybride lancé au Japon trois ans plus tôt ne partait pas pour devenir une légende. Fin 2004, seuls 12.600 Européens avaient craqué pour la petite japonaise…

En six ans, Toyota est pourtant parvenu à transformer une curiosité automobile en véritable phénomène de société.

Le déclic vert

À coup de pubs et performances, la Prius est devenue le vaisseau des bobos, des écolos… avant de muter, sur trois générations, en un véhicule qui reste décalé par sa ligne mais dont les particularités en ont fait l’une des voitures favorites des flottes d’entreprises.

Émissions de CO2 réduites de 26&flexSpace;%, consommation en baisse de 23&flexSpace;%, puissance en hausse (+30&flexSpace;%), la la berline a dépassé en mai 2008, en Europe, le cap des 100.000 unités. Depuis, ce chiffre a doublé. Et Toyota vise désormais les 2 millions de ventes mondiales pour l’automne.

C’est sur cette base, que le groupe a décidé d’enclencher la seconde. Dix ans après l’arrivée de sa Prius — qu’il importe toujours du Japon! — le constructeur japonais vient d’entamer à Burnaston, en Angleterre, la production de l’Auris Hybrid. "Ce modèle positionné sur le segment C, au cœur du marché européen, est une première pour le continent. Son look commun fait qu’il doit séduire tant l’écologiste militant que le père de famille qui regarde à sa consommation", selon Didier Leroy, le CEO de Toyota Europe. Plus question de parler de produit de niche: l’Auris hybride s’attaque à la Golf "au prix de la Golf".

Le géant de Tokyo prévoit, d’ici 2020, la sortie en version bi-moteur de chacun de ses modèles. Une Yaris mi-électrique mi-diesel est déjà en développement. La Prius 4, attendue en 2012, se prépare à s’équiper d’une prise pour profiter encore mieux de ses volts.

Un gâteau à partager?

Parmi la concurrence, la stratégie de Toyota a longtemps été décriée. L’hybride ne devait être qu’un passage vers le rêve d’une voiture 100&flexSpace;% électrique.

"Le discours a changé. Tout le monde s’est rendu compte des limites — tant en matière d’autonomie que de prix — du full électrique", note Kazutaka Oshima.

Dans un entretien donné à Reuters, le président du Rakuten Investment Management indique que si Toyota occupe une position de leader sur l’hybride, Honda incarne la menace la plus grande.

"Les moteurs des deux Japonais sont très similaires".

Honda, avec l’Insight et la Civic hybride, écoule déjà annuellement plus de 300.000 véhicules à double motorisation. Et travaille d’arrache-pied pour faire grossir son cheptel et proposer, désormais, des hybrides à essence.

"Le problème, c’est que le groupe considère que les marchés émergents et la voiture low-cost offrent une plus grande perspective de croissance. Courir plusieurs lièvres au même instant, est toujours délicat", tempère Pierre-Laurent Ribault d’"Autoblog".

Aux États-Unis et en Europe, l’ennemi pourrait donc se nommer Ford. Le constructeur à l’oval bleu veut commercialiser sa prochaine Lincoln MKZ (2011) en version hybride au prix de l’essence. La prochaine génération de la Focus disposerait, selon les sites spécialisés, d’un moteur électrique entraînant les roues arrières du modèle mythique.

Si Renault et GM misent sur le 100&flexSpace;% électrique, VW, Volvo et BMW sont aussi sur la brèche. Après les très chères X6 et Serie 7, le groupe de Munich va, sous peu, adapter ses plus abordables Serie 5 et Serie 3 à la technologie hybride. Mercedes et Peugeot se tâtent à élargir leurs gammes. l

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