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La voiture à hydrogène patine, mais beaucoup y croient encore

Toyota a renouvelé sa Mirai à la fin de l'an dernier. Mais à court terme, la marque japonaise table surtout sur des développements dans d'autres domaines pour la pile à combustible. ©toyota

Grandes absentes des ventes mondiales, les voitures à pile à combustible existent pourtant depuis des années. Toyota, Hyundai ou BMW veulent encore y croire, VW non.

Dans la voiture individuelle, il y a des technologies qui ont déjà fait couler beaucoup d'encre, mais qui ont très peu usé le bitume. La voiture électrique munie d'une pile à combustible à hydrogène (FCEV) fait certainement partie de celles-là.

Pas plus tard que ce mardi, le groupe BMW confirmait qu'il continuait de croire dans la technologie. Il présentera au salon IAA de la mobilité de Munich en septembre sa BMW iX5 Hydrogen. Elle sera produite d'abord en petite série "à des fins de démonstration et d'essai sera lancée en 2022".

Depuis longtemps, les constructeurs asiatiques voient dans le FCEV une belle alternative à long terme à la voiture hybride.

Un futur qui tarde

Toyota a lancé sa Mirai 2 en décembre après la première génération en 2014. Mirai veut dire "futur" en japonais. Un nom évocateur de la place que réserve Toyota à la technologie. À peine 12.000 Toyota Mirai ont été vendues dans le monde sur la période 2015-2020. Rappelons que le groupe Toyota a vendu 9,53 millions de véhicules rien que sur l'année 2020. Sur 2015-2020, Toyota a écoulé plus de 55,7 millions de voitures.

12.000
voitures
Sur la période 2015-2020, Toyota a vendu plus de 12.000 voitures à l'hydrogène. Une goutte d'eau dans les 55,7 millions de voitures qu'elle a écoulées sur la même période.

Manque d'infrastructures

Toyota indiquait, lors du lancement de sa Mirai 2, que la première génération avait ouvert les portes à la technologie. "Cependant, en raison d'un développement des infrastructures plus lent que prévu et des limites qui en résultent sur le nombre de véhicules pouvant être introduits sur le marché, nous ne sommes encore qu'à mi-chemin de l'adoption généralisée des FCEV", avouait Toyota.

Le discours est le même chez Hyundai, également grand défenseur de la technologie. Hyundai a proposé une version à l'hydrogène de son Ix35 dès 2013, première voiture de série FCEV au monde. En 2018, Hyundai sort son SUV Nexo, son premier véhicule dédié à la pile à combustible.

"Sur le marché, nous en sommes avec le FCEV où nous en étions avec les véhicules électriques il y a 6 ou 7 ans."
Wim Doms
Porte-parole de Hyundai Belgique

Le groupe coréen croit encore dur comme fer en la technologie, mais "l'infrastructure doit se développer", insiste Wim Doms, porte-parole de Hyundai Belgique. Il détaille que les quelques clients en Belgique des Nexos sont encore des précurseurs impliqués dans la filière hydrogène, comme Colruyt ou CMB dans le port d'Anvers. "Sur le marché du FCEV, nous en sommes où nous en étions avec les véhicules électriques il y a 6 ou 7 ans. Tout le monde savait qu'il y avait de l’idée et que ça allait devenir quelque chose", estime Wim Doms.

Coût du réseau

Construire une station de recharge coûte cher. Selon la carte établie par Waterstof.net, il n'existe actuellement que trois stations de recharge publiques en Belgique. Une à Anvers chez CMB et deux autour de Bruxelles, à savoir la station Air Liquide à Zaventem au siège de Toyota Europe et celle de Dats 24 de Colruyt à Hal. Colruyt y revendique une station qui fournit un hydrogène vert qu'elle produit elle-même. Si à l'usage, un véhicule FCEV est propre, la production de l'hydrogène utilisé reste son principal défi environnemental.

Quatre autres stations seraient déjà financées ou en construction sur le territoire belge.

Au-delà de l'infrastructure sporadique, le coût des voitures à hydrogène reste très important. Plus de 80.000 euros pour une Nexo, ou 68.000 euros pour la Mirai.

"On a mis l'hydrogène 'on hold' pour les voitures au vu des énormes investissements qui doivent être faits dans l'électrique."
Bastien Van den Moortel
Relations presse de Mercedes-Benz Belux

Mercedes-Benz a également une GLC F-Cell dans sa gamme, mais ici le focus est désormais mis sur la voiture électrique. "On a mis les voitures à hydrogène 'on hold' au vu des énormes investissements qui doivent être faits dans l'électrique. Par contre, on continue bien pour tout ce qui est camions et utilitaires", détaille Bastien Van den Moortel, en charge des relations presse chez Mercedes-Benz Belux.

Hyundai aussi est occupée à développer l'hydrogène pour des poids lourds et des bus. Toyota a carrément décidé de créer une unité dédiée aux différentes applications et partenariats possibles pour la pile à combustible.

Dans le monde automobile, la technologie a également de sérieux pourfendeurs comme le CEO du groupe Volkswagen lui-même, Herbert Diess, ou même Elon Musk.

"Il est prouvé que la voiture à hydrogène n'est PAS la solution climatique."
Hebert Diess
CEO du groupe Volkswagen

"Il est prouvé que la voiture à hydrogène n'est PAS la solution climatique", a écrit Diess sur Twitter en mai. "Dans les transports, l'électrification a prévalu. Les faux débats sont une perte de temps. S'il vous plaît, écoutez la science!", a insisté le patron.

Volkswagen, qui mise énormément sur la voiture électrique, a ainsi mis en avant une étude en 2019 indiquant que la perte d'énergie depuis la production électrique jusqu'au moteur électrique de la voiture était énorme. Cette perte serait selon cette étude de VW de 24% pour une voiture électrique classique contre 70% dans une voiture à hydrogène. Pour VW, l'hydrogène a surtout comme atout le stockage d'énergie en zone stationnaire.

Le résumé

  • BMW va présenter une voiture à pile à combustible à hydrogène.
  • Elle rejoint Toyota, Hyundai et consorts.
  • La technologie a du mal à s'imposer dans le marché de la voiture individuelle, notamment en raison des coûts et du manque d'infrastructures.
  • Beaucoup y croient encore. Volkswagen estime qu'il n'y a pas débat et que la voiture électrique est la meilleure solution.
  • Le développement pour des poids lourds, des bus et autres applications intéressent plusieurs constructeurs qui ont parié sur la technologie.

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