La voiture à l'énergie solaire entre en piste

Sorte de Tesla ultime, la Lightyear One qui est développée aux Pays-Bas a été dévoilée ce mardi matin. Cette voiture électrique se recharge continuellement grâce au soleil et de temps en temps sur secteur, si nécessaire.

Quand on vous parle de la première voiture solaire qui arrive sur le marché, on ne peut qu’être sceptique. "Si c’était possible, pourquoi ce n’est pas encore commercialisé?", se dit-on immédiatement. Mais quand on se penche sur la société Lightyear et que l’on voit qui sont les personnes qui se cachent derrière elle, on se dit que ce projet a peut-être tout son sens.

20.000
km/an
La Lightyear One peut recharger jusqu’à 20.000 kilomètres par an. Dans un pays nordique, avec des mauvaises conditions de luminosité, on parle de 10.000 kilomètres par an.

Fondée en 2016 par 5 anciens étudiants de l’université d’Eindhoven, la société trouve son origine dans ces concours visant à faire rouler les voitures le plus longtemps possible rien qu’avec de l’énergie solaire. La jeune société a gagné le prix du changement climatique au Consumer Electronic Show de Las Vegas. Gage de son sérieux, elle a aussi réussi à obtenir 2,5 millions d’euros de la Commission européenne

Premiers rayons

Ce mardi matin, avec les premiers rayons du soleil, la société néerlandaise dévoilait sa première voiture pour le grand public, la Lightyear One. Tout un symbole pour une voiture à 119.000 euros hors taxes que plus de 100 personnes ont déjà réservé sans la voir. Il faut dire que la voiture qui se recharge toute seule a des arguments à faire valoir. En fonction de son exposition à la lumière et au soleil, elle peut recharger jusqu’à 20.000 kilomètres par an.

On a mis 4 moteurs dans les roues. Cela nous permet d’être à la pointe en matière d’aérodynamisme.
Martijn Lammers
Co-fondateur de Lightyear

Même dans un pays nordique avec des mauvaises conditions de luminosité, la recharge totale annuelle peut permettre de parcourir 10.000 kilomètres. "Nous sommes les premiers à avoir des niveaux pareils. C’était indispensable pour qu’un produit de ce type ait du sens", nous explique Martijn Lammers, chief strategist et cofondateur de Lightyear.

Présentation de la Lightyear One

Designer belge

"Les panneaux solaires de la voiture la rechargent continuellement. En moyenne, les gens roulent 30 à 40 kilomètres par jour, vous rechargez plus que ça avec du soleil presque toute l’année", pointe Martijn Lammers. Lightyear One utilise "moins de la moitié de l’énergie des voitures électriques actuelles. On a mis 4 moteurs dans les roues. Cela nous permet d’être à la pointe en matière d’aérodynamisme".

La voiture n’a pas d’ambition d’être aussi rapide que d’autres véhicules électriques sur le marché, mais elle passe tout de même de 0 à 100 km/h sous les 10 secondes. La voiture est même un peu noire-jaune-rouge car son design est belge avec la griffe de Lowie Vermeersch

Les parties qui rendent notre voiture unique sont le train motopropulseur et les panneaux solaires que l’on fait nous-même et le reste on l’achète.
Martijn Lammers

D’une autonomie WLTP de 750 kilomètres, La Lighyear One pourrait également se recharger sur secteur ou sur recharge rapide pour véhicules électriques. "Notre ambition était de proposer une voiture qui s’affranchit du plus grand frein de la voiture électrique, à savoir l’infrastructure", détaille le chief strategist du projet. Dans une utilisation normale, les recharges devraient finalement être rarement nécessaires. 

Ambitions raisonnables

La société a décidé de grandir à une cadence calme, car les capitaux nécessaires dans l’automobile peuvent rapidement s’avérer colossaux. Dans un premier temps elle ambitionne une capacité de production de 1.500 véhicules par an. La société n’hésite pas à travailler avec des fournisseurs classiques de l’automobile pour l’essentiel de la voiture. "Les parties qui rendent notre voiture unique sont le train motopropulseur et les panneaux solaires que l’on fait nous-même et le reste on l’achète". A ceci près que pour le design, ils sont partis d’une page blanche pour se différencier de ce qui existe sur le marché.

"Les équipes de Vermeersch ont cette capacité à se projeter en avant, ce côté avant-gardiste qui nous a plu", dit le cofondateur. La prochaine étape est d’arriver avec de plus gros volumes et une voiture plus abordable, car l’idée n’est clairement pas de proposer un produit de luxe. Il existe des usines vides qui pourraient être très intéressantes pour développer son activité, estime par ailleurs Lightyear. 

L’idée est aussi que la voiture puisse fournir l’énergie à votre maison en la branchant sur votre système électrique. Elle sera également équipée de prises pour brancher des appareils quand on est en route pour faire de la Lightyear One une sorte de panneaux solaires sur roues livrable à partir de 2020 pour les premiers servis.

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