La XC40 de Gand amène Volvo vers des sommets

La CFO belge Carla De Geyseleer et le CEO Hakan Samuelsson, ce jeudi à Bruxelles. ©BELGA

Le SUV XC40 est un succès retentissant pour Volvo. Une bonne nouvelle pour l'usine de Gand qui tourne à pleine capacité.

C’est à Bruxelles, en l’honneur de l’usine de Gand (et peut-être de la nouvelle CFO du groupe, la Belge Carla De Geyseleer) que Volvo Car présentait ses résultats annuels, ce jeudi. "La Belgique est un gros marché avec une belle progression et nous y avons une belle présence industrielle. Je suis très content d’être l’un des derniers constructeurs automobiles ici en Belgique", a déclaré en guise de préambule Hakan Samuellson, le CEO du groupe.

Volvo n’est certainement pas la plus grande marque automobile au monde, mais avec un chiffre d’affaires de près de 26 milliards d’euros en 2019, pour une progression de 8,5%, elle est certainement l'une de celles qui montent. Volvo Car enregistre sa sixième année de croissance consécutive.

C’est une particulièrement bonne nouvelle pour l’usine de Volvo Gand qui produit le bestseller du groupe, le SUV compact XC 40. Sur les lignes gantoises, la XC 40 sort déjà en version essence, diesel, et plug-in hybride.

Usine électrifiée

Dès octobre, la version entièrement électrique du véhicule y débutera sa production de série pour des premières livraisons en fin d’année.  "Il y a quelques années, on a beaucoup discuté pour savoir si on allait fermer l’usine en Belgique comme d’autres. Nous avons décidé de rester ici avec un bon programme pour diminuer les coûts", détaille Samuelsson. 

"La XC 40 produite à Gand est le plus grand succès que l’on a eu depuis des années."
Hakan Samuelsson
CEO de Volvo

"Nous avons amené ici la nouvelle plateforme pour les séries 40. La XC 40 est devenu le plus grand succès que l’on a eu depuis des années. On n'a donc pas hésité de faire l’électrique à Gand également. C'est un bon signe pour le futur de l’usine. Les petits SUV seront en pleine croissance et les petits SUV électriques premium encore plus", détaille le patron.

Les coûts élevés de main-d’œuvre, Volvo connaît car elle possède les mêmes en Suède. La clé, selon le CEO, est d’être "vraiment bon en productivité pour compenser".

Marges sous pression

C'est nécessaire, car la hausse du chiffre d’affaires et des voitures vendues (plus de 700.000) ne se traduit pas dans le résultat opérationnel qui est seulement en hausse de 0,8% à 14,3 milliards de couronnes suédoises, soit 1,36 milliard d’euros. La marge opérationnelle s’affiche donc en baisse à 5,2% en 2019, contre 5,8% un an plus tôt. "Nous avons connu une pression sur les prix en Asie-Pacifique et dans les Amériques. Qui plus est nous avons eu un impact positif exceptionnel de 2 milliards de couronnes en 2018 dû à la vente de brevets et de licences", explique Carla De Geyseleer.

Elle détaille néanmoins que la marge était déjà meilleure au deuxième semestre 2019 et surtout que le cash-flow est largement positif à 1,1 milliard d'euros pour une position cash nette à 2,4 milliards d'euros. Pour répondre à la pression sur les prix, Volvo travaille sur ses coûts. Un plan a été mis en place au dernier trimestre 2019 qui a permis "de diminuer les postes de 1181 tout en augmentant la production", dit la CFO. Il s'agit surtout de cols blancs, de contractuels et de consultants.

24%
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Les ventes de SUV de Volvo sont en hausse de 24%. Les SUV compacts produits à Gand, les XC 40, sont particulièrement populaires.

C’est important car Volvo, comme tout le secteur, doit investir massivement dans l’électrification des gammes. Ce que la firme suédoise arrive à faire sans augmenter sa part d’investissements R&D qui est de 4,2% du chiffre d’affaires en 2019. Elle est évidemment aidée dans ce jeu-là par le fait de faire partie d’un grand groupe automobile, Geely, ce qui lui permet de partager les coûts.

Il faut rajouter à ces chiffres les investissements pour l’augmentation des capacités et les chantiers liés à la production de véhicules électriques. 2 milliards d'euros ont été investis en 2019.

Volvo est une filiale du groupe Geely et a quatre usines en Chine. Le coronavirus va venir jouer les trouble-fêtes dans ses résultats à venir. Hakan Samuelsson s’attend à ce que les effets du virus soient principalement cantonnés à la Chine pour Volvo pendant le premier trimestre. "Les pièces importées de Chine ne sont pas si nombreuses. Mais tout a été stoppé pour deux semaines dans les usines en Chine. Le pays a besoin de normaliser la situation et de montrer qu’ils ont le virus sous contrôle", dit Samuelsson.

À Gand, la question des capacités n’est en tout cas pas un problème car l’usine tourne à plein régime. Si des nouvelles capacités sont à trouver pour Volvo, ce sera aux États-Unis ou en Chine. Si les Polestar et les Lynk & Co du groupe Geely pourraient techniquement être produites à Gand, il y a peu de chance de les voir arriver en Flandre-Orientale.

La XC 40 produite à Gand est "le plus beau succès de Volvo depuis des années", explique le CEO Hakan Samuelsson. ©Tim Dirven

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