Le Belge achète toujours autant de voitures et de plus en plus de SUV

©BELGAIMAGE

4 voitures sur 10 vendues en Belgique en 2019 étaient des SUV. Un record alors que 550.003 voitures ont été immatriculées sur l’année, soit la deuxième meilleure performance du secteur.

Les immatriculations de véhicules neufs sont à nouveau à des sommets sur l’année 2019. Les chiffres d’immatriculations bruts (qui ne tiennent pas encore compte des véhicules désimmatriculés dans les 30 derniers jours), dressent un tableau d’un secteur automobile en Belgique qui reste en forme. 2019 est la deuxième meilleure année du secteur automobile avec 550.003 voitures immatriculées sur l’année, une année en très légère hausse (0,07%) par rapport à 2018. Seule 2011 s’est avérée de meilleure facture que 2019.

Restera évidemment à voir dans quelle mesure les chiffres seront confirmés dans un mois, car le mois de décembre a été particulièrement bon en termes d’immatriculations (+44,2%) à 33.467 immatriculations. "Le mois de décembre semble hyperspectaculaire, mais en fait il ne l’est pas tellement. Un mois de décembre normal est à 30.000. Dans ce cadre, 33.000 c’est déjà moins spectaculaire. Mais bon, reste à voir combien de ces 10% en plus de la moyenne seront dans les chiffres nets dans un mois", détaille Joost Kaesemans, le porte-parole de la Febiac. Il pourrait y avoir ce que certains appellent des "immatriculations tactiques" de stocks ici et là.

En plus des voitures, les autres types de véhicules respirent la forme. On n’a par exemple jamais autant immatriculé de véhicules utilitaires légers en Belgique qu’en 2019 (81.128 utilitaires légers soit 4,21% d’augmentation). Même les motos (24.930 nouvelles motos, +0,91%) sont en hausse en 2019.

Toujours plus de SUV

Les tendances de fond du marché automobile restent d’actualité. Les SUV (sport utility vehicule) dans leur globalité sont encore plus populaires qu’il y a un an. Quand on additionne toutes leurs variantes (compacts, moyens et grands SUV) on arrive au 30 décembre à une part de marché de 39,1% pour les SUV contre 36,5% en 2018 et 30% en 2017.

Alors que de nombreuses ONG environnementales et de mobilité s’offusquent de la popularité de ce type de modèle, leur succès est encore et toujours au rendez-vous. De quoi faire grincer des dents chez les associations comme le Gracq, Bruxsel’Air ou Inter-Envirronement Wallonie et consorts qui demandent que la publicité pour ce type de véhicules soit interdite.

"Il n’est pas exclu que les SUV rencontrent encore plus de succès à l’avenir."

Pour les constructeurs, ces véhicules sont réputés pour avoir de meilleures marges. Et au vu des chiffres, rien ne dit que la part des SUV va diminuer dans le futur. "Il n’est pas exclu que le segment rencontre encore plus de succès. On n’est en tout cas pas prêt à voir diminuer fortement la part du SUV dans les années à venir", estime à ce titre Joost Kaesemans.

Quand à ceux qui voudraient que l’on taxe davantage ce type de véhicule, Kaesemans répond: "une fiscalité qui regarde les performances écologiques est une bonne chose. Taxer plus les véhicules moins respectueux de l’environnement, c’est logique. C’est cela qu’il faut regarder, pas le type de carrosserie. Il n’est pas plus logique de s’attaquer aux SUV qu’aux voitures familiales ou aux breaks qui ont des performances énergétiques équivalentes", estime-t-il.

Diesel encore en baisse

Suite à la crise du diesel, ce type de carburant est encore en baisse, d’abord au profit de l’essence qui représente 61,6% des nouvelles immatriculations contre 31,4% de diesel en 2019 (35,5% en 2018). À la Febiac, on pense que dans le thermique, le mix un tiers diesel et deux tiers essence va perdurer à l’avenir. Il est à noter que près de 9000 voitures entièrement électriques ont été immatriculées jusqu’au 30 décembre sur l’année 2019 contre à peine 3648 véhicules électriques en 2018. Un signal encourageant pour la suite de ce type de motorisation.

Au Salon de l’auto de la semaine prochaine, de nombreux véhicules électriques devraient à nouveau être présentés. Les constructeurs automobiles ayant besoin de ce type de véhicules pour atteindre les moyennes européennes légales de 95 grammes sous peine d’amendes.

9000
voitures électriques
Près de 9000 voitures entièrement électriques ont été immatriculées jusqu’au 30 décembre sur l’année 2019 contre à peine 3648 véhicules électriques en 2018.

La bataille électrique n’est pourtant pas gagnée d’avance comme on pouvait le lire dans une étude du VAB publiée ce jeudi. Les sondés qui possèdent une voiture de société et auront la possibilité de choisir un nouveau modèle dans les trois ans considèrent qu’il y a une chance sur quatre que leur prochaine voiture soit une hybride rechargeable. Et il y a une chance sur 10 qu’il s’agisse d’un auto entièrement électrique. Pour le particulier qui s’achète lui-même une nouvelle voiture, la probabilité de choisir un véhicule entièrement électrique diminue encore de moitié (5%).

Les vendeurs de véhicules électriques devront donc se montrer convaincants pour changer cet état des choses.

Si le consommateur se demande encore et toujours quel moyen de transport choisir et quel type de motorisation choisir s’il opte pour la voiture, certains craignent dans le secteur automobile que l’année 2020 soit plus compliquée au niveau des ventes. La Febiac ne s’attend pas à une catastrophe. "2020 sera fort probablement plus basse, car on vient d’enregistrer la deuxième meilleure année de l’histoire, mais on se situera toujours au-dessus des 500.000 voitures, même s’il est difficile maintenant de déjà dire si ce sera 520 ou 550.000 voitures", conclut Kaesemans.

©MEDIAFIN

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect