Le boom de l'essence fait s'envoler le CO2 émis par les voitures neuves

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Pour la première fois depuis 1995, les émissions moyennes sont en hausse.

Pour la première fois depuis des décennies, les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs sont en hausse en Belgique. Selon les chiffres de la Febiac, que L’Echo a pu consulter, le CO2 moyen émis s’est inscrit à 119,1 grammes par kilomètre en 2018 contre 115,8 grammes un an auparavant. Entre 2017 et 2018, les chiffres avaient déjà stagné, mais cette remontée des émissions des véhicules neufs est une première au moins depuis 1995.

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Sur 1995-2017, les émissions moyennes de CO2 des véhicules avaient pourtant baissé de 37,7%. C’était avant le Volkswagengate et avant que le diesel ne tombe en disgrâce. La chute des immatriculations de véhicules au diesel est vertigineuse. À peine 35% en 2018 contre 46% un an auparavant.

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Les voitures essence consomment plus que leurs homologues diesel et émettent donc davantage de CO2. Le diesel a pendant longtemps émis davantage de particules fines que les équivalents essence. des émissions dangereuses pour la santé humaine. Aujourd’hui, les constructeurs certifient que ce n’est pas le cas pour les dernières générations de diesel. Mais la dynamique du déclin du diesel est à l’œuvre.

La lutte contre le CO2 est surtout importante dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Les pouvoirs publics belges avaient joué la carte des primes aux véhicules à faible CO2 et donc promu les véhicules au diesel dans les années 2000. À l’époque, ceux-ci avaient atteint jusqu’à 78,9% du marché. Plus récemment, les constructeurs automobiles avaient prévenu que si on mettait des freins au véhicule diesel, le CO2 risquait de repartir à la hausse.

En Belgique, les autres types de motorisations ne compensent pas la baisse du diesel. À peine 6% du marché 2018 sont constitués de motorisations alternatives. 4,5% des véhicules vendus sont des hybrides.

En Belgique, on a vendu près de 550.000 voitures en 2018. Les électriques progressent d’environ 1.000 unités pour 3.643 véhicules immatriculés en 2018 et ceux au gaz naturel atteignent près de 4.000 unités (+ 1.500 par rapport à 2018). Des chiffres qui n’arrivent pas à endiguer la hausse de CO2 moyenne des véhicules neufs.

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Rouler au diesel est devenu moins intéressant en raison d’un prix plus élevé du carburant à la pompe. Les particuliers sont aussi échaudés par les interdictions de certains diesels dans les zones de basses émissions et la mauvaise presse de la technologie. Ils craignent aussi pour la valeur de revente de leur véhicule.

Mais les clients professionnels aussi tournent le dos au diesel. "On passe de 80 à 63% d’immatriculations en diesel en un an et on va encore diminuer de 10% en un an, nous explique Miel Horsten, CEO de l’entreprise de leasing ALD Automotive en Belgique. Ce n’est pas la panique, mais on a eu une première chute des valeurs résiduelles des diesels en 2017. Graduellement, ça remonte. La question est de savoir si l’on produit aujourd’hui ce qu’on a besoin dans 4 ans sur le marché d’occasion."

"Les voitures de volume sont les plus dangereuses pour nous. Si on se trompe sur la valeur de revente des grands SUV mais qu’on n’en a que 150, ce n’est pas grave, l’impact est limité. Dans les berlines comme les Mercedes Classe C ou BMW Serie 3, il y a davantage de risques pour nous. Ce sont des véhicules de volume, avec un risque de changement énergétique. On ne sait pas si les gens en voudront dans quelques années", ajoute-t-il.

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