Le budget mobilité va donner un sérieux coup de boost aux acteurs du secteur

©belga

À l’heure de l’ouverture du Salon de l’auto, l’adoption du budget mobilité va donner un sacré coup de boost aux nouvelles initiatives dans ce domaine, qui y seront également présentes.

Ils sont au moins des dizaines, les start-ups et les nouveaux acteurs de la mobilité à se frotter les mains. Deux jours avant l’ouverture du Salon de l’auto, une fumée blanche est arrivée de la commission Finances de la Chambre. Le budget mobilité devrait devenir une réalité à partir du 1er mars. "C’est une bonne nouvelle. Même s’il reste d’autres étapes à franchir", pointe Etienne Rigo, CEO de Modalizy.

Au Salon de l’auto, on est également tout sourire. Bien conscients que l’automobile ne peut plus vivre en vase clos, les organisateurs ont lancé l’an dernier We Are Mobility. Ils remettent cela cette année pendant les 4 premiers jours du salon (y compris ce vendredi pour la presse). Cet événement regroupe bon nombre de nouveaux acteurs de la mobilité mais aussi des plus anciens comme toutes les grandes entreprises de transport en commun. "Le budget mobilité est une très bonne nouvelle. On a constaté que les membres de la coalition sortante ont continué à mener à bien ce projet", indique le président de la Febiac, Philippe Dehennin qui avoue que le secteur n’y croyait plus.

La Febiac n’a pas eu gain de cause sur toute la ligne. Elle proposait que le seuil des 95 grammes pour les voitures moins polluantes de CO2 n’arrive que progressivement. Un amendement qui n’a pas été reçu par le politique. Pas question non plus d’avoir un scooter dans le deuxième pilier. Il n’empêche. Si des travailleurs commencent à opter pour ce budget mobilité, un deuxième pilier important va se dégager pour la mobilité alternative. De quoi alimenter les fonds de toutes ces start-ups et initiatives de mobilité alternative. "La question pour de nombreux acteurs est d’atteindre une masse critique pour atteindre la rentabilité et le budget mobilité devrait les aider à y arriver", dit Dehennin.

"Le budget mobilité est une très bonne nouvelle. On a constaté que les membres de la coalition sortante ont continué à mener à bien ce projet."
Philippe Dehennin
président de la Febiac

Pour le salon, We Are Mobility est d’ailleurs une initiative coûteuse. "Ce salon mobilité est un investissement de la Febiac. Il n’est pas rentable, nous finançons, mais il faut se projeter vers le futur, insiste Pierre Lalmand, directeur du salon. Ce qu’on aimerait, c’est que We Are Mobility dure pendant toute la durée du Salon de l’auto, mais la moitié des exposants ne savent pas encore se le payer." Des acteurs comme DriveNow (BMW), Poppy de D’Ieteren ou Europcar souhaiteraient ainsi que le volet mobilité du salon dure plus longtemps. Si le budget mobilité ramène de l’argent dans la poche des nouveaux acteurs de la mobilité, cela pourrait devenir plus facile.

Pierre Lalmand n’exclut pas de rebaptiser le Salon de l’auto d’ici 3 ans pour un nom plus axé sur la mobilité. Plusieurs noms sont en train d’être déposés par la Febiac, comme Brussels Beautifull Mobility ou BBM. Une étape logique serait de mettre le salon mobilité dans "le flux" du Salon de l’auto et non dans un palais séparé.

Les offres vont affluer

"Il faudra attendre les arrêtés d’exécution avant de vraiment pouvoir convaincre les employeurs."
Étienne Rigo
CEO de Modalizy (Octa +)

Le budget mobilité permet en tout cas à tous ces acteurs de se mettre en ordre de bataille. Jeudi, Lab Box, la filiale mobilité de D’Ieteren, a annoncé le lancement d’un tout nouveau service de gestion de flottes de véhicules au sein des entreprises baptisé MyMove. Le service va se focaliser sur une aide aux "flottes d’entreprise partagées et composées de voitures de tous types, de vélos électriques, de scooters électriques, de trottinettes électriques et d’une application pour gérer l’accès à ces derniers, indique Valentin Haarscher, associé chez Lab Box. En plus d’une fiscalité nettement plus attractive, le récent feu vert pour le budget mobilité va largement simplifier la communication autour du projet MyMove: plus de problème d’interprétation, les textes de loi puis les arrêtés d’exécution fixeront un cadre clair et précis."

Etienne Rigo de Modalizy est également prêt. Sa société a élaboré une solution de paiement intégrée qui permet de tout payer au niveau mobilité. "Nous pouvons donner accès à tous les services acceptés par le pilier 2 et en tenir la comptabilité", dit-il. Mais il faudra attendre les arrêtés d’exécution pour savoir concrètement comment sera calculé le budget disponible dans chaque pilier. En attendant, "je ne pense pas qu’un employeur a tous les éléments en main pour rendre l’offre sexy", insiste-t-il.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n