Le CEO du groupe Punch renonce à investir 100 millions à Dour

©wim kempenaers (wkb)

Punch n’a finalement pas retenu le site wallon pour héberger sa future usine et son centre de recherche de composants pour véhicules hybrides et électriques. Dour était en concurrence avec d’autres localisations en Allemagne et en France. Un projet pesant 100 millions d’euros d’investissements et 500 emplois.

Mauvaise nouvelle pour la Wallonie en général et la commune de Dour en particulier: Guido Dumarey, l’homme d’affaires flamand à l’origine du groupe Punch, a renoncé à installer sa nouvelle usine de composants pour l’industrie automobile sur le zoning de Dour-Elouges, avons-nous appris à bonnes sources. Contacté, Guido Dumarey a confirmé qu’il ne développerait pas ce projet à Dour. Il a choisi un autre endroit pour investir, a-t-il déclaré sans vouloir en dire plus à ce stade.

C’est d’autant plus dommage pour la Région wallonne que le projet était très ambitieux: il portait sur un investissement de 100 millions d’euros et sur la création de quelque 500 emplois. Pour Dour et sa région, c’est la deuxième fois que le coche est loupé en peu de temps: au printemps 2018, le géant allemand de l’e-commerce Zalando avait aussi renoncé à installer un nouveau centre logistique dans cette commune du Hainaut, pour lui préférer une localisation alternative aux Pays-Bas. Sur le plan industriel, la commune qui a pour bourgmestre Carlo Di Antonio (cdH) avait aussi souffert il y a cinq ans, pour rappel, suite à la restructuration décidée par le fabricant de câbles Nexans, également installé à Elouges.

Sites en compétition

Il y a un an et demi, l’information avait "fuité": Guido Dumarey hésitait entre trois sites, Dour en Belgique, ainsi que deux autres emplacements en France et en Allemagne, pour bâtir une toute nouvelle usine.

Après avoir traversé différentes périodes où il avait alterné échecs et réussites, le fondateur de Punch, un groupe spécialisé dans la fabrication de composants pour l’industrie automobile, avait repris une ancienne usine de General Motors à Strasbourg, en Alsace, qui fabrique des boîtes de vitesse automatiques. Il a rebaptisé celle-ci Punch Powerglide et a relancé son activité grâce notamment à un gros contrat conclu avec ZE, qui sous-traite pour les constructeurs automobiles allemands Audi et BMW.

Son nouveau projet d’usines consiste à produire des composants électriques complémentaires pour véhicules hybrides ou électriques. Il y a deux ans, l’entrepreneur avait expliqué qu’il comptait non seulement construire une usine, mais aussi un centre de Recherche & Développement, ainsi qu’un circuit pour tester ses produits. Raison pour laquelle il recherchait une surface importante, de l’ordre de 30 hectares.

Il avait retenu trois sites, avant d’aller demander aux autorités régionales concernées quelle aide chacune serait disposée à apporter au projet. À la Région wallonne, il pouvait compter sur un "package" de mesures de soutien pour environ 11,5 millions d’euros.

Idea croit en l’abandon du projet

Que s’est-il passé depuis lors? Il est vraisemblable que Punch ait mis les trois sites en concurrence. Un des deux autres a pu emporter le morceau en proposant davantage que les autres tout en restant, bien sûr, dans les clous de la législation européenne sur les aides d’État.

Autre hypothèse: il est possible aussi qu’entre-temps, les perspectives de débouchés pour les produits de la future usine aient évolué dans un sens moins favorable à la solution wallonne: si par exemple les constructeurs auto susceptibles d’être intéressés sont eux-mêmes installés plus à l’est du continent.

Chez Idea, l’intercommunale de développement économique de la région de Mons et alentours, compétente entre autres pour le parc industriel de Dour-Elouges, on confirme le renon de Punch, tout en relevant une apparente contradiction avec ce que nous a annoncé Guido Dumarey: pour Idea, Punch a abandonné toute idée de nouvelle usine. Voici ce que le groupe a écrit à Idea: "Les partenariats industriels à mettre en place dans le cadre de ce projet n’ont pu aboutir et, le contexte économique global de l’industrie auto n’étant globalement plus favorable, le projet à Dour ne pourra se concrétiser." Mais, malgré l’invocation du contexte général, peut-être ce texte ne vise-t-il que le cas spécifique wallon.

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