Le constructeur Saab à un doigt de la faillite

La justice suédoise a refusé la demande de protection contre la faillite de Saab. Le constructeur suédois Saab, qui croule sous les dettes, est désormais à la merci des créanciers qui peuvent le pousser au dépôt de bilan.

La justice suédoise a refusé jeudi d'accorder à Saab la protection contre la faillite demandée la veille par la maison mère du constructeur suédois, Swedish Automobile.

"Le tribunal de Vänersborg a aujourd'hui à 14h00 (12h00 GMT) décidé de refuser à Saab Automobile (...) la demande de restructuration volontaire" qu'avait réclamée Swedish Automobile pour tenter de sauver Saab de la faillite, selon un communiqué du tribunal.

Saab Automobile AB et ses filiales, Saab Automobile Powertrain et Saab Tolls, avaient déposé mercredi matin une demande de mise sous protection de la cour auprès du tribunal du district de Vänersborg, en Suède.

"Ce processus volontaire avec la nomination d'un administrateur ad hoc indépendant doit permettre de gagner du temps pour verser les salaires, obtenir des financements à moyen terme et préparer une reprise de la production", annonçait Victor Muller dans un communiqué.

Cinq mois dramatiques

Les doutes sur la capacité de financement de Saab remontaient au mois d'avril: une partie des fournisseurs du constructeur, brandissant de nombreuses factures impayées, avait alors décidé de stopper l'approvisionnement en pièces détachées obligeant Saab à arrêter de sa production.

La marque suédoise a, depuis, encaissé l'échec d'un premier deal aux côtés du constructeur chinois Hatwai. Faute de moyens pour les faire tourner, ses lignes d'assemblage n'ont plus fourni de voitures depuis le mois de juin. Les salaires du mois d'août restent impayés. Le groupe est sous le poids d'un recouvrement de créances déposé par une vingtaine de ses fournisseurs et vient d'annoncer avoir accumulé 201 millions d'euros de pertes au 1er semestre de 2011…

Swedish Automobile aurait pour 100 millions d'euros de dettes à court terme.

Plus de piste Antonov

La piste du financier russe Antonov, prêt à investir 400 millions d'euros dans l'activité suédoise, ayant été abandonnée, Victor Muller n'avait plus qu'une éventuelle issue: les accords de distribution et de production signés avec les Chinois Pang Da et Zhejiang Youngman dont il pouvait espérer tirer, au total, 245 millions d'euros. Mais le problème est que Pékin doit valider le deal, ce qui peut prendre du temps.

"Comment Saab pourrait-il s'en sortir sans argent, sans production, sans rien? Ils n'ont que des rêves. et cela ne suffira pas devant un tribunal", avait conclu mercredi l'avocat Rolf Aabjörnsson, qui avait représenté le groupe en 2009 lors de la mise en faillite artificielle réorganisation qui avait suivi le départ de GM.

Le couperet est tombé.

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