Le marché automobile chinois carbure moins vite, mais sans s'essouffler

©AFP

Les ventes d'automobiles sur le marché chinois, le premier du monde, vont continuer à croître fortement, même si le rythme de cette croissance a connu récemment un ralentissement marqué, estiment les analystes.

Les achats de voitures ont commencé à reculer depuis le début de l'année: après avoir explosé de 124% entre janvier 2009 et janvier 2010, ils ne progressaient plus que de 17,2% en juillet.

Mais les constructeurs étrangers continuent à miser sur le désir de voiture individuelle d'une classe moyenne toujours plus nombreuse en Chine.

"Le marché chinois est immense. Même après la croissance explosive de l'an dernier, il y a toujours un potentiel significatif dans les villes de second ou de troisième rang", alors qu'une part plus importante des citadins des grandes métropoles sont déjà équipés, selon Jenny Gu, analyste du consultant pour l'industrie automobile J.D. Power and Associates à Shanghai.

Au premier semestre 2010, il s'est vendu 9,02 millions de véhicules en Chine, soit 48% de plus qu'un an auparavant, d'après l'Association chinoise des constructeurs automobiles.

Pour l'ensemble de l'année, cet organisme table sur des ventes de l'ordre de 15 millions de véhicules, soit 20% de plus qu'en 2009.

"Les Chinois sont les seuls qui s'en sortent bien", a déclaré à l'AFP Scott Laprise, analyste basé à Pékin de la maison de courtage et d'investissement CLSA.

"Il y a encore de bons chiffres, malgré le fait que le gouvernement n'encourage pas les ventes de voitures. Cela veut dire que la demande est fondamentalement forte", selon lui.

La semaine passée le constructeur chinois BYD a néanmoins réduit de 800.000 à 600.000 véhicules ses objectifs de vente pour 2010, après avoir différé le mois dernier son introduction en Bourse pour 420 millions de dollars.

En 2009, BYD avait vendu près de 450.000 véhicules, soit 70% de plus que l'année précédente.

Le géant américain de l'automobile Ford, qui vient de vendre le suédois Volvo Automobile au groupe chinois Geely, a vu ses ventes chuter de 6,3% en juillet sur un an, mais se veut optimiste.

"La principale raison pour cette chute peut être attribuée au retour de schémas de ventes plus traditionnels après une saison d'été extraordinaire en 2009", explique Ford dans un communiqué.

Grâce à des allègements de TVA pour les petites voitures, les ventes de véhicules en Chine avaient atteint 13,64 millions en 2009, soit pour la première fois plus qu'aux Etats-Unis.

Actuellement, le secteur souffre de la conjonction d'un marché boursier et d'un marché immobilier orientés à la baisse, selon une note de recherche de China International Capital Corp.

Et les aides publiques sont désormais réorientées vers les véhicules propres, alors que la congestion automobile aggrave la pollution dans les grandes villes chinoises.

En juin, des subventions ont été annoncées à titre expérimental pour l'achat de véhicules fonctionnant avec des énergies alternatives dans cinq villes, dont Shanghai. Le gouvernement va aussi aider l'achat de voitures de moins de 1,6 litre de cylindrée consommant 20% de moins que la plupart des véhicules actuels.

Enfin, un programme de plus de 11 milliards d'euros pour accélérer le développement de véhicules économes pourrait être adopté avant la fin du mois, selon le journal Shanghai Security News.

Même sans aides, certains constructeurs profitent encore pleinement de la croissance du secteur: GM, qui produit bien plus que Ford en Chine, a vu ses ventes augmenter de 22,2% sur un an en juillet.

A long terme, l'optimisme des analystes est lié à l'évolution prévue du mode de vie des plus aisés: "Un jour les Chinois préféreront vivrent à l'écart des villes, où l'air est meilleur, où il y a plus d'espace et peut-être une plus belle maison pour moins cher. Le prix à payer sera, bien sûr, de devoir conduire", prédit M. Laprise.

 

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