Le modèle low cost de Dacia, stop ou encore ?

Produite en Roumanie, la Dacia Sandero, ici celle de la génération précédente, est le best-seller de la marque low cost du groupe Renault. ©Bloomberg

La marque automobile qui veut vous en donner pour votre argent lance la troisième génération de son modèle phare, la Sandero. Un modèle qui parie aussi sur... le LPG.

C’est dans une période très particulière que Dacia sort sa nouvelle Sandero, modèle phare de la marque low cost du groupe Renault. Il y a évidemment la crise du coronavirus, mais également le changement de paradigme dans le secteur automobile où chaque gramme de CO2 est compté. Les technologies embarquées dans les voitures deviennent donc de plus en plus chères. Inutile de dire que dans les moyennes de CO2, Dacia n'est pas le meilleur élève.

Y a -t-il encore de la place actuellement pour ces véhicules qui utilisent des technologies éprouvées et amorties ? Plus que jamais, si on en croit Denis Le Vot, actuel directeur commercial du groupe Renault, en charge de la réflexion sur l’organisation de la Business Unit Dacia. "Actuellement, on voit dans le marché que les comportements s’orientent vers la simplicité plutôt que vers le cher", dit-il.

"Actuellement, on voit dans le marché que les comportements s’orientent vers la simplicité plutôt que vers le cher ."
Denis Le Vot
Directeur commercial de Renault

La nouvelle Sandero est la reine de ce créneau. Sur le marché du détail, donc pour la clientèle particulière, la Dacia Sandero (qui se décline également en version crossover Stepway) revendique être la voiture la plus vendue dans de nombreux marchés européens. Elle se situe dans le top 5 des ventes aux particuliers en Belgique.  

Concurrente des occasions

Avec la crise, le marché de l’occasion est en plein boom. Et c’est typiquement le registre qui intéresse la marque roumaine. Elle cible cette clientèle de véhicules d’occasion avec ses voitures neuves qui peuvent rivaliser en termes de prix. La Sandero commence à 9.000 euros en Belgique.

Comment Dacia arrive-t-elle à maintenir les prix si bas ? "Le truc c’est le design to cost", rappelle Denis Le Vot. Les coûts sont à la base de tout dans le développement d’une Dacia qui prend des pièces et technologies "sur étagère" dans le groupe Renault, donc déjà amorties.

Sauf que depuis un certain temps déjà, Dacia tente aussi d’allier un côté cool. Pour la nouvelle Sandero, c'est notamment rendu possible par le fait que Dacia utilise en fait la même plateforme (châssis) que les Renault Clio et Captur, un avantage en termes de coûts et de style.

D’abord le LPG

Dacia sait néanmoins que ce n’est pas suffisant pour rester pertinent dans un monde où la pollution des véhicules est de plus en plus remise en question. La marque mise donc maintenant à contre-courant sur le LPG, le gaz de pétrole liquéfié, avec des versions essence-LPG qui débutent à 12.690 euros.

Ces dernières années, il y a bien eu des tentatives d’imposer le gaz naturel compressé (CNG) dans le secteur automobile mais le LPG était un peu tombé dans l’oubli. Pas pour Dacia, qui a sorti ses calculettes.

La marque mise maintenant à contre-courant sur le LPG.

Pour une berline Sandero, le LPG émet, sur un cycle complet, 11% de CO2 en moins que l’essence et permet 40% d’économies de coûts sur le carburant.  "Le roulage en mode LPG émet très peu de particules fines, avec une réduction de l’ordre de 90% d’émission de ces particules en comparaison avec une version (ou mode) essence", assure-t-on chez Renault Belgique. "Une station sur 4 propose du LPG en Belgique", y estime-t-on.

11
pour cent
Pour une berline Sandero, le LPG émet, sur un cycle complet, 11% de CO2 en moins que l’essence et permet 40% d’économies de coûts sur le carburant.

Le pari est osé, car en Belgique, ce sont surtout des véhicules plus vieux qui roulent au LPG. Sur les trois derniers mois, à peine 350 véhicules neufs au LPG ont été immatriculés chez nous contre plus du double au gaz naturel. Une goute d'eau pour l'un comme pour l'autre.

Puis l’électrique

Mais Dacia espère frapper fort aussi avec son véhicule électrique, le Spring, qui arrivera... au printemps. Une voiture censée "amener une révolution dans l’électrique comme Duster l’a fait dans le SUV". À savoir une voiture bien plus abordable que ce qui se fait actuellement sur le marché. La voiture devrait notamment rapidement intégrer les flottes de véhicules partagés du groupe Renault (Zity).

Pour l'instant, il ne semble donc pas que Dacia passera par la case hybride comme c'est le cas chez Renault, même si Denis Le Vot n'exclut pas d'y passer quand "le moment sera venu".

Pour l'instant, il ne semble donc pas que Dacia passera par la case hybride comme c'est le cas chez Renault (...)

Dacia n'a pas vocation à intégrer des technologies nouvelles du groupe et Renault a beaucoup plus d'expérience dans le véhicule électrique. Sa Zoé tente actuellement de rivaliser avec Tesla en Europe avec 10.000 d'unités vendues par mois actuellement, ce qui bénéficie grandement aux moyennes CO2 du groupe.

La Spring se basera sur la plateforme partagée par la Renault Kwid en Inde et au Brésil ainsi que par la City K-ZE, une petite Renault électrique sur le marché chinois.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, le best-seller de la marque en 2021 doit rester cette Sandero de troisième génération, qui entend rester "l'achat malin et rationnel" de M. et Mme Tout-le-Monde.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés