Le moteur essence qui fonctionne (presque) comme un diesel arrive en Belgique

Le moteur Skyactiv-X de Mazda combine, selon le constructeur japonais, le meilleur des technologies essence et diesel. ©REUTERS

Mazda a développé un moteur essence par combustion spontanée qui fonctionne en quelque sorte comme un diesel et qui "combine le meilleur des deux technologies". Il arrive sur le marché belge et pourrait se faire une belle place dans le climat anti-diesel actuel.

À l’heure où on ne parle plus que d’hybrides et de véhicules électriques, c’est le genre de technologie qui a du mal à se faire une place dans le débat. Pourtant chez Mazda, on en est persuadé: le nouveau moteur de la marque japonaise, ce moteur essence qui fonctionne presque comme un diesel, est plein de promesses.

Dévoilé il y a deux ans, le Skyactiv-X arrive sur le marché belge. Il est disponible dans la nouvelle Mazda 3 et le sera aussi dans le petit SUV, le CX 30. Sa promesse? Une consommation en baisse de 20% par rapport à la première génération du moteur essence de Mazda le Skyactiv-G, soit une consommation de 5,3 litres aux 100 (WLTP).

Ce moteur essence rivalise donc avec les faibles niveaux de consommation et de CO2 des diesels. "Ce moteur Skyactiv-X combine les avantages du diesel et de l’essence. On a la puissance et les émissions de particules faibles, comme dans un essence, avec une consommation plus basse et la meilleure réactivité du diesel", assure Peter Gemoets, le porte-parole de Mazda en Belgique.

Essence vs. diesel

Comment une telle prouesse est-elle possible? Dans un moteur à essence classique, la combustion est obtenue avec des bougies qui enflamment l’essence par propagation, alors que dans le diesel c’est la compression qui détermine la combustion spontanée du carburant.

La technologie diesel est très difficile à utiliser avec l’essence, car il s’agit de contrôler le moment précis de la combustion. "Beaucoup de marques s’y sont essayé, mais il est très difficile de gérer ce moment précis où la combustion a lieu", explique Gemoets.

Le secret dans la bougie

Dans l’essence, la bougie crée la flamme, ici la bougie augmente la pression et avec une petite boule de feu tout s’enflamme en même temps par combustion spontanée.
Peter Gemoets
Porte-parole de Mazda Belgique

Les ingénieurs de Mazda ont trouvé la parade. Le taux de compression est augmenté à son maximum avant la combustion. Il reste une seule bougie par cylindre dans le moteur. Celle-ci ne sert pas à enflammer le carburant, mais à donner une petite flamme pour augmenter la température et la pression et donc, dépasser le seuil de combustion. Cela permet d’augmenter la quantité d’air dans le moteur et de diminuer la quantité de carburant.

Pour arriver au résultat escompté, il y a un capteur de pression dans chaque cylindre le tout aidé par un ordinateur de pointe au cœur du moteur. Il s’agit, en effet, de fournir la puissance au moment précis où elle est nécessaire. 

En d’autres termes, "dans l’essence, la bougie crée la flamme, ici la bougie augmente la pression et avec une petite boule de feu tout s’enflamme en même temps par combustion spontanée", précise Peter Gemoets.

Pour les rouleurs moyens

Le "Skyactiv-X" est disponible dans la nouvelle Mazda 3.

Le Skyactiv-X coûte 1.500 euros plus cher qu’un moteur essence classique. Le moteur n’a pas vocation à être sportif, mais à avoir une bonne réactivité et une conduite agréable. Chez Mazda, on estime que la technologie a tout son sens pour les rouleurs moyens. "Pas pour ceux qui font 40.000 kilomètres, pas pour ceux qui en font 5.000 non plus, mais plutôt pour les clients qui parcourent entre 20.000 et 30.000 kilomètres par an", estime Bert De Vidts, directeur communications et marketing de Mazda.

Evidemment, Mazda est une marque plus confidentielle que BMW, par exemple. Il s’agit donc de faire connaître cette technologie.

Commercialisation d'un modèle électrique en 2020

Mazda aime se définir comme une société d’ingénieurs. On y rappelle que, dans un moteur thermique, à peine 30 à 35% de l’énergie produite est transmise à la force de mise en mouvement du véhicule. On y croit donc encore beaucoup dans les gains d’efficacité des moteurs thermiques. La recherche du moteur idéal est l’un des piliers de la firme basée à Hiroshima.

Les équipes de Mazda sont à pied d’œuvre pour convaincre les entreprises de la pertinence de leur nouveau moteur et de la valeur résiduelle des véhicules qui en sont équipés.

C’est peut-être pour cela que Mazda est l’une des marques qui a le plus traîné à annoncer l’arrivée d’un véhicule électrique. C’est désormais chose faite. Mazda dévoile un véhicule électrique au Salon de Tokyo qui ouvre ses portes cette semaine. Sa commercialisation est prévue pour septembre 2020. Par la suite la marque travaillera avec Denso et Toyota pour développer les technologies de l’électromobilité.

Encore du sens?

Le moteur essence (même s’il fonctionne presque comme un diesel) a-t-il encore du sens dans un monde qui veut électrifier ses voitures vitesse grand V? Chez Mazda on en est persuadé. Jusqu’ici, la dure réalité des chiffres lui donne raison. Les moteurs alternatifs gagnent certes en en importance dans les ventes de véhicules en Belgique, mais la vague anti-diesel s’est d’abord traduite par un shift important vers l’essence.

Le Skyactiv-X serait donc une solution abordable qui arrive à point nommé sur le marché. Le moteur est d’ailleurs un "mild hybrid", car un petit alternateur électrique aide au démarrage. Une batterie lithium-ion entre les deux roues permet de récupérer l’énergie lors des épisodes de frein.

Positionnement sur le marché belge

Avec un moteur à 96 grammes de CO2 (NEDC corrélé), Mazda est bien positionnée sur le marché flamand où la taxation est sensible au CO2.

Avec un moteur à 96 grammes de CO2 (NEDC corrélé), Mazda est bien positionnée sur le marché flamand où la taxation est sensible au CO2. En Wallonie et à Bruxelles, une Mazda 3 correspond peut-être à cette sobriété demandée par les nouvelles équipes gouvernementales.

Mais surtout, la voiture a des argument à faire valoir dans le marché fleet qui ne représente actuellement que 20% à 22% des ventes de Mazda. Les équipes de Mazda sont donc à pied d’œuvre pour convaincre les entreprises de la pertinence de leur nouveau moteur et de la valeur résiduelle des véhicules qui en sont équipés. 

Il en va aussi de l’emploi. Si Mazda n’est pas une très grande marque sur le marché belge, elle possède son centre de logistique européen à Willebroek qui emploie 400 personnes.

Mazda est l’une des seules marques de Belgique qui importe toutes ses voitures (du Japon et du Mexique). Une majeure partie (85%) des véhicules importés en Europe passent par les ports belges, si bien que l’activité génère des taxes d’importation non négligeables pour notre pays.

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