Publicité

Le nouveau CEO de Poppy vise la rentabilité à moyen terme

©Poppy

Le nouveau CEO de Poppy, passé par Take Eat Easy et Doctoranytime, a pour mission de rendre les véhicules partagés de D’Ieteren rentables.

C’est un transfert qui est quelque peu passé inaperçu. Sylvain Niset est devenu le nouveau CEO de Poppy, la filiale de véhicules partagées de D’Ieteren. L’homme est connu de l’univers start-up, car il était l’un des quatre cofondateurs de Take Eat Easy, le Deliveroo belge qui a fermé il y a quelques années. Le jeune entrepreneur a rapidement rebondi en lançant Doctoranytime en Belgique. Une application qui vous permet de trouver rapidement un docteur dans la spécialisation dont vous avez besoin. "Après trois ans, nous avons atteint la rentabilité sur base mensuelle en 2018 et le premier résultat positif sur l’année sera pour 2019", dit celui qui a encore des parts dans l’aventure.

La rentabilité, c’est justement pour cela que Lab Box, la filiale de D’Ieteren a recruté Sylvain Niset. Un défi pour les véhicules partagés dans leur ensemble. Mais peut-on atteindre le seuil de rentabilité assez rapidement à Bruxelles? "Rapidement, je ne pense pas. Il faudra avoir les opérations les plus efficaces possibles et ne pas penser que la demande est forcément gigantesque aujourd’hui. Le focus doit se situer ailleurs. Il faut optimiser les ressources", répond le nouveau CEO.

Jusqu’ici, on entendait souvent chez les concurrents que le problème était surtout un problème d’utilisation. Il fallait convaincre plus de gens. L’utilisation accrue du service allait rendre possible de gagner de l’argent, nous disait-on. Sylvain Niset a une autre approche du problème. Il pense qu’il faut d’abord et avant tout maximaliser l’utilisation des véhicules existants.

Pour rappel, Poppy, c’est une centaine de voitures "propres" partagées à Bruxelles et un peu moins de 200 à Anvers. C’est aussi le premier acteur à permettre de prendre des voitures dans une ville et de les stationner dans une autre. C’est aussi le premier en Belgique à proposer plusieurs moyens de transport dans une seule offre. "Dans la mobilité partagée, le challenge c’est d’avoir toujours la bonne option au bon moment. Il faut avoir un très bon maillage dans la ville en termes d’offre. Cela comprend nos trottinettes ou nos scooters électriques, mais aussi les transports en commun", dit Sylvain Niset.

Couper dans les coûts

Il n’exclut pas d’augmenter un peu la flotte à Bruxelles, mais jamais à la hauteur d’un Sharenow qui a quelque 400 véhicules dans la capitale. "Ajouter simplement des véhicules dans la rue de manière bête et méchante augmente la demande et le chiffre d’affaires, mais nécessite des coûts en même temps. In fine, le risque est de ne jamais rentabiliser tous ces véhicules", insiste le CEO.

Inciter un utilisateur à choisir un autre moyen de transport quand c’est possible est une option. Lui faire prendre une trottinette pour aller jusqu’à une voiture un peu plus loin aussi. "Sur la rentabilité, il faut faire des efforts chirurgicaux sur les coûts. On va redistribuer les voitures dans la ville de manière encore plus optimale. Il faut analyser ce qui a été fait pendant un an et demi d’opérations. Il faut réinventer sa façon de travailler pour devenir rentable", estime le patron.

Pour lui, la rentabilité de Poppy est possible dans les deux à trois ans. Il explique par ailleurs que certaines sociétés de véhicules partagés, comme Citybee dans les pays de l’Est, sont rentables même si cela reste l’exception. Sylvain Niset a sorti sa calculette et il estime que même sans un seul client en plus, la rentabilité n’est pas si loin. Il veut appliquer ses recettes d’optimisation de coûts notamment au niveau des flottes de voitures et des opérations, deux de ses plus gros postes de coûts actuellement. Entre son expérience à Take Eat Easy de société avec une vocation d’hypercroissance et celle de Doctoranytime où il faut apprendre à gérer un budget très serré, Sylvain Niset pense être armé pour le défi que lui a confié D’Ieteren.

La crainte du vandalisme

Avec l’arrivée des scooters et des trottinettes, une autre donne s’invite dans le business model de Poppy: le vandalisme. Les départs de certains quartiers de la capitale des vélos partagés Jump et des scooters Felyx ont prouvé que le vandalisme pouvait faire très mal à ces nouveaux services. Poppy l’apprend aussi à la dure. Ici, on a constaté deux fois plus de vandalisme à Bruxelles qu’à Anvers sur les trottinettes. "Il y a un problème à identifier et à régler. À Anvers, la durée de vie des trottinettes devrait aller au-delà de nos prévisions. La législation à Anvers nous oblige à rentrer les trottinettes le soir, pas à Bruxelles. Comme premier test, on a essayé de les mettre dans la rue. On va peut-être devoir les rentrer dans la nuit, mais ça implique des coûts de logistique évidemment", concède le patron.

L’un dans l’autre, Poppy a 285 voitures entre Anvers et Bruxelles, mais avec les trottinettes et les scooters, ce sont 1.000 véhicules sur les deux villes. Mais ce n’est pas le plus important pour le nouveau CEO qui veut absolument "tout remettre à plat chez Poppy pour rassurer les investisseurs sur le futur".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés