Le Salon de l'auto 2021 est annulé

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Face à l'incertitude sanitaire, il n'y aura pas de Salon de l'auto en janvier. Les marques vont devoir être inventives pour combler un évènement qui représente 20 à 30% des ventes.

L'association sectorielle automobile a travaillé pendant des mois pour éviter cette issue, mais face à l'incertitude sanitaire, la Febiac "doit aujourd'hui conclure que les incertitudes sur l'évolution de la pandémie de Covid ne permettent pas d'organiser un salon "physique" de l'automobile, de la moto et du véhicule utilitaire léger en janvier 2021", a communiqué le directeur du salon, Pierre Lalmand.

Les chiffres actuels de la pandémie rendaient en effet quasi impossible une autre issue pour l'événement, malgré une réticence de nombreux importateurs. Comme le dévoilait L'Écho la semaine passée, la Febiac avait proposé un ultime plan avec une visite linéaire pour une centaine de milliers de personnes contre le demi-million habituel.

La Febiac "a préféré prendre ses responsabilités et reporter l'organisation de son salon à 2022".
Christophe Dubon
Porte-parole de la Fédération belge de l'automobile & du cycle

Après avoir été le dernier salon en Europe avant la pandémie, le salon de janvier aurait été le premier après la pandémie alors que le Salon de Genève de mars était déjà annulé. La Febiac "a préféré prendre ses responsabilités et reporter l'organisation de son salon à 2022".

"Nous comprenons et nous sommes solidaires avec la décision. Ce n'est pas possible d'offrir une visite confortable et agréable aux visiteurs dans les conditions actuelles", indique Jean-Marc Ponteville, porte-parole de D'Ieteren Auto.

Officiellement, le Salon est donc reporté d'un an, à janvier 2022. Reportant à 2023 la centième édition, pour laquelle il se murmure que la Fédération voulait mettre les petits plats dans les grands.

Dynamique commerciale

L'absence de salon va secouer la dynamique commerciale habituelle du secteur. Nul doute que les vendeurs de voitures vont rivaliser d'ingéniosité pour quand même montrer leurs modèles aux clients potentiels et rappeler que dans leur esprit, janvier est le moment opportun pour changer de voiture. "Le salon représente 20 à 30% du chiffre d'affaires annuel des marques. Nous espérons que les marques vont connaître une année 2021 qui leur permettra de sortir la tête hors de l'eau", détaille Christophe Dubon, porte-parole à la Febiac.

Les marques auront en effet un budget à dépenser en marketing suite à l'annulation du salon. Dans la foulée de l'annonce, BMW a annoncé que "si le client ne pouvait pas venir au salon, le salon viendrait à lui." Les nouveautés seront exposées dans les 67 concessionnaires belges de BMW, Mini et BMW Mottorad. Le réseau fera des conditions salon en janvier comme chaque année, alors que BMW a investi dans ses outils digitaux pendant toute la période du coronavirus.

"Nous allons faire le salon chez les concessionnaires et en ligne. Nous continuerons d'associer la période de janvier à la période des bonnes affaires."
Jean-Marc Ponteville
Porte-parole de D'Ieteren Auto

Même topo chez D'Ieteren Auto. "Nous allons faire le salon chez les concessionnaires et en ligne. Nous continuerons d'associer la période de janvier à la période des bonnes affaires", insiste Ponteville. Hyundai qui avait décidé avant tout le monde de ne pas participer à un éventuel salon s'oriente vers une solution hybride "avec de l'événementiel ciblé, des investissements dans le marketing digital et les activations dans le réseau".

L'absence de salon est particulièrement dommageable pour les plus petites marques qui profitaient de la visibilité du salon pour attirer une clientèle qui ne serait pas venue naturellement chez eux. Peter Gemoets, PR manager de Mazda Motor nous le confirme. "C'est clair que l'on va devoir être inventif, mais le digital sera d'autant plus important", dit-il.

Chez D'Ieteren Auto on sait en tout cas que l'absence de salon devrait avoir un impact sur les ventes, même si on espère "limiter les dégâts". Le salon sert aussi de vitrine technologique et certains clients attendront peut-être pour échanger leur vieille voiture, ce qui n'est "pas bon pour la qualité de l'air", rappelle Ponteville.

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