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D'Ieteren rompt avec la tradition, mais Stellantis sauve le salon

Stellantis participera au Salon de l'Auto l'an prochain, sauvant celui-ci. ©BELGA

C'est désormais officiel, le Salon de l'Auto 2022 est sauvé et se tiendra du 14 au 23 janvier prochain. Mais sans D'Ieteren Auto, ni Volvo et vraisemblablement Mazda.

Les constructeurs automobiles ont tranché concernant le prochain Salon de l'Auto. Après une semaine pendant laquelle son organisation était fortement menacée, la Febiac confirme ce que nous annoncions ce jeudi soir. La 99e édition de la grand-messe de la mobilité aura bel et bien lieu. Ces dernières années, le salon attirait de 400.000 à 500.000 visiteurs, ce qui en fait la plus grande foire du royaume.

Ces derniers jours, tous les regards étaient tournés vers le groupe Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën, Opel, DS, Jeep, Alfa Romeo, Maserati), après que D'Ieteren, leader du marché automobile belge avec 23,5% des parts (VW, Audi, Skoda, Seat, Porsche, Bentley, Lamborghini), a fait comprendre qu'il ne comptait pas participer au salon. Une tuile, alors que l'importateur exclusif du groupe Volkswagen en Belgique occupait deux palais complets lors de la dernière édition sur le palais du Heysel.

"Avant le covid, un tiers du volume du marché venait du salon automobile. Le salon reste un élément incontournable de notre stratégie."
Dominique Fontignies
Directeur communications de Stellantis Belux

Stellantis nous confirme ce vendredi qu'il sera présent avec l'ensemble de ses marques présentes sur le marché belge. "Le salon reste la vitrine du secteur automobile en janvier. Avant le covid, un tiers du volume du marché venait du salon automobile. Le salon reste un élément incontournable de notre stratégie", estime Dominique Fontignies, directeur communications de Stellantis au Belux.

Du côté de la Febiac, on ne veut pas communiquer le nom des présents et des absents. "La plus grande partie des marques seront présentes. Si on s’inscrit dans le plus grand événement de Belgique, il faut que l’on soit crédible", indique Gabriel Goffoy, directeur communication de la Febiac.

70%
du marché
Avec Stellantis, Renault, BMW, Mercedes-Benz, Ford, etc., près de 70% du marché automobile devrait être présent. Volvo et D'Ieteren Auto ne viennent pas. L'inconnue subsiste sur Mazda, Jaguar Land Rover ou Tesla.

D'Ieteren Auto nous confirme néanmoins qu'il ne sera pas présent à l'événement, avec aucune de ses marques. C'était déjà connu pour Volvo. L'un dans l'autre, il nous revient que des marques représentant près de 70% du marché ont confirmé leur présence. Renault, BMW, Mercedes-Benz, Ford, les marques vendues par Alcopa (Hyudain, Suzuki, etc.), devraient toutes être présentes.

Mazda aurait décliné, mais pourrait encore changer d'avis avec la participation de Stellantis. Une décision est également attendue dans les prochains jours pour Jaguar Land Rover, ce qui ferait passer les participants au-delà des 70% de présents.

Si Volvo ne sera pas présente, sa marque cousine et électrique Polestar devrait être du salon, si bien que cela pourrait pousser Tesla à investir également les palais du Heysel, une question encore en suspens.

Une nouvelle histoire électrique

"Les véhicules ont fortement évolué ces deux dernières années, notamment dans l'offre des motorisations alternatives et de la connectivité. Plus que jamais, il est primordial d’informer le grand public, mais aussi les autorités et les médias des avancées effectuées par notre secteur, notamment sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique et l’amélioration de la qualité de l’air", estime Andreas Cremer, le CEO de la Febiac.

"Nous ne sommes pas un salon de la mobilité. Le salon sera principalement un salon de l’auto, de la moto et du véhicule utilitaire léger."
Gabriel Goffoy
Directeur communication de la Febiac

À ce jour, 60 modèles entièrement électriques et 180 modèles électrifiés sont déjà offerts par les marques en Belgique. Il s'agit maintenant de convaincre un maximum de clients de sauter le pas. Le salon tranche un peu avec les éditions récentes. "Nous ne sommes pas un salon de la mobilité, même si évidemment nous sommes favorables à une mobilité multimodale et à la mobilité comme un service. Le salon sera principalement un salon de l’auto, de la moto et du véhicule utilitaire léger", dévoile Goffoy.

Comme nous l'expliquions il y a plusieurs jours, le salon prendra une forme classique. "Les mesures prises par les Régions pour assurer un taux de vaccination le plus élevé possible confortent notre capacité d'assurer le bon déroulement de notre événement", indique Pierre Lalmand, directeur du Salon. L'événement s'adaptera donc aux mesures en vigueur en janvier et n'annonce donc pas encore un covid safe ticket.

Focus sur le marché particuliers

Le Salon est aussi l'outil par excellence pour le B2C, essentiel pour des marques comme Renault, Ford ou Citroën et Peugeot.

Le marché automobile souffre très fort dans le segment de vente aux particuliers depuis le début de la pandémie. C'est un des arguments qui a poussé D'Ieteren Auto à ne pas venir cette année. Les constructeurs espèrent grâce au salon convaincre les particuliers belges de repasser en "mode achat".

Au Salon de l'auto, les marques établissent des contacts avec des clients potentiels qu'elles redirigent vers les concessions. Mais internet joue également de plus en plus ce rôle. Le budget de D'Ieteren ne sera donc pas économisé, mais réalloué vers ce canal.

Denis Gorteman, CEO de D’Ieteren Auto: "L’absence de salon en janvier n’a pas eu d’impact"

D’Ieteren Auto ne participera pas au salon, pourquoi ?

Les conditions n’étaient pas remplies, et nous avons tiré les conclusions de l’absence de salon 2021. Elle n’a pas influencé, selon nos analyses, le niveau de marché ou de nos ventes à la hausse ou à la baisse.

Cela veut-il dire que vous remettez en cause une participation à l’avenir?

Nous tirerons nos conclusions l’année prochaine. Cette année, les ventes et les rendez-vous en concession étaient beaucoup plus qualitatifs et permettaient aux clients d'avoir de meilleures informations. Avec tous les changements et l’évolution de l’électromobilité ou de la taxation, le client attend beaucoup d’informations. C’est difficile de répondre à cela sur un salon.

La vente en ligne a-t-elle influencé votre décision ?

Le client trouve de plus en plus d’informations fiables et de qualité avant de venir en concession. Cependant, très peu de Belges sont déjà prêts à appuyer sur le bouton "buy" à domicile pour une voiture. C’est tout à fait logique au regard de toutes les questions fiscales ou de technologie.

N’est-ce pas dangereux pour des marques comme Seat et Skoda de ne pas être présentes?

Par le passé, les petites marques profitaient plus d’un salon que les grandes. Mais tous les concessionnaires représentent nos cinq marques. Nous n’avons plus de petite marque chez D’Ieteren Auto.

Vous conserverez la dynamique commerciale?

Oui, les mois de janvier et février restent très forts.

Le marché de la vente aux particuliers a fortement souffert, n’est-ce pas un risque de ne pas aller au salon dans ce contexte?

Le B2B prime de manière forte sur le marché. Nous pensons aussi qu’au niveau des particuliers, il reste pas mal d’incertitudes et qu’elles seront encore là en janvier. C’est l’une des raisons de notre absence. Les professionnels sont moins demandeurs d’un salon. Ils adorent se retrouver, mais cela peut se faire ailleurs.

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