Le secteur du leasing est en difficulté

©REUTERS

L’an dernier, les plus grandes sociétés de leasing automobile belges ont vu leurs bénéfices plonger de 40%. En cause: la mauvaise image du diesel et le difficile marché des voitures d’occasion.

L’âge d’or du secteur du leasing automobile belge semble toucher à sa fin. L’an dernier, les cinq plus grandes sociétés de leasing du pays ont réalisé 112 millions d’euros de bénéfice d’exploitation, une baisse de 25% par rapport à 2017, montrent les rapports annuels. Et le bénéfice net de ces sociétés se monte à 67 millions d’euros, soit un recul de 40%.

Malgré tout, le chiffre d’affaires de ces cinq grands acteurs a augmenté l’an dernier suite à une légère hausse du marché du leasing. La baisse des bénéfices s’explique en grande partie par les difficultés rencontrées sur le marché des voitures d’occasion, où le secteur écoule ses véhicules. Le diesel gate a aussi pesé sur la popularité des voitures diesel. Résultat: les sociétés de leasing ont beaucoup plus de mal à revendre les voitures en fin de contrat.

"Une partie de nos voitures sont vendues aux Pays-Bas et en Allemagne, où les normes d’émissions de CO2 ont été renforcées et où de nombreuses villes veulent interdire les voitures au diesel. Les prix chutent et nous le sentons", explique Erwin Ollevier, directeur général d’Athlon.

"Dans le passé, tout le monde aimait s’acheter une voiture. Mais avec les problèmes de mobilité, de nombreux clients se demandent si cela en vaut encore la peine."
Erik Swerts
Alphabet

L’an dernier, le leader du marché, ALD Automotive, s’est même retrouvé dans le rouge. Son patron Miel Horsten explique ces résultats négatifs par la mise en place d’une nouvelle méthode d’amortissement. Mais les comptes annuels de l’entreprise ne laissent planer aucun doute sur les difficultés rencontrées par ALD sur le marché de l’occasion. Alors qu’en 2017, elle enregistrait une perte de 37 euros par voiture vendue, elle a perdu 342 euros par véhicule l’an dernier.

"Dans le passé, tout le monde aimait s’acheter une voiture, explique Erik Swerts d’Alphabet, la filiale de leasing de BMW. Mais avec les problèmes de mobilité, de nombreux clients se demandent si cela en vaut encore la peine. Ils se montrent beaucoup plus hésitants qu’auparavant."

Certaines entreprises prolongent de quatre à cinq ans la durée des contrats de leurs voitures en leasing. "Les gens roulent moins et gardent leur voiture plus longtemps, renchérit Horsten. S’y ajoutent les incertitudes à propos de la mise en place du budget mobilité et sur le plan de la fiscalité. Les commandes sont donc reportées."

Fini les prix agressifs

La plupart des sociétés de leasing ne s’attendent pas à une nouvelle baisse de leur rentabilité en 2019. Les leasings restent très demandés: au cours des huit premiers mois de 2019, 216.000 véhicules ont été immatriculés en Belgique, autant qu’au cours de la même période en 2018.

Mais alors que les années précédentes, les sociétés de leasing avaient mené une politique de prix agressive pour augmenter leurs parts de marché, elles se penchent aujourd’hui davantage sur le principal risque: l’évaluation de la valeur résiduelle des voitures.

"L’époque où on pouvait avoir une plus belle voiture pour moins cher est clairement révolue."
Erwin Ollevier
directeur général d’Athlon

"Auparavant, les conducteurs pouvaient obtenir des véhicules de mieux en mieux équipés pour le même prix. C’est fini. L’époque où l’on pouvait avoir une plus belle voiture pour moins cher est révolue", annonce Erwin Ollevier.

"Les prix du leasing n’augmenteront pas, souligne Swerts d’Alphabet, mais de nombreuses entreprises continuent à travailler avec des voitures au diesel, avec l’alourdissement de la fiscalité sur le CO2, il est possible que les employés, à budget identique, doivent se contenter d’une moins belle voiture qu’il y a deux ans."

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