"Le véhicule électrique représentera 25% d'ici 2025"

©EPA

La baisse de popularité du diesel donne un nouvel argument à l'électrification des voitures au salon de Genève. Celui-ci ouvre ce mardi pour la presse.

Le salon automobile de Genève, qui ouvre ses portes ce mardi à la presse, débute sur une note contrastée. Certes, les ventes n’ont jamais été aussi bonnes, mais la mauvaise presse faite au diesel conjuguée à l’électrification des véhicules et les craintes du retour de politiques protectionnistes font planer beaucoup de questions sur le secteur automobile.

"L'augmentation des hybrides rechargeables peut clairement compenser la diminution du diesel"
Wilko Stark
Directeur stratégie de Daimler

Le diesel qui sera banni progressivement de certaines villes, discrédité par le scandale Volkswagen, perd en importance dans les ventes des constructeurs en Europe. Le problème, c’est qu’ils comptaient dessus pour diminuer leurs moyennes CO2 qui doivent atteindre le seuil de 95 grammes pour 2021 contre 135 grammes en 2015. Le passage du diesel vers l’essence rend la moyenne de CO2 plus élevée.

"C’est un défi. D’un côté on voit une diminution des moteurs diesel. Mais on voit aussi une grosse augmentation des hybrides rechargeables qui peut clairement compenser la diminution du diesel. Chez Mercedes-Benz, on n’a presque pas connu de diminution en pourcentage de diesels jusqu’ici, même si on sait que l’industrie connaît ce problème", nous répond Wilko Stark à la tête de la stratégie chez Daimler. Mercedes-Benz propose d’ailleurs un diesel hybride sur son stand ainsi qu’un véhicule à pile à combustible, pour avoir toutes les options en portefeuille.

Lundi, à la veille de la première journée presse du salon de l’automobile de Genève, la Volvo XC 40 a été élue voiture européenne de l’année. Une bonne nouvelle pour la Belgique alors que le véhicule est produit à Gand. ©AFP

Dans l’industrie, quasi toutes les marques prennent encore aujourd’hui la défense du diesel expliquant à cor et à cri que les dernières générations de diesel ne sont plus un problème. Un message difficile à attendre par les consommateurs qui craignent avant toute chose que leur portefeuille soit impacté par une perte de valeur de leurs véhicules.

Certaines marques ont arrêté le combat comme Toyota, pionnier des motorisations hybrides essence-électrique, qui a déclaré en marge de l'ouverture du salon qu'elle ne vendra plus de voitures diesel en Europe à partir de la fin de cette année.

L’électrification est la clé entend-on ici et là. Les investissements colossaux pour électrifier les gammes sont une autre grosse question du salon. Certaines marques sont plus aptes à les réaliser que d’autres. Et ces investissements peuvent donc poser question sur leurs retombées. Après tout, Tesla ne gagne pas d’argent se rappelle-t-on dans les "medias nights" qui ouvrent officieusement le salon la veille de la journée presse.

"Une nouvelle génération veut contribuer à une meilleure qualité de vie dans les villes. On est sold-out, on n’arrive pas à répondre à la demande pour nos Smart EQ"
Annette Winkler
CEO de Smart

"On table sur le fait que le véhicule électrique représentera 25% d’ici 2025. Mais c’est difficile à prédire et ce sera très différent d’une région à l’autre. On veut être 100% flexibles et produire les différents types de véhicules sur les mêmes lignes. Personne ne sait vous dire avec certitude l’ampleur que prendra le marché électrique", détaille Wilko Stark de chez Daimler.

La société a décidé que Smart deviendrait entièrement électrique il y a un an. En Europe, ce sera pour 2020, ailleurs, cela prendra plus de temps. "Une nouvelle génération veut contribuer à une meilleure qualité de vie dans les villes. On est sold-out, on n’arrive pas à répondre à la demande pour nos Smart EQ", s'enthousiasme Annette Winkler, la dynamique CEO de Smart qui compte accroître ses capacités de composants électriques. Mercedes va investir 10 milliards d’euros dans les voitures 100% électriques. 50 voitures électrifiées seront présentes d’ici 2022 dans le portefeuille.

Enfin l’autre grosse actualité du salon sera la montée de Geely, propriétaire de Volvo, dans Daimler à hauteur de près de 10%. Le groupe automobile chinois prouve que le pays ne compte pas rester les bras croisés et avoir son mot à dire sur la planète automobile.

Le salon de Genève qui devrait accueillir dans les 700.000 véhicules est aussi un salon particulier. Il attire en général toute l’industrie et les patrons qui viennent voir ce qui se fait chez la concurrence. Salon du luxe par excellence, il compte ainsi toutes les marques de luxe du secteur. À deux pas de l’aéroport de Genève, les clients des Maserati, Bugatti et consorts font le déplacement. Bien loin des enjeux sociétaux du véhicule pour les masses, le segment du luxe se porte très bien, comme nous l’a confirmé Andrew Palmer de chez McLaren. Sa société tourne à pleine capacité avec 4000 voitures produites par an. Les plus chères d’entre elles sont déjà commandées avant mêmes d’avoir été officialisées.

©AFP

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