Les ancêtres automobiles, une valeur spéculative qui rapporte

©Thomas De Boever

Le boom des "old timers" ou "ancêtres" oscille entre passion et soif d’investissements juteux.

"Mieux qu’acheter de l’or, achetez des voitures classiques". Le titre de ce livre qui fait référence sur le marché des "ancêtres" ou "old timers" en dit long. Le boom en prix des voitures classiques ne semble pas discontinuer.

Selon le dernier indice disponible, le Hagi Index développé par la société indépendante Historic Automobile Group International, le prix des véhicules classiques d’exception a presque triplé en l’espace de six ans. L’indice qui a débuté à 100 au 31 décembre 2008 se situait fin avril à 286. L’indice qui exclut les Porsche et les Ferrari se situe lui à 268. "Il y a tellement d’argent dans le monde. Des tableaux partent à 300 millions de dollars. Qu’est-ce que c’est alors une voiture à deux millions ?", nous dit le trader Erwin Beerens (voir ci-dessous). "Les gens se disent par exemple "avec Fortis on a beaucoup perdu, autant acheter une voiture avec laquelle on peut s’amuser". Il y a tellement de rallyes aujourd’hui que c’est une activité vraiment sympa", ajoute-t-il.

Depuis 6 ans, la hausse des prix est soutenue dans les véhicules classiques.

Passionnés et traders témoignent du phénomène.

Les old timers semblent s’imposer comme produit de luxe et d’investissement.

À côté de l’art, le marché des ancêtres semble donc bel et bien être devenu une valeur qui a le vent en poupe chez les investisseurs. Et si la progression est déjà forte elle pourrait connaître un nouvel épisode avec l’ouverture du marché chinois à ces véhicules.

Le marché des "old timers" est articulé entre les maisons de vente comme Bonhams, les marchands ou traders spécialisés et des particuliers qui constituent la base historique de ce marché.

Aujourd’hui, il y aurait 180.000 ancêtres immatriculés en Belgique avec une progression de 5%. Des chiffres évidemment à prendre avec des pincettes car il existe de "faux ancêtres" des voitures des années 80 utilisées pour des trajets quotidiens ou même des tracteurs immatriculés comme ancêtres. La législation en la matière est actuellement en cours de révision.

La rareté est par contre très différente en fonction du type de voitures. "Quand tu vois que des Porsche 911 du début des années 80 ont doublé de prix alors qu’il y en a énormément sur le marché, c’est dangereux", dit Beerens. Il nous explique d’ailleurs que des voitures non rénovées valent aujourd’hui des sommes incroyables car leur nombre se réduit à peau de chagrin. Pour plusieurs interlocuteurs, il se pourrait d’ailleurs bien que les voitures actuelles "trop parfaites" ne deviennent jamais des "old timers". Électronique et plastique seraient des composants qui vieilliraient trop mal pour être conservés et le charme de ces vieilles voitures est de pouvoir être montées et démontées par des amateurs.

En attendant, sur certains types de voitures, il se dit que des investisseurs essayeraient déjà de contrôler le marché à l’instar de ce que certains collectionneurs ont réussi à faire sur le marché de l’art. Ce qui est évidemment d’autant plus facile quand le stock mondial pour un modèle particulier est d’une cinquantaine de véhicules…

©Thomas De Boever

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