Les associations climatiques se préparent au salon automobile de Bruxelles

Un mois avant l'ouverture du salon automobile de Bruxelles, plusieurs associations climatiques demandent la régulation, voire l'interdiction de la publicité automobile. ©Photo News

On a déjà un avant-goût du bras de fer qui se jouera entre les organisateurs du salon de l'automobile, qui s'ouvrira le 10 janvier, et des associations actives dans la mobilité durable ce jeudi à Woluwé. Ces dernières veulent que l’on interdise la publicité automobile.

Alors que le traditionnel salon de l’automobile de Bruxelles ouvrira ses portes le 10 janvier, les organisateurs s’attendent à des actions des diverses organisations de la défense du climat. Et on en a déjà un avant goût.

La Febiac, la fédération sectorielle organisatrice de l’événement, organise sa conférence de presse en prélude au salon ce jeudi matin. Elle y détaille en général les particularité de l’édition à venir, le nombre de nouveautés, les événements etc. Mais, une coalition d’associations et de mouvements citoyens actifs dans la mobilité durable s'est déjà fait entendre.

Réguler, voire interdire la pub automobile?

Ces associations ont demandé ce jeudi à ce que la publicité pour les voitures soit régulée. Elles regrettent ainsi que le gros des publicités vont aux voitures "rapides et massives", et ce en contradiction totale avec l’urgence climatique actuelle. "Leur objectif est de générer le désir d’achat d’un des 'produits phares' des constructeurs automobiles, c’est-à-dire ceux qui leur assurent les marges bénéficiaires les plus confortables. Ce désir d’achat est alimenté à dessein par des plus-values symboliques attribuées aux véhicules et notamment aux véhicules les plus tendance du moment, les SUV", dénoncent les associations.

Elles espèrent que la publicité automobile sera purement et simplement interdite dans le futur. À défaut, on demande à ce que les publicités pour des voitures émettant plus de 95 grammes de CO2 par kilomètre soient interdites, ainsi que pour tout véhicule dont le poids, la puissance et la vitesse sont excessifs et dont la forme de la face avant est dangereuses pour les autres (la grande majorité des SUV se retrouvent dans ces critères d’exclusion).

À la Febiac, on prépare ses arguments. La fédération estime notamment que la part du CO2 des véhicules est faible dans les émissions totales belges. Les associations réfutent cette hypothèse et indiquent qu’un quart des émissions de CO2 belge en 2016 étaient imputables au transport routier. La Febiac compte également profiter de sa conférence de presse pour rappeler que ce salon 2020 sera celui de l’électrification. L’essentiel des marques proposeront en effet voitures électriques et hybrides sur leurs stands.

Craintes d'actions

Le dernier salon automobile de Francfort, qui se tenait en septembre dernier, a été marqué par plusieurs manifestations, notamment contre les voitures équipées de moteurs à combustion. ©EPA

Au dernier salon de Francfort, environ 20.000 manifestants avaient bloqué l’accès au salon. "On est bien conscients que ce type d’happening peut se passer sur le salon. On en a déjà connus par le passé avec Greenpeace notamment. Notre politique est toujours la même: celui qui a un message à faire passer peut le faire tant que cela se fait de manière correcte", explique Christophe Dubon, porte-parole de la Febiac.

Le secteur est tout de même un peu inquiet de la présence d’Extinction Rebellion dans les rangs des associations présentes. La Febiac insiste qu’elle sera intraitable sur la sécurité et sur l’obligation de respect entre les différents points de vue.

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