Les avocats de Carlos Ghosn prônent l'abandon des poursuites

Libéré de prison le 25 avril dernier (photo), Carlos Ghosn se trouve depuis en résidence surveillée. ©AFP

"Dossier monté de toutes pièces". "Affaire politiquement dirigée". À l'heure d'une audience préliminaire, les avocats du patron déchu de Renault-Nissan Carlos Ghosn appellent à classer le dossier.

Une audience préliminaire se tenait ce jeudi à Tokyo avant l'ouverture du procès de Carlos Ghosn en avril 2020. Accompagnés de l'ancien patron de Renault et Nissan, les avocats ont présenté leurs arguments. Ils appellent purement et simplement à l'abandon des poursuites contre le magnat déchu de l'industrie automobile.

Les arguments des avocats 

L'affaire elle-même est illégale. Elle doit être considérée comme un abus de pouvoir et être classée sans suite.
Junichiro Hironaka
Avocat de Carlos Ghosn

"Notre principal argument est que cette affaire est montée de toutes pièces", a résumé, lors d'une conférence de presse à Tokyo, Junichiro Hironaka, l'un des principaux avocats japonais de Ghosn aux côtés de Hiroshi Kawatsu et Takashi Takano.

"Avant de discuter de culpabilité ou d'innocence, nous disons que l'affaire elle-même est illégale. Elle doit être considérée comme un abus de pouvoir et être classée sans suite", a insisté Junichiro Hironaka.

Les défenseurs de Carlos Ghosn dénoncent des inculpations qui seraient "politiquement motivées et fondamentalement biaisées" depuis le début. "Cette affaire n'aurait jamais dû donner lieu à des poursuites pénales."

Ils affirment avoir soumis à la cour deux mémoires qui détaillent ces "nombreux et graves manquements commis par les procureurs" et des "faits précis" prouvant l'innocence de leur client.

Près d'un an de feuilleton

Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn était arrêté à son atterrissage à Tokyo, avec son bras droit Greg Kelly. Le dirigeant franco-libano-brésilien, aujourd'hui âgé de 65 ans, est soupçonné d'avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2015. Il est alors accusé de malversations financières.

Un mois plus tard, de nouvelles accusations sont énoncées: Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir tenté de faire couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels en 2008. 

900.000
euros
Rachida Dati aurait touché 900.000 euros d'honoraires en tant qu'avocate pour des activités de consultance auprès de la filiale néerlandaise de Renault-Nissan entre 2010 et 2012.

En janvier, l'abus de confiance pour avoir minoré les revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018, est ajouté au dossier.

Le 5 mars, un juge accepte sa libération sous caution (8 millions d'euros) avec une interdiction de quitter le Japon. Mais cette libération sera de courte durée.

Début avril, il est à nouveau arrêté, accusé cette fois d'avoir utilisé 5 millions de dollars pour son bénéfice personnel. Il sera à nouveau libéré le 25 avril. Depuis, il se trouve en résidence surveillée.

L'enquête

Mais l'enquête se poursuit tant au Japon qu'en France, où le bureau et le domicile de la maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, ont été perquisitionnés la semaine dernière.  

L'enquête porte sur des "abus de biens sociaux" et de la "corruption". Rachida Dati et le criminologue Alain Bauer auraient facturé des prestations de conseils à la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, RNBV; et ce du temps de Carlos Ghosn. Selon une source proche du dossier, l'ancienne Garde des Sceaux – qui nie toute irrégularité – aurait touché 900.000 euros d'honoraires en tant qu'avocate entre 2010 et 2012. Alain Bauer aurait, quant à lui, touché un million d'euros entre 2012 et 2016 pour des activités de consultance.

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