Les constructeurs automobiles en passe d'éviter les amendes CO2

Les voitures électriques comptent double dans les moyennes. ©Opel

Les groupes automobiles devraient arriver à éviter les amendes et atteindre leurs objectifs CO2 fixés par l’Union européenne, ressort-il des calculs de Transport & Environnement.

"Nous ne voulons pas payer un euro d’amende. Un gramme de CO2 de trop va coûter entre 300 et 400 millions d’euros. On préfère donner cet argent aux clients qu’à la Commission européenne." Cette sentence bien sentie, on l’entendait dans la bouche de Jean-Philippe Imparato, le patron de Peugeot en mars 2019.

Selon les calculs de T&E, BMW, PSA et Volvo sont déjà conformes aux objectifs de 2020-2021.

18 mois plus tard, on s’aperçoit que l’homme n’avait pas menti. Le groupe PSA qui regroupe les marques Peugeot, Opel et Citroën caracole en tête des constructeurs automobiles en ce qui concerne les objectifs d'émissions de CO2 de la flotte vendue. C’est ce qu’il ressort d’une analyse détaillée de Transport & Environnement (T&E) sur les ventes de véhicules au premier semestre 2020.

"Malgré la pandémie, les ventes de véhicules électriques (VE) ont bondi depuis le 1 er janvier, alors que les normes d’émissions entraient en vigueur. Elles devraient atteindre 10% cette année, puis 15% en 2021", détaille l’ONG qui n’est pourtant pas réputée pour ménager les constructeurs automobiles.

Conformité aux normes CO2

Selon les calculs de T&E, BMW, PSA et Volvo sont déjà conformes aux objectifs de 2020-2021. Fiat Chrysler (FCA) arrive aussi à cette prouesse, car la marque a un accord avec Tesla pour que leurs voitures soient comptées ensemble.

Renault, Nissan, l’ensemble Toyota-Mazda et Ford n’ont qu’un petit écart de 2 grammes de CO2 par km à combler. "Plus à la traîne, le groupe Volkswagen (5 g), Hyundai-Kia (7 g-3 g), Daimler (9 g) et Jaguar-Land Rover (13 g) devraient parvenir à l’objectif, soit par le biais de leurs stratégies de conformité qui consistent à vendre plus de VE, soit en mutualisant leurs émissions avec d’autres entreprises, ou encore les deux", estime T&E.

Les marques premium comptent beaucoup sur les plug-in hybrides pour réaliser leurs objectifs.

L’un dans l’autre l’ONG estime que tous constructeurs devraient donc arriver à ne pas payer d’amendes sur leurs moyennes de CO2. Les stratégies diffèrent évidemment d’un constructeur automobile à l’autre.

Tout le monde compte sur ses voitures électriques et autres voitures qui affichent des émissions catalogues de moins de 50 grammes par kilomètre. Elles valent près du double dans les moyennes. C’est tout particulièrement le levier utilisé par Renault Nissan avec l'électrique. Les marques premium comptent beaucoup sur les plug-in hybrides pour réaliser leurs objectifs.

Ces prouesses arrivent évidemment dans une année très particulière pour l’automobile qui est lourdement affectée par la crise du coronavirus. En Europe, les ventes de voitures sur 8 mois sont en baisse de 32% en 2020. Le groupe PSA, premier en termes d’avancées sur les objectifs CO2, voit en même temps ses ventes se contracter de 38,3% sur 8 mois dans l’Union européenne. Les accomplissements en termes de CO2 viennent donc aussi d’un assainissement du catalogue de modèles et de versions.

Objectifs moins ambitieux pour 2025

La crainte chez T&E est que ce bel élan pour les véhicules électriques s’essouffle "l'année prochaine à cause d'objectifs beaucoup moins ambitieux pour 2025 et 2030". "On prévoit une croissance moyenne annuelle de seulement 7% entre 2021 et 2024. Il y aura un saut à environ 20% du marché à nouveau en 2025 quand les constructeurs devront respecter les objectifs à nouveau, mais les ventes de voitures électriques ralentiront encore entre 2026 et 2029", détaille à ce titre Pierre Dornier, de chez T&E.

"Nous avons dû assainir le catalogue"

C’est en grandes pompes qu’Opel Belgique présentait, la semaine passée, à la presse sa nouvelle Mokka, une voiture atypique qui doit imprimer le renouveau de la marque allemande. Car Opel souffre dans les chiffres de ventes. Dans un marché belge de la voiture neuve en baisse de 24%, les immatriculations d’Opel sont en baisse de 43% sur 9 mois. Soit la pire performances des 25 premières marques en Belgique. Mais cette tendance n’est pas typique à la Belgique et se retrouve pour Opel sur l’ensemble du continent. C’est moins grave "si on regarde aussi les utilitaires", précise d’emblée Michel Vercruyssen patron d’Opel en Belgique.

"Notre priorité est d’atteindre les objectifs CO2. C’est une obligation pour ne pas payer des amendes. Nous avons dû éliminer pas mal de problèmes dans la gamme et nous sommes maintenant en avance sur le CO2", ajoute le patron.

La petite Opel Adam ou l’Opel Cascada, par exemple, sont sorties des catalogues. Opel compte maintenant sur son best-seller Corsa, sa nouvelle Insigna avec des motorisations plus efficientes ou encore sur ses SUV, comme la nouvelle Mokka. Comme dans tout le groupe PSA, la plupart de ces véhicules offrent différentes motorisations électriques, hybrides et thermiques. La nouvelle Mokka sera essence, diesel ou électrique.

"Nous sommes prêts à livrer les véhicules électriques si la demande des clients suit", indique Wim Verloy, manager communication chez Opel. La Mokka électrique débutera à 36.200 euros, contre 22.600 euros pour la version essence.

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