Les constructeurs automobiles n'ont plus les moyens de faire cavaliers seuls

Les patrons des groupes Daimler et BMW, Dieter Zetsche et Harald Krueger, côte à côte. ©Bernd von Jutrczenka/dpa

BMW et Daimler, concurrents de toujours, travaillent désormais ensemble dans la voiture autonome et les services de mobilité. Les investissements nécessaires dans l’auto sont colossaux, les partenariats indispensables.

C’est peut-être le plus gros changement des dernières années dans l’industrie automobile allemande. BMW et Mercedes-Benz, les rivaux de toujours vont travailler ensemble. Certes, cette collaboration ne se jouera pour l’instant que sur deux tableaux, les services de mobilité et la conduite autonome, mais elle est révélatrice d’un changement d’époque dans l’automobile. D’abord, il est devenu évident que la conduite autonome ne se développera pas en deux coups de cuillère à pot et va coûter très cher. Face à un pôle qui se développe autour de Waymo de Google, les constructeurs ont un incitant clair à travailler ensemble.

"Nous restons des concurrents avec Daimler. Mais nous avons besoin de collaborations stratégiques."
Harald Krüger
CEO du groupe BMW

Dans les services de la mobilité partagée, les coûts sont sur deux volets: sur le côté technologique et surtout sur le volet opérationnel, alors que mis à part quelques services dans quelques villes, la mobilité partagée est pour l’instant souvent déficitaire. "On combine nos forces. C’est un business évolutif dans lequel vous avez besoin de volume pour avoir de la croissance profitable" explique Harald Krüger, CEO du groupe BMW.

Sa société et le groupe Daimler ont vendu respectivement 2,49 et 2,44 millions de voitures en 2018. Ce sont des groupes colossaux qui malgré tout doivent s’allier. "Nous restons des concurrents dans notre cœur de métier avec Daimler, mais les temps ont changé. Vous ne pouvez pas rester 100% indépendants. Vous avez besoin de collaborations stratégiques. Les besoins de R&D sont très grands. Je ne suis pas sûr que toutes les compagnies vont survivre à cela. BMW a dépensé plus de 7 milliards d’euros en R&D en 2018, un record historique", détaille Harald Krüger.

Ensemble, Daimler et BMW vont investir plus d’un milliard d’euros dans le conglomérat de 5 sociétés autour de services de mobilités. Ceci donc sans compter ce qui sera investi dans la conduite autonome. Il s’agira à la fois d’investissements techniques et de croissance du business. "Quand on a commencé il y a plusieurs années nos services de mobilité comme MyTaxi, il s’agissait de capital-risque. Je vois toujours ça comme une start-up aujourd’hui. Les services de mobilité ne sont que dans leur première jeunesse même s’ils existent depuis plusieurs années", nous répond Ola Källenius, qui deviendra CEO de Daimler en mai. "Nous voulons être capables de croître plus rapidement. Nous avons un portefeuille très complémentaire avec BMW", explique-t-il.

Les constructeurs allemands n’en sont pas à leur coup d’essai, alors qu’ils ont déjà investi conjointement en rachetant Here à Nokia, la société de services de mapping et de géolocalisation censée aussi s’opposer à Google. Car une autre option pour s’en sortir face aux coûts colossaux des nouveaux services est de s’associer avec les géants de la technologie. Mais "si vous dépendez d’autres compagnies pour certaines choses comme la connectivité, vous perdez votre interface client", prévient Krüger.

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