Les Kei Cars, petites voitures au grand succès

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Ces voitures japonaises à taille réduite ont un succès retentissant au Japon. Pays qui se prête bien aux caractéristiques de ces véhicules. Pourtant, ces modèles seraient difficilement exportables en Occident.

À Bruxelles, pour se glisser dans le trafic, les petits modèles de la marque Smart sont en vogue. À l'autre bout du monde, au Japon, on est plutôt fan de la Kei Car. Mini-voiture n'ayant rien à envier aux peintures cubiques de Picasso et répondant à des critères spécifiques:

Vue de l'intérieur de la Daihatsu Tanto, sans séparation entre l'avant et l'arrière ©Wikipedia

→ Moteur de cylindrée inférieur à 660 cm³

→ Dimensions maximales de 1,48m de largeur, 2m de hauteur et 3,4m de longueur

→ Présence d'une plaque d'immatriculation jaune

Pas de séparation entre l'avant et l'arrière

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L'apparition des kei jidōsha (du japonais, véhicule léger) remonte à l'après-guerre. La volonté du gouvernement était de développer l'industrie automobile japonaise. Les Kei Cars sont venues remplacer les petits véhicules à deux roues alors très courants grâce à un prix très attractif.

Prix rendu possible via le coût de revient inférieur à celui des véhicules classiques. De plus, les utilisateurs de ces modèles sont avantagés sur les coûts d'assurance ou de carburant.

1,72 millions
Les Kei Cars représentent 35 à 40% du marché japonais en 2016, soit 1,72 millions d'unités vendues.

La réussite de ces microvoitures est donc due aux avantages économiques mais aussi à l'environnement japonais, où par exemple 80% des routes ont une largeur de moins de 3,8 mètres. Pour expliquer l'émergence des Kei cars au Japon, on peut faire un parallèle entre biologie et économie avec le syndrome des Galápagos. La faune et la flore des îles Galápagos se sont adaptées à l'environnement local via des caractéristiques uniques. C'est ce qu'il s'est passé au Japon: l'automobile vendue à l'échelle internationale y a connu un développement marketing isolé.

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De ce fait, il serait difficile pour ces modèles de s'exporter outremer. Peu puissants et très petits, ils sont pourtant aménagés de façon à accueillir 4 personnes. En conséquence: moins de technologie et de moyens de réduire l'absorption des chocs en cas d'accident. Ces véhicules passeraient péniblement les crash-tests en vigueur en Europe.

La vente des kei jidōsha a connu une baisse de régime depuis l'année record de 2014, où 2,27 millions d'unités s'étaient vendus. Entre autres à cause d'un scandale sur une erreur des valeurs de consommation chez Mistubishi et une augmentation de la taxe annuelle à payer. "Un redressement se profile en 2017, mais les perspectives sont ensuite très mitigées" prévoit Yoshiaki Kawano, analyste au sein du cabinet IHS Markit. Pour booster les ventes, les constructeurs misent sur des modèles toujours plus extravagants et sophistiqués. 

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