Les langues se délient chez Volkswagen

©EPA

On ne sait pas qui, on ne sait pas combien ils sont, mais on sait que les ingénieurs qui ont mis au point le système de trucage des moteurs diesels de certains modèles de Volkswagen ont commencé à parler aux enquêteurs. Selon leurs aveux, il était techniquement impossible de fabriquer le moteur EA 189 en respectant à la fois les plafonds d'émission de gaz polluants et les impératifs de coûts. D'où le stratagème...

Plusieurs ingénieurs employés par le géant automobile allemand Volkswagen ont reconnu être responsables du trucage de moteurs diesel révélé il y a deux semaines, rapporte dimanche le journal allemand Bild, sans en divulguer le nombre ni l'identité.

Les services chargés d'enquêter en interne sur l'affaire, séisme de magnitude mondiale qui secoue le secteur automobile, "ont déjà reçu de premiers aveux", selon le journal, qui ne cite pas ses sources.

"Plusieurs ingénieurs ont témoigné avoir installé le logiciel truqueur en 2008", poursuit Bild.

Volkswagen a avoué il y a peu avoir équipé les moteurs de 11 millions de véhicules d'un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution. La révélation de cette tricherie a coûté son poste au patron du groupe Martin Winterkorn, et Volkswagen a promis de faire toute la lumière sur l'affaire, au moyen d'une enquête confiée à un cabinet d'avocats américain.

Dans ce contexte, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé que le scandale Volkswagen était "dramatique" mais n'aurait pas d'impact à long terme sur la réputation de l'industrie allemande.

Dans une interview à la radio publique Deutschlandradio, Mme Merkel a souligné que Volkswagen devrait désormais s'en tenir à une "transparence nécessaire".

"C'est bien sûr un événement dramatique qui n'est pas bon", a-t-elle dit. "Mais je pense que la réputation de l'industrie allemande, la confiance dans l'économique allemande, n'est pas si éprouvée que nous ne soyons plus considérés comme un bon pays pour les affaires".


Le groupe impute la responsabilité de la manipulation à "un petit groupe de personnes", et a suspendu certains salariés. La presse a évoqué le chiffre d'une douzaine, parmi eux le chef des activités de recherche-développement de la filiale Audi.

Les aveux déjà recueillis n'ont pas apporté d'éclaircissement sur l'identité des commanditaires de l'installation du logiciel, explique Bild.

Selon les confessions faites par les ingénieurs concernés, il était techniquement impossible de fabriquer le moteur EA 189, développé par Volkswagen en 2005, en respectant à la fois les plafonds d'émission de gaz polluants et les impératifs de coûts. Il aurait donc été décidé d'avoir recours au logiciel truqueur.

Volkswagen doit rappeler dans les semaines qui viennent des millions de voitures et véhicules utilitaires pour les remettre aux normes, et l'image de ce fleuron de l'industrie allemande a pris un sacré coup.

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