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Les mariages de raison continuent dans l'automobile

©REUTERS

Désormais indépendant de PSA, Faurecia vise aussi la consolidation avec le rachat de Hella, qui lui confère une croissance externe de plus de 45%.

Loin des rachats à la dure, l'industrie automobile a compris que face aux défis colossaux qui l'attendent, le volume devenait indispensable. Les mariages de raison à l'amiable se multiplient. Celui de Faurecia et Hella en est le dernier exemple.

L'équipementier français va acquérir une participation majoritaire de 60% dans l'équipementier allemand. Faurecia se félicite de la "création du septième fournisseur mondial de l'industrie automobile" par cet accord évaluant Hella à 6,7 milliards d'euros. L'accord devrait être conclu début 2022.

Faurecia s'est entendu avec un pool d'actionnaires familiaux sur leur participation de 60% pour 60 euros par action et offrira le même prix pour les actions en circulation, conformément à la réglementation boursière allemande. Cette annonce surprise a ravi le marché. Le titre Faurecia prenait plus de 9% ce lundi vers 14h.

23 milliards de dollars

Ensemble, les deux équipementiers automobiles pèseront 23 milliards de chiffre d'affaires. Fait assez remarquable, les deux sociétés n'auraient pas beaucoup de doublons dans leurs affaires.

C'est ce qu'a expliqué le CEO, Patrick Koller, au quotidien français Les Echos. Hella a fait ses armes dans les dispositifs d'éclairage, qu'elle vend principalement aux marques allemandes premium.

Mais depuis quelques années, elle a décidé de se renforcer toujours plus dans les composants électroniques.

Cette dernière activité représente désormais un chiffre d'affaires légèrement supérieur que l'éclairage. La famille Hück, qui contrôle la société Hella, devait trouver une solution à la succession et estimait qu'il lui manquait une présence en Chine, au Japon, ainsi que dans l'électronique intérieure des véhicules.

33
milliards d'euros
Le nouvel ensemble représente 23 milliards d'euros (pro forma) et vise déjà un chiffre d'affaires à 33 milliards d'ici 2025.

Le nouveau groupe, désormais septième équipementier mondial, vise un chiffre d'affaires de 33 milliards d'euros d'ici 2025, soit une croissance double par rapport à celle anticipée du secteur automobile.

Concentration hexagonale

La concentration bat son plein dans l'auto, particulièrement en France. Durant les années Carlos Ghosn, Renault a ainsi tablé sur les alliances (Nissan, Mitsubishi) pour grandir et atteindre une taille critique. Chez PSA, Carlos Tavares a d'abord racheté Opel, avant de signer un mariage hors normes avec Fiat Chrylser pour créer Stellantis.

Mais, évidemment, si la course aux volumes est importante pour les économies de coûts, elle doit s'accompagner d'une efficacité implacable, pour ne pas créer des paquebots incontrôlables en cas de vents contraires.

Les équipementiers automobiles roulent donc dans les traces des constructeurs automobiles. PSA, ancien actionnaire, a dû se défaire de ses actions Faurecia (39%) lors de son mariage avec Fiat Chrysler.

Fini donc pour Faurecia de suivre l'agenda stratégique de PSA. Le producteur d'assises, tableaux de bord, parties de motorisations, etc. peut désormais suivre sa propre voie.

"Cela s'est joué sur le projet stratégique et la façon dont on allait le déployer."
Patrick Koller
CEO de Faurecia

La société qui a, par le passé, beaucoup compté sur des pièces liées à la motorisation thermique, doit se renforcer vers le véhicule électrique et les pièces hautement technologiques. Son rachat d'Hella doit lui permettre d'aller plus vite dans cette voie. Le but de Faurecia est de diminuer son exposition au moteur thermique à 10%, contre 25% actuellement.

Cela passera aussi par des synergies, à hauteur de 300 à 400 millions d'euros par an d'ici 2025. Faurecia a bien manœuvré, car la concurrence était rude sur le dossier Hella. Plastic Omnium et l'allemand Mahle étaient également sur la balle, avec une offre de prix similaire à celle de Faurecia. "Cela s'est joué sur le projet stratégique et la façon dont on allait le déployer", a expliqué Koller aux Echos.

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