Les nuages s’accumulent au-dessus du salon de l'auto de Bruxelles

Le salon de Bruxelles a basé son succès sur la foule qui s'y rend. Aujourd'hui, les marques ont peu de certitudes sur la situation sanitaire de janvier. ©BELGAIMAGE

Le salon de l'auto de Bruxelles est menacé par les incertitudes entourant son organisation dans le contexte sanitaire actuel. Hyundai a décidé de ne pas y participer.

L’événement ne doit avoir lieu que dans 4 mois mais la discussion est sur toutes les lèvres dans le secteur automobile: faut-il maintenir le salon de l’auto de Bruxelles alors que l’on ne sait pas du tout quelle sera la situation sanitaire en janvier?

Quand ils se sont quittés avant les vacances à la mi-juillet, les filiales belges ou importateurs des marques automobiles étaient pourtant d’accord. Ils iraient tous, à une exception près, au salon de Bruxelles en janvier 2021. Des acomptes modestes récupérables ont d’ailleurs déjà été payés par une majorité d’entre eux.

600.000
visiteurs
Le salon de l'auto de Bruxelles draine entre 400.000 et 600.000 personnes chaque année.

Le temps presse

Mais ceci, c’était avant le rebond de la crise sanitaire, la bulle des 5, etc. Aujourd’hui, le secteur se questionne à nouveau sur la pertinence d’organiser le plus grand salon de Belgique, qui draine entre 400.000 et 600.000 personnes chaque année. Une décision doit être prise le 22 septembre prochain, car organiser un salon ne se fait pas en deux semaines.

"Vous devez signer les devis au plus tard pour le 15 octobre", nous glisse un exposant. Une réalité différente d’une marque automobile à l’autre. Certains doivent se décider maintenant, d’autres ont un peu de jeu et peuvent attendre jusque fin octobre environ.

"Tu prends vraiment des risques financiers à partir du moment où ton constructeur de stand achète les matériaux", explique William Meerschaut, directeur communications chez Alcomotive.

Incertitude totale

Le problème, c’est que la visibilité sur la situation sanitaire risque de ne pas être meilleure le 22 septembre qu’elle ne l’est actuellement. L’incertitude est totale. "Personne ne va s’engager à construire un stand dans de telles conditions", nous dit donc un exposant.

"Nous n’avons aucune certitude sur la possibilité d’organiser ce salon et de la manière dont il pourrait avoir lieu."
Wim Doms
Hyundai Belux

Une première marque a déjà décidé de faire l’impasse sur cette édition, il s’agit de Hyundai Belux, importée par Alcomotive (Moorkens) en Belgique. "Force est de constater qu’aujourd’hui nous sommes début septembre et que nous n’avons aucune certitude sur la possibilité d’organiser ce salon et de la manière dont il pourrait avoir lieu", souligne Wim Doms, porte-parole de Hyundai.

Hyundai a dû se décider, car elle devait engager ses premiers coûts pour le salon dès maintenant. Les autres marques importées par Alcomotive (Suzuki, Ssangyong, etc.) ont un peu plus de temps pour se décider.

"On veut tout de même démarrer l’année en feu d’artifice, mais d’une autre manière avec un événementiel plus ciblé", ajoute Wim Doms, alors que Hyundai lance son modèle phare, le nouveau Tucson, en fin d'année. La marque va en profiter pour investir dans le plus long terme comme le digital et une partie du budget salon pourrait aller dans des ristournes aux clients.

Échaudés par Genève

Le secteur automobile a été échaudé par ce qui s’est passé ailleurs avec des salons annulés au dernier moment, comme celui de Genève en mars dernier. Ce qui a coûté énormément d’argent aux constructeurs.

On pourrait se dire qu’un salon avec un peu moins de visiteurs serait peut-être une solution. On sait déjà qu'il ne sera pas possible cette année d’avoir un dimanche à 60.000 entrées. "Ce qui fait l’intérêt de ce salon, c’est justement qu’il attire tellement de monde", pointe un observateur. "Si quelques grosses marques ne viennent pas, l’investissement devient aussi beaucoup moins intéressant pour les petites marques qui comptent sur le trafic généré", nous glisse un autre .

L'organisateur du salon, la Febiac, reste très discret sur le sujet. La case assurance n’est en tout cas pas une option, car elle est impayable. "C’est soit impossible, soit ça coûte quasi aussi cher que ce que vous mettez sur la table", nous dit Stéphane Sertang, CEO du groupe Ginion et vice-président du Comité salon.

"Si on organise quand même le salon 2021 avec toutes les règles adéquates, aura-t-on suffisamment de gens qui voudront venir?"
Stéphane Sertang
CEO du groupe Ginion et vice-président du comité salon

Impact sur les ventes

Le métier premier des exposants reste de vendre des voitures. C’est ce qui fait le succès de l’événement année après année. Pour l'année 2020 en cours, le salon a quelque peu sauvé le secteur. Toutes les ventes liées à celui-ci avaient déjà été réalisées avant le début du confinement. Ce qui a permis de poursuivre les livraisons directement à la fin du lockdown et donc de limiter la casse.

Si le salon 2021 n'a pas lieu et que les ventes de 2021 sont quand même bonnes, les dépenses du salon seront difficiles à justifier en 2022. D'un autre côté, le salon sert aussi à faire aimer la voiture au Belge à une époque où l'objet fait débat.

"Il faut aussi poser la question à l’envers. Si on organise quand même le salon 2021 avec toutes les règles adéquates, aura-t-on suffisamment de gens qui voudront venir?", s'interroge Stéphane Sertang.

"Je pense que Hyundai ne sera pas la seule marque à ne pas venir", estime pour sa part William Meerschaut.

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