Les Régions prêtes à payer pour sauver Audi Forest

©Emy Elleboog

27 millions d'euros. Voilà le montant que les trois Régions sont prêtes à mettre sur la table. Elles présentent un plan d’aide commun pour convaincre Audi de rester sur le site industriel de Bruxelles.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement bruxellois a réuni les trois Régions autour de la table pour tenter de trouver une solution pour les travailleurs d’Audi Brussels. L’entreprise a décidé d’arrêter la production de l’Audi A1 sur le site de Forest en 2017. Celle-ci va être relocalisée en Espagne. Mais Audi a laissé entendre que le site bruxellois pourrait accueillir un autre modèle: un 4X4 électrique, la Q6 e-tron. Les pouvoirs publics poussent Audi à opter pour cette stratégie. L’enjeu est clair: le maintien de l’emploi en Belgique.

Pour convaincre Audi, les Régions mettent sur la table un plan d’aide commun. Il porte essentiellement sur des aides à la formation et à l’innovation, matières pour lesquelles elles sont compétentes.

27 millions €
Le plan commun proposé par les Régions pourrait leur coûter 27 millions d'euros, dont 9 pourraient être pris en charge par la Région bruxelloise.

En ce qui concerne l’aide à la formation, elle consiste à proposer une formation dédiée à la construction automobile électrique. Cela permettrait au personnel actuel d’Audi de maîtriser de nouvelles techniques mais aussi de former de futurs travailleurs. Globalement, l’effort des trois Régions pourrait s’élever à 27 millions dont 9 pourraient être pris en charge par la Région bruxelloise, d’après nos informations.

Des emplois jusqu'en 2025

Si le groupe Audi accepte le deal, il s’engage à maintenir l’emploi sur le site au moins pendant 7 ans (de 2018 à 2025) et à investir plus de 600 millions d’euros pour la modernisation du site.

Si Audi accepte le deal, il s’engage à maintenir l’emploi jusqu’en 2025.

Actuellement, l’entreprise emploie 248 travailleurs bruxellois, 966 wallons (principalement issus du Hainaut) et 1.270 flamands (provenant principalement de Flandre orientale). Il y a donc davantage de Flamands et de Wallons qui travaillent pour Audi que de Bruxellois.

Du côté wallon, le dossier a été évoqué la semaine dernière par le gouvernement. "La Région wallonne est disposée à mettre ses outils de formation au service des travailleurs d’Audi", a indiqué Paul Magnette, ministre-président wallon (PS). Mais à ce stade, aucun budget n’a encore été précisé. Le gouvernement flamand, lui, se réunit ce vendredi. Le dossier devrait être abordé. Mais il existe un consensus entre les Régions pour que chacune prenne sa part.

Et du côté fédéral? "On est en contact étroit avec Audi. Nous tentons de les convaincre d’investir sur le site de Forest", assure une source proche du gouvernement. Pour les persuader de rester, le Fédéral utilise l’arme de négociation fiscale. Il affirme plaider pour son tax shift mais ne souhaite pas en dire plus tant que les négociations sont en cours.

Réponse en octobre

Ces éléments vont-ils convaincre Audi de rester à Bruxelles? Sa réponse est attendue pour octobre. L’entreprise reste discrète et va analyser l’offre globale. Il reste donc à espérer que malgré les différences idéologiques, les différents niveaux de pouvoir travaillent de manière concertée sur ce dossier qui concerne près de 2.500 emplois. Car la concurrence européenne est rude. D’autres pays sont prêts à accueillir l’entreprise. Et les pouvoirs publics belges doivent rester prudents. Il ne faudrait pas que les aides accordées soient qualifiées d’entraves à la concurrence.

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