Les véhicules électriques et hybrides ont du mal à convaincre en Wallonie

L'électrification des voitures reste un phénomène urbain. ©Photo News

La pénétration du véhicule électrique ou hybride est surtout une réalité dans le triangle Gand-Bruxelles-Anvers. Selon Sirius Insight, la tendance du véhicule électrifié urbain va se poursuivre. Les Wallons resteront moins convaincus que la moyenne.

La vente de voitures hybrides ou électriques n’est pas uniforme en Belgique. On pouvait s’en douter. Pour donner du corps à cette impression, les analystes de Sirius Insight ont décidé d’étudier le phénomène des ventes de voiture électrifiée commune par commune en Belgique. Une analyse dont L’Echo a pris connaissance en exclusivité. Sur une carte, l’évidence saute aux yeux. Les véhicules électrifiés sont surtout vendus dans "l’habituel triangle Gand-Bruxelles-Anvers, typique pour la Belgique. On voit que c’est également le cas dans une partie de Liège, là où il y a les plus hauts revenus. Le bassin industriel wallon n’est pas vraiment intéressé par le phénomène", explique Olivier Janssens de Bisthoven, partner chez Sirius Insight.

Les analystes se sont focalisés sur les ventes de véhicule aux particuliers. Certes, le véhicule électrique ou hybride fonctionne très bien dans le marché professionnel, mais il est très difficile de savoir où sont domiciliés les clients finaux, les véhicules étant immatriculés auprès de sociétés de leasing qui elles-mêmes ont pour clients des entreprises qui mettent à disposition les véhicules. Pourtant, ces données existent chez les constructeurs, sociétés de leasing et autres, mais elles ne sont pas mises à disposition. Ce que regrettent les analystes.

La Flandre en avance

Une analyse du marché particulier peut néanmoins donner des indications très intéressantes, dans la mesure où un particulier qui achète un véhicule électrifié le fait avec son argent, de quoi prouver qu’il tenait vraiment à acquérir ce véhicule.

En Belgique, 3% des véhicules immatriculés par des particuliers en 2017 étaient hybrides ou électriques. Dans certaines communes en Flandre comme Stekene, Tervuren ou Vorselaar, les immatriculations 2017 des véhicules électrifiés dépassent les 7% du total des "immats". En Wallonie, certaines communes comme Enghien, Lierneux ou Wellin dépassent les 6%.

En Belgique, 3% des véhicules immatriculés par des particuliers en 2017 étaient hybrides ou électriques.

"Il y a un intérêt plus poussé de la Flandre pour l’électrification de son parc. Mais on constate aussi que l’électrification est un phénomène urbain. Les citadins sont plus enclins à franchir le pas et à choisir un véhicule hybride ou électrique. En Wallonie, on a encore beaucoup de kilomètres à faire, vu qu’il y a beaucoup plus de zones rurales", détaille Carole Noon, business analytics consultant chez Sirius.

Rappelons que la taxe de roulage et la taxe de mise en circulation en Flandre sont notamment liées au niveau d’émissions de CO2 des voitures, ce qui n’est pas le cas en Wallonie, où il n’existe qu’un écomalus pour les véhicules les plus polluants.

"On sait dire où se vendent les voitures électrifiées, au segment de rue près."
Karolien Sottiaux
marketing & Communication Sirius Insight

Sur le marché des particuliers, la voiture électrique passe à 4,19% en Région bruxelloise, un record par rapport à la Flandre (3,74%) et à la Wallonie (2,38%). Mais l’analyse de Sirius va plus loin que les considérations régionales grâce à un outil qui permet de mettre en lumière les classes sociales qui craquent pour le véhicule hybride ou électrique. La population est ainsi divisée en 33 catégories et 8 groupes. Dans les catégories sociales qui ont le plus d’appétence pour ce type de véhicule, on trouve évidemment les communes avec une forte proportion de hauts revenus, mais pas seulement. Ainsi, une population urbaine, âgée de 25 à 34 ans avec des revenus qui correspondent à la moyenne nationale, est aussi très demandeuse de ce genre de véhicules.

Toutes ces données récoltées peuvent s’avérer des plus utiles pour établir le maillage de bornes de recharge publiques adéquat en Belgique.

Réseau optimal

Avec leurs données, les analystes basés à Mont-Saint-Guibert établissent pour différents secteurs d’activité ce qu’ils considèrent comme un réseau optimal de distribution pour un produit, voire où il pourrait y avoir une place pour un nouveau point de vente. Il s’agit d’éviter la cannibalisation entre points de vente, d’avoir une vue sur les concurrents, etc. Autant de facteurs essentiels pour le réseau de distribution automobile, qui ne sait pas exactement où placer le curseur pour le véhicule électrique.

 

"On sait où se trouvent les acheteurs les plus aptes à acheter des voitures électriques au segment de rue près", explique-t-on chez Sirius, où l’on anticipe aussi les ventes de véhicule électrique au niveau très local d’ici 2025. "Le mouvement d’électrification sera principalement porté par la Flandre avec 65% du parc électrique et hybride en 2025. En termes de pénétration, la Région bruxelloise sera en tête avec 55% des ménages équipés", détaille-t-on chez Sirius.

Selon leurs prévisions 2025, 25% du parc de voitures électrifiées se trouvera en milieu urbain avec une pénétration dans 48% des ménages en milieu urbain. "La Wallonie, plus rurale, restera difficile à convaincre. Le parc wallon sera composé de 21% de véhicules électriques et hybrides pour un taux de pénétration chez 27% des ménages en 2025", détaille encore Sirius.

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