"Mal aimée et oubliée", D'Ieteren rejoint les valeurs préférées d'ING

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En plein virage stratégique, D'Ieteren, qui recherche une acquisition de taille, semble négligée par les investisseurs. C'est le constat d'ING qui recommande désormais d'acheter le titre dont il estime le potentiel de croissance à plus de 40%.

On l’a vu, la volonté désormais affichée par D’Ieteren est de ne plus se focaliser uniquement sur le secteur automobile en diversifiant ses actifs en portefeuille. C’est dans le cadre de cette stratégie qu’il faut comprendre l’acquisition de Moleskine et la cession d’une participation dans Belron (Carglass).

Avec le milliard d’euros qui sommeille dans ses caisses, le groupe familial entend réaliser un investissement de taille, mais, comme le précisait un responsable de D’Ieteren lors de la dernière assemblée générale sur le marché, "il y a peu de vendeurs et beaucoup d'acheteurs. Ce sont donc les vendeurs qui dictent leurs conditions. Les actifs sont chers."

Malgré cela, le marché semble négliger cette valeur. C’est du moins le constat tiré par David Vagman d’ING.

"D’Ieteren est mal aimée et oubliée. Elle affiche une décote de 48% par rapport à une valeur intrinsèque de 73 euros ce qui implique une décote de 100% sur le milliard de cash. Tout cela alors que nous estimons que le risque de réinvestissement est déjà inclus dans le cours."

Comme un charme

L’analyste a donc intégré la valeur dans les favorites d’ING pour le Benelux. Son avis est passé à "acheter" contre "conserver" avant et son objectif de cours a été relevé à 58 euros ce qui représente un potentiel de hausse de 43% par rapport au cours actuel. Depuis le début de l’année, le titre a grimpé de 23%.

En attendant de découvrir sur quelle cible le choix se portera et qui remplacera Axel Miller qui a quitté son poste de CEO en avril dernier, D’Ieteren se porte comme un charme au niveau opérationnel. Au point de relever, le mois dernier, ses prévisions de croissance de son résultat consolidé ajusté brut à au moins 25% contre une amélioration à "deux chiffres" prévue initialement.

Le joyau du groupe

Une santé éclatante due principalement à Belron. "Le marché semble aussi ignorer une croissance annuelle moyenne de 15% du bénéfice brut jusqu’en 2020 et la très belle histoire de Belron, le joyau du groupe qui intervient à hauteur de 69% dans notre calcul de la valeur intrinsèque" avance encore David Vagman.

L’analyste souligne que la société propriétaire de l’enseigne Carglass est de loin le leader mondial dans son secteur avec une part de marché de plus de 30% dans toutes ses zones clés. Elle a relancé sa croissance interne depuis 2015 avec une progression annuelle moyenne de 6% ces dernières années, mais avec un effet de levier limité sur l’opérationnel.

Toutefois, diverses décisions et mesures ont généré des résultats plus rapidement que prévu. Selon lui, la nouvelle guidance dévoilée par D’Ieteren tient compte d’une hausse de plus de 50% du résultat brut ajusté de Belron contre une croissance annoncée de plus de 30%.

Pour cette dernière, il épingle, en outre, trois éléments positifs sur le long terme. D'abord, les acheteurs de la participation dans Belron n’ont pas vocation à la garder en portefeuille. Deux, il croit en la diversification entamée notamment dans la réparation des carrosseries. Et, enfin, la valorisation établie lors de la vente d’une part de Belron en 2017, soit 9,5 fois l’Ebitda, pourrait s’améliorer. Celle de ses concurrents est supérieure à 13.

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