Mercedes se jette à son tour dans la bataille électrique

L'EQC de Mercedes ©Daimler

Le premier véhicule de la marque électrique de Mercedes, la EQC, est d'une importance capitale pour la stratégie future du groupe. Daimler a tenu à maintenir la production flexible pour s'adapter à la demande.

"L’électrique a maintenant une Mercedes", le slogan résonne de manière récurrente chez Daimler qui dévoilait ce mardi soir le premier véhicule de sa gamme EQ à Stockholm.

Il s’agit d’un SUV de segment C répondant au nom d’EQC. "Nous voulions mettre l’objectif au cœur de notre volume, dans le segment C, dans le SUV", explique Ola Källenius le patron de la Recherche et du développement de Mercedes-Benz.

Le Suédois, souvent présenté comme un héritier naturel de l’actuel CEO Dieter Zetsche jouait à domicile. Mercedes-Benz a mis les petits plats dans les grands pour sa présentation, car la stratégie EQ est une pierre angulaire de Daimler pour son futur.

EQ est ainsi devenu une marque à part entière au même titre que Mercedes-Benz, AMG (performance) ou Maybach (luxe). Mercedes avait déjà lancé une version électrique de sa Class B il y a quelques années, mais de manière bien moins visible. "C’était une bonne première étape mais elle n’avait pas l’autonomie de la EQC", répond Ola Källenius à un journaliste.

"Vous apprenez très vite que cette crainte de l’autonomie n’est pas du tout un problème dans 95% des cas. Il y a un changement d’état d’esprit dans le public et même au sein de la compagnie".
Ola Källenius
Directeur de la recherche - Mercedes

Aujourd’hui, Daimler met les bouchées doubles dans l’électrique. Comme de nombreuses marques, Mercedes-Benz essaye de faciliter l’accès à la mobilité électrique et de supprimer la barrière psychologique à l’achat de ce type de véhicule. Une application propose par exemple de "monitorer" aujourd’hui votre conduite, votre comportement au volant, les endroits par lesquels vous passez. Le but est de montrer aux clients l’autonomie réelle qu’ils auraient avec leur Mercedes électrique ainsi que les endroits où l’on peut recharger son véhicule. Il s’agit de se débarrasser de l’anxiété de l’autonomie.

"Vous apprenez très vite que cette crainte de l’autonomie n’est pas du tout un problème dans 95% des cas. Il y a un changement d’état d’esprit dans le public et même au sein de la compagnie", dit Källenius

Flexibilité de production

L’EQC aura sa propre plateforme, mais Mercedes-Benz a décidé que la production devrait avoir lieu sur les mêmes lignes que les différents véhicules du segment C afin de se garantir de la flexibilité.

Pour la classe C, Mercedes-Benz a 5 usines. "On pourra s’adapter à la demande, si on doit produire plus d’EQC, on augmentera la production à Bremen et on pourrait alors produire les Classe C ailleurs", explique Arnhelm Mittelbach, en charge de l’assemblage des Class C et Class E chez Daimler, la maison-mère de Mercedes-Benz. En Chine, l’usine de Pékin produira aussi l’EQC.

Mercedes-Benz possède également cinq usines de batteries à travers le monde pour alimenter ses véhicules. Les cellules à l’intérieur de ces batteries sont par contre achetées à des fournisseurs comme cela se fait beaucoup dans le secteur.

Important pour la Belgique

Le succès des véhicules électriques sera important pour Daimler, mais aussi pour l’économie belge à l’heure où Audi Brussels vient de lancer la production de série de son premier SUV électrique, avant le lancement d’un deuxième modèle en 2019. L’avenir de l’ancienne usine Volkswagen de Forest dépendra donc entièrement du succès des véhicules électriques.

Le futur du site de Caterpillar pourrait dépendre également de la voiture électrique. Le producteur chinois Thunder Power étant dans la dernière phase de discussions pour y implanter sa production européenne. Un projet qui promet des milliers d'emplois à Gosselies.

Enfin, Volvo entend électrifier toute sa gamme à Gand, les voitures hybrides se sont déjà invitées sur les lignes avant l’arrivée des XC 40 100% électrique en 2019.

Que de nombreux constructeurs classiques se mettent à l’électrique est donc rassurant pour cette activité en Belgique.

Mais plusieurs questions subsistent pour le succès du véhicule électrique en général. Les Jaguar, Audi, Porsche, etc. lancent d’abord des véhicules électriques qui visent la clientèle de Tesla qui reste une clientèle haut de gamme et on se demande donc s’il y aura assez de place pour tout le monde dans ce segment. On ne connait pas encore le prix de la EQC.

Dans le segment plus abordable du marché les BMW i3, Nissan Leaf, Hyundai Kona, Renault Zoé etc. sont encore à plus de 25.000 euros (parfois bien plus) et peinent à convaincre le plus grand nombre.

Pas de quoi faire trembler les équipes de Daimler, alors que le groupe a déjà annoncé que Smart allait progressivement devenir 100% électrique. "C’est la marque qui enregistre le plus d’immatriculations électriques avec la Fortwo et la Forfour en Allemagne", insiste-t-on chez Mercedes-Benz où l’on anticipe que 25% des ventes seront électrifiées d’ici 2025.

L’EQC devrait apparaître sur les routes dès la mi-2019. Après l’EQC, viendra ensuite l'EQ boost. Il s'agit d'électrifier toute la gamme d’ici 2022 avec une variante électrique dans chaque segment, soit 10 milliards d'euros d’investissements, au moins.

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