Nombreuses pertes d'emplois craintes chez Punch Powertrain

©Wim Kempenaers

L'équipementier limbourgeois souffre de la morosité qui sévit dans le secteur automobile. Sa maison mère chinoise, en difficultés financières, pourrait annoncer d'importantes suppressions d'emplois à Saint-Trond. Et au final une question: PSA va-t-il toujours accorder sa confiance à son fournisseur belge?

Punch Powertrain, l'équipementier limbourgeois chargé notamment de fournir les boîtes de vitesse électrifiées à PSA, devrait annoncer en septembre des suppressions d'emplois. Selon De Standaard, de nombreux emplois sont menacés, sans préciser le nombre exact.

Le personnel a arrêté le travail ce vendredi matin et demande davantage de précisions. "C'est la surprise", explique Rafaele Del Cero de la FGTB Metal qui affirme avoir encore eu la veille le directeur du personnel en ligne. "Je ne sais pas d'où ca vient. Nous nous attendons au pire. Après la mort cette année du CEO, l'objectif était que son successeur présente son plan à la fin des vacances d'été. Nous sommes donc désormais impatients."

300
personnes
Punch Powertrain compte déjà 300 de ses quelque 500 ouvriers sous le régime du chômage économique.

L'entreprise emploie 1.100 personnes. Des quelque 500 ouvriers, on compte déjà 300 personnes en chômage économique. En d'autres termes, ces personnes alternent jusqu'à deux semaines sans travail, suivies de deux semaines de travail.

L'après Ford Genk

Ces pertes d'emplois seraient un coup dur pour la région déjà fortement affectée par la fermeture de Ford à Genk en 2014.

Punch Powertrain, désormais dans les mains du Chinois Yinyi, n'échappe pas à la morosité qui règne dans le secteur automobile. En Chine, le groupe est aussi confronté à une réduction des subsides pour la production de véhicules électriques.

Pour son exercice 2018, il a ainsi vu son chiffre d'affaires amputé de moitié. La rentabilité est sous pression. L'actionnaire chinois a même dû le mois dernier se mettre sous le régime de protection contre ses créanciers. Il est en effet dans l'incapacité de rembourser un prêt de 2,7 milliards de yuans (344 millions d'euros). D'ici la fin de l'année, la dette à rembourser est de 5,35 milliards de yuans (682 millions d'euros).

Quel avenir pour Punch Powertrain?

Yinyi va-t-il devoir céder des activités pour s'assurer un avenir? Le groupe va-t-il devoir être renfloué via l'arrivée d'un nouvel actionnaire? Ces questions restent jusqu'à présent sans réponse, mais posent certaines inquiétudes pour Punch Powertrain qui ces dernières années a procédé à d'importants investissements pour accroître sa capacité dans ses usines de Saint Trond et Ningbo en Chine.

Dès 2022, Punch Powertrain devra produire le système de transmission pour les véhicules hybrides du groupe PSA.

Et que dire du contrat avec PSA? Dès 2022, Punch Powertrain devra produire le système de transmission pour les véhicules hybrides du groupe PSA. Le constructeur de Peugeot et Citroën est le plus grand client du Limbourgeois. Mais va-t-il le rester dans ces circonstances? La production va-t-elle rester à Saint-Trond ou sera-t-elle transférée en Chine? 

Chinois depuis 2016

Punch Powertrain était passé sous pavillon chinois en 2016 pour 1 milliard d'euros. Auparavant, il était notamment détenu à hauteur de 32% par la société d'investissement Gimv et son fonds Gimv-XL.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés