"Nous continuerons à produire nos Mini en Angleterre" (Manuel Terroba)

©BMW

La marque Mini a le vent en poupe. Les chiffres 2018 étaient bons tant en Belgique que sur le continent. Le patron Europe de la filiale du groupe BMW, Manuel Terroba, veut faire au moins aussi bien en 2019. Mais pour la marque anglaise qui appartient à un groupe allemand, ce ne sont pas les défis qui manquent cette année. Le Brexit en premier lieu.

Plus tard dans l’année, Mini lance sa première voiture entièrement électrique. Tout un programme que le patron aborde avec sérénité. La Countryman hybride représente déjà 30% des ventes de la Countryman. On ne peut s’empêcher d’insister.

L’année qui vient devrait quand même s’avérer un peu plus compliquée avec tout ce qui se passe en ce moment?
Je vous mentirais si je vous disais que non. Je crois qu’il y a beaucoup d’incertitudes avec des situations politiques et économiques qui ne sont pas claires en Europe, des élections dans plusieurs pays et la demande dans les derniers mois de 2018 qui a baissé. Mais on y arrivera même si aujourd’hui, le monde change chaque jour.

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L’événement majeur pour Mini en 2019, c’est l’arrivée du premier modèle électrique?

On divise d’une certaine manière l’année en deux. D’abord il s’agit d’opérationnel, de générer du business comme chaque année en exploitant au maximum les voitures que nous avons. L’autre travail important en 2019, à l’agenda de tout le monde chez Mini, c’est de se préparer à l’arrivée de l’électrique. C’est un jalon dans l’histoire de la marque. Le signal apporté par l’hybride est très positif et donc nos attentes pour l’électrique sont très grandes.

Une marque comme Mini aide pour la moyenne de CO2 du groupe BMW, non?
Oui, évidemment, et l’électrification aidera aussi. Si je te demande quelle marque peut le plus profiter de la mobilité urbaine électrifiée, Mini sera une de tes premières réponses.

Pourquoi alors n’y a-t-il pas eu une décision comme celle des concurrents de Smart (Daimler) de dire "on va devenir entièrement électrique"?
Il n’y a pas besoin de faire ce genre de déclarations. Il faut se préparer à la demande des différents marchés. La transition électrique aura une vitesse différente d’un pays à l’autre.

The Mini electric concept. ©Tim Dirven

Le plus gros risque pour Mini ne vient-il pas du Brexit?
Il y a beaucoup d’incertitude. On travaille depuis un certain temps déjà sur plusieurs scénarios en fonction de l’issue des discussions. Nous avons beaucoup de production à Oxford et nous avons pris l’engagement d’y conserver de la production. On travaille donc sur ce qui pourrait affecter nos procédés de production là-bas.

Ce qui veut dire que vous entassez des pièces de chaque côté de la frontière, par exemple?
Bien sûr, on travaille sur nos capacités d’entreposage des pièces des deux côtés de la frontière. C’est important. On le fait aussi pour nos capacités de parking. On travaille aussi sur les processus IT avec les fournisseurs pour gagner du temps. L’incertitude n’est clairement pas bonne pour les affaires et on espère que les choses vont se clarifier.

"Nous nous sommes préparés à tous les scénarios autour du Brexit. Nous sommes prêts!"

Vous pourriez décider de produire davantage de voitures aux Pays-Bas?
C’est quelque chose que l’on peut envisager, mais l’engagement avec Oxford est pris et les investissements que l’on a réalisés là-bas sont importants. Peut-être peut-on flexibiliser la production avec les Pays-Bas. On cherche surtout des alternatives pour que l’on puisse continuer à travailler en Angleterre. Il faudra voir ce qui pourrait interrompre la libre circulation de personnes et de marchandises, ce qui pourrait changer nos processus de production. Nous monitorons aussi de près le comportement de nos fournisseurs, qui font partie de la chaîne de production. On a aussi décidé d’avancer une partie de la production pour éviter les risques. Nous sommes prêts.

Quels volumes attendez-vous pour les Mini électriques?
On pense que pour les petites voitures, comme les trois portes, il s’agira d’un très gros volume. Ça dépendra évidemment des infrastructures des pays.

De quels types de prix parle-t-on pour les Mini électriques?
Des prix similaires au haut de gamme Mini et au moyen de gamme. Il y a une forte demande des clients et des fans de Mini pour l’électrique.

Prévoyez-vous un système de préréservation comme d’autres constructeurs l’ont fait avec leur premier véhicule électrique?
On va décider marché par marché en fonction de la législation. La production va commencer au dernier trimestre 2019 et les premières voitures seront sur les routes début 2020.

Et l’autonomie?
Je ne peux pas encore répondre à cette question, mais ce que BMW fait avec l’I3 peut vous donner une indication.

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